Publié le 26 Novembre 2008
Les responsables du salon ont choisi cette année le personnage de Mireille comme thème. Ce fil directeur permet aux visiteurs d'apprécier comment les santonniers voient cette héroïne provençale souvent placée dans la crèche aux côtés de son amoureux, Vincent le vannier. Elle ne doit pas sa notoriété aux pastorales comme Margarido, Jourdan ou Pistachié. Son nom qui a lui seul évoque la Provence toute entière, est attaché au titre du chef d'oeuvre poétique de Frédéric Mistral. Avec lui, la langue provençale a acquis ses lettres de noblesse et la reconnaissance qui lui a valu l'amitié de Lamartine et ensuite l'obtention du prix Nobel de littérature, sans parler de l'opéra de Gounod. Et pourtant, au hit-parade des ventes en librairie, Mistral ne fait guère plus recette.
En effet, poursuivant notre visite, pas loin de la vitrine où est exposée la partie de pétanque évoqant les personnages et acteurs des films de Pagnol, se trouve celle où Henri Vezolles, santonnier arlésien, présente les oeuvres conçues pour ce salon. Ses pièces ne sont pas peintes, colorées naturellement car composées avec des terres de teintes différentes. Elles ont belle allure et nous rendent à juste titre admiratifs. Mais si on laisse le regard se porter vers cette scène un peu étrange où Vincent tient dans sa main son bonnet servant de nid à des oiseaux sans porter attention au petit mot placé sur le socle citant des vers de Mistral, on risque de passer à côté de l'esssentiel et peut-être d'une des oeuvres les plus intéressantes de cette 51ème édition. Car si on regarde les choses de plus près, on se retrouve soudain immergé au coeur même du poème de Mistral et de ce passage célèbre où Vincent recueille dans son bonnet les mésanges bleues que Mireille réchauffait dans son sein. Puis, la branche contre laquelle s'appuyait nos jeunes héros vient à casser et les fait chuter au sol où ils se retrouvent enlassés sans l'avoir voulu. Mireille déclare alors son amour à Vincent... Mais qui, à part H. Vézolles, quelques félibres et une poignée de lecteurs fidèles à Mistral s'intéresse encore de nos jours à la scène des mésanges bleues? Gramaci à Henri Vézolles de nous montrer à travers ces différents visages de Mireille ce qu'est la Provence authentique et de nous donner envie de relire ou lire le chef d'oeuvre de Mistral.























