le village au fil des jours

Publié le 22 Février 2012

 

Carnaval n'est pas une fête religieuse. Plutôt bien païenne au contraire. Avant l'entrée en Carême, soit en carême-entrant, d'où vient le nom de caramantran donné à l'effigie du carnaval que l'on promenait dans les rues du village tel un roi de pacotille avant de le brûler plus loin derrière la cave coopérative sur l'aire de battage de la Péranasse .

Enfant, je n'aimais pas ce personnage laid, grossièrement caricatural et de vulgarité répugnante. Il ne m'inspirait que peur et frayeur et je ne comprenais pas cette quasi-dévotion que les adultes semblaient lui vouer.

Quelques année plus tard, cela se passait au début des années 50, je me souviens non plus de ce semblant de majesté dérisoire qui défilait dans nos rues mais des charrettes verdoyantes, décorées de lierre, de palmes, de branches de pin et de laurier sauvage. Chaque char avait un thème, évoquait soit un pays, une tradition comme la corrida, ou l'actualité d'alors, qu'illustraient plus ou moins bien des costumes colorés de circonstance en tissu de doublure satinée, avec quelques  accessoires en papier crépon pour évoquer parfois une chanson ou une rengaine à la mode.Une occasion aussi pour sortir des armoires et cartons les anciennes tenues comme les habits queues de pie, les chapeaux claque, le tout dégageant des relents de naphtaline.  Il y avait aussi bien sûr le char de la jeunesse où les politiciens du moment étaient brocardés. Je revois encore un carnavalier d'alors asperger la foule avec un biberon de lait, tournant en dérision la mesure du gouvernement d'alors, celui de Mendès France, instaurant en  1954 la distribution de lait dans les écoles. Curieusement si j'ai oublié avoir bu du lait à l'école  je me souviens par contre de cette élucubration carnavalesque... 

 

Plus tard encore, à la fin des années 50, les choses sont devenues vraiment sérieuses et les fleurs en papier crépon ont remplacé le lierre. Dans chaque quartier, passé Noël, on occupait les soirées d'hiver à préparer un char fleuri. Ainsi le quartier haut décida d'honorer la plus charmante des filles du voisinage pour laquelle parents et amis confectionnèrent un immense panier fleuri sur lequel trônait la fleur des fleurs du village, reine de beauté du carnaval. C'en était fini du caramantran et de sa laideur répugnante, place à la jeunesse, aux fleurs et à leur beauté. J'avoue être plutôt d'accord avec cette vision-là des choses et me trouvais plus que jamais en phase avec les artisans de ce carnaval qui connut rapidement un succès d'affluence qui faisait la fierté de tous les gens de ce petit pays qu'était alors le village...

 

Carnaval et sa cavalcade malgré la foule venue de partout  n'ont pas résisté à la disparition progressive des viticulteurs. Sans le vin, raison d'être du village d'alors, carnaval a perdu son âme et les habitants le goût de la fête.


Aujourd'hui carnaval existe toujours, mais a lieu plus tard dans le printemps, ce qui lui enlève une bonne part de son sens. Il reste certes cette fête malgré tout joyeuse et colorée pour les enfants qui ce jour-là s'habillent en princesse ou en zorro et paradent encore sur des chars fleuris sans rapport cependant avec ceux d'antan. Il est vrai qu'à l'heure des consoles de jeu et autres produits high tech qui envahissent l'univers des jeunes, faire la fête a pris un tout autre sens.

Mais où sont donc les carnavals d'antan?

 

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Beaulieu, carnaval fin des années 50, début des années 60. La pagode chinoise.

 

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Cette année-là, De Gaulle reçoit Kennedy. La Joconde, malgré les craintes des spécialistes, est exceptionnellement prêtée pour une exposition à Wahshington aux Etats Unis en 1963, où Malraux prononcera un discours resté célèbre.

 

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La reine du carnaval sur son panier fleuri. Ce char, entièrement réalisé par des bénévoles du quartier haut, souleva à l'époque l'admiration de tous. Bien plus beau en réalité que ce que le cliché donne à voir, il contribua à créer la réputation légendaire du carnaval de Beaulieu. De nombreux montpelliérains et habitants des villages voisins ou éloignés venaient alors voir le corso fleuri de Beaulieu qu'animait bruyamment de nombreuses fanfares. Tout le village vivait à l'heure de la fête. Ce souvenir reste encore comme un moment très fort de la vie du village dans la mémoire des indiens dont je suis...


 

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Publié le 9 Septembre 2010

    

 

La tradition veut que la Vierge de la chapelle du village, dédiée à Notre Dame de Pitié, soit célébrée le 8 septembre


      La tradition veut que la Vierge de la chapelle du village, dédiée à Notre Dame de Pitié, soit célébrée le 8 septembre, le jour de la fête de la nativité de Marie, même si par commodité elle est déplacée au dimanche le plus proche, soit le 5 cette année. Les paysans d'alors, souvent pris par les vendanges, arrêtaient tout travail pour assister dès le matin à la procession partant de l'église du village, empruntant la route puis le chemin de pierre menant à la chapelle perdue dans ce coin de garrigue culminant sur le haut d'un plateau. Plus bas, à ses pieds, la plaine, jadis plantée de vignes presque toutes arrachées depuis belle lurette, s'étale vers Sommières avec les Cévennes au lointain comme fond de décor.


 

Le village a perdu pour toujours ce parfum suave de raisin pressé


   Les années ont passé, des vendanges ne restent que le bruit assourdissant de quelques rares engins aux roues géantes qui, la nuit venue, avec leurs phares et girophares perçants détruisent chaque année un peu plus les souvenirs heureux du temps où la main d'oeuvre espagnole envahissait joyeusement nos rues de leurs cris et réveillait les maisons les plus modestes, oubliées le reste de l'année. Le village a perdu pour toujours ce parfum suave de raisin pressé et libéré de ses sucs par une fermentation déjà commencée. Les abeilles ne viennent plus s'enivrer de cet air mielleux et collant, douceâtre et écoeurant, mais aussi teinté d'un voile d'amertume qui planait dans l'air, contre lequel luttaient en vain les effluves sortant en nuages généreux de chaque coup porté à l'encensoir par la main ferme du curé concentré sur son office sur le chemin de la procession. Le crucifix de métal argenté enrichi de dorures que brandissait vers le ciel au bout d'un long manche l'enfant de choeur en aube blanche ne règne plus en souverain dans les rues du village. Et pourtant les villageois, pas forcément les plus dévots, sont restés fidèles à la fête de la chapelle, à  ce lieu privilégié entre tous de nos promenades d'enfants où les femmes venaient, chapelet courant entre leurs doigts usés, marmonner leurs Ave Maria, assises en hiver sur un banc accollé contre le mur face au soleil, à l'abri des vents dominants.


 

Les vieilles orantes ne sont plus

 

Les vieilles orantes ne sont plus, leur voix s'est tue à jamais. La garrigue sauvage avec ses pins et ses tapis de thym, d'aspic et autres plantes aux vertus cachées, s'est laissée envahir depuis tout ce temps par des maisons de style convenu à la mode néo-languedocienne, par des clôtures et des pelouses engazonnées d'un vert qui sonne faux dans nos paysages tant pareille fraicheur est si inhabituelle sous nos climats.

 


Les paroles du prêtre révélant la dimension sacrée des choses

 

 Notre curé pourtant, bien qu'installé depuis peu dans notre pays par la volonté de l'évêque, a vite compris, du moins je le crois, l'importance de ce passé. Il a su pendant la célébration de sa messe, parler de la chapelle, de la Vierge, des origines de Jésus, avec des mots parfois surprenants - prétants à sourire quand il évoque les Marie bougnettes et les goulamas -  mais combien vrais, comme venus du plus profond d'une piété faisant corps avec ses lieux chargés d'histoire où nos racines sont toujours vivantes. Enfouies, oubliées, envahies parfois par les broussailles, elles ressortent pourtant au grand jour dans un élan de sincérite retrouvée, quand la violence des orages  ravine la terre ou quand les paroles du prêtre révélant la dimension sacrée des choses appellent à changer notre regard sur elles.

 

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la Vierge de la chapelle détruite par la foudre dans les années 60. Elle représentait Notre Dame des 7 douleurs.

 

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Bien des années après, une nouvelle statue, une Vierge à l'Enfant, au regard plutôt joyeux a été placée au-dessus du portail d'entrée par Yannick Casajus, alors curé du village.


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A la fin de l'office, le Père Patrice Sabater présente aux fidèles la photo de la maquette d'une nouvelle statue destinée à la véranda intérieure, représentant bien à nouveau Notre Dame de Pitié la main posée sur son coeur exprimant sa douleur de mère mais aussi sa commisération.

 

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L'apéritif sous la pinède.

 

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Et la paella traditionnelle

 

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cuisinée de main de maître par deux chefs hors pair...

 

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cliquer sur la photo ci-dessus pour ouvrir le diaporama. 

 

Après le repas, à l'heure de la digestion, certains se penchent sur le passé à la recherche de la cloche qui aurait été enterrée dans un puits. Légende ou réalité, le mystère demeure.

 

Mais c'est bien là qu'ont été entérrées les statues en plâtre de l'église paroissiale quand le père Gérard Alzieu, dans la foulée du concile, a retiré toute la décoration d'origine datant des années 1860, bien trop sulpicienne, encombrante et sans valeur. Certes oui, mais les fresques de la voûte du choeur avec le ciel étoilé et l' inscription en latin sur l'arche central ne méritaient-elles pas de rester en place? Elles seraient aujourd'hui considérées comme une part non négligeable de notre patrimoine local.

 

 

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L'eglise dans les années 1900

 

 

 

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Publié le 28 Septembre 2007


Madame la Maire en personne dirigeait la visite du chantier de rénovation de la cave coopérative du village lors de la journée du patrimoine, dimanche 16 septembre dernier. Non sans éprouver une certaine fierté bien compréhensive. Il y avait  de quoi, car, il faut dire au préalable que notre Maire a commencé d'abord par la sauver d'une démolition annoncée. Et il lui a fallu beaucoup de détermination pour convaincre son conseil qui dans un premier temps avait décidé sa suppression pure et simple. Son obstination a permis la sauvegarde de ce qui demeure un des derniers témoignages visible de l'activité viti-vinicole du village.  
 Ce sauvetage est d'autant plus justifié que, réalisé en 1939, le bâtiment offre une belle illustration du style  architectural typique de ces années. La façade est caractéristique de cette époque, mais aussi la charpente intérieure en béton qui soutient tout l'édifice et qui sera habilement conservée dans le cadre du nouvel aménagement conçu pour accueillir une salle polyvalente à vocation culturelle ou conviviale, et aux étages, des locaux adaptés aux diverses activités associatives. Voilà un bel exemple de rénovation qui mérite d'être salué. 
Dimanche on pouvait voir encore une dernière fois l'état des lieux du chantier en cours avant les travaux de démolition des cuves qui devaient être entrepris dès le lendemain. Il y avait de la nostalgie dans l'air. Je revoyais le défilé des pastières chargées de raisin, les employés de la cave qui les vidaient dans le fouloir, l'attente des charretiers ou des tractoristes, l'odeur du mou de raisin, le ballet des abeilles attirées par les grappes écrasées. Je revoyais encore une fois avec le paradis perdu de mon enfance, celui des viticulteurs lui aussi disparu. Oui c'était un paradis, malgré la gelée, le mildiou, les milles et un soucis du travail de la vigne et de la terre. La plaine agricole et le village formaient un tout avec un art de vivre harmonieux. On respectait la terre nourricière. C'était le temps où les poubelles n'existaient pas. Rien ne se perdait, tout se recyclait, se récupérait, même les vieux journaux qui servaient à allumer le feu et à plein d'autres choses. Propriétaires ou simples ouvriers, riches ou pauvres, tous vivaient simplement.
La cave coopérative garde en mémoire tout cela même si le vin ne coule plus dans les caniveaux le long des cuves. Les cuves en cours de démolition vont faire place à d'autres activités humaines, qui correspondent aux attentes et aux besoins du village d'aujourd'hui. Les temps ont changé et les gens aussi.

Photos de la visite des lieux.

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Fichier hébergé par Archive-Host.com Madame le Maire dirige la visite.

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Bientôt les cuves auront disparu. Un dernier regard sur le passé glorieux de ces cuves d'où est sortie sinon la prospérité du village tout au moins sa raison de vivre. Mais la cave rénovée restera ce lieu de convergence où se retrouveront les gens du village. Le vin ne coulera plus que dans les verres lors des réceptions, ces pots de l'amitié à la fin des réunions ou autres manifestations.  

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Publié le 19 Mai 2007

De retour de Pont St Esprit, la nuit doucement approchait, presqu'une une belle nuit de mai en ce 28 avril. Après Sommières, juste avant de tourner à droite en direction du village, le soleil n'allait pas tarder à se coucher sur le pic St Loup, notre montagne magique à nous, porte de notre monde familier, fond de décor naturel à notre quotidien. Tant qu'on le voit on est chez nous. Perdu de vue, nous ne sommes plus dans le même espace, nous devenons étranger à la terre qui nous a vu naître. Le Pic St Loup c'est un peu notre toit de l'univers, du nôtre en tout cas, avec ses légendes, celle du feu que jadis un ermite allumait à son sommet pour la St jean afin de signaler qu'il était toujours en vie. Deux autres feux lui répondaient, allumés sur deux sommets voisins par deux autres ermites. Il s'agissait de 3 frères devenus ermites après la mort de la belle que les 3 frères convoitaient. Les 3 feux brillèrent longtemps dans la nuit de la St jean. Mais une année deux seulement étaient au rendez-vous. Puis au fil du temps, un seul. Celui du pic St Loup brilla encore pour quelque temps, puis un jour, plus rien, le dernier ermite était mort à son tour. Ainsi mourut avec lui le dernier feu de la St Jean du Pic St Loup.

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Publié le 4 Mai 2007

Les capitelles sont ces abris sommaires, de forme arrondie, faits de pierres assemblées les unes sur les autres. Tout comme le toit en forme de coupole qui fait corps avec la construction. Présentes dans les crèches elles embellissent le paysage en lui conférant une touche pastorale, une dimension humaine, tant elles s'intègrent dans la nature comme si elles avaient toujours existé. Cet habitat de fortune frappe l'imagination et demeure entouré de mystère car on ne sait trop rien de ses origines ni de la façon dont il a pu être utilisé au cours des siècles. Ces cabanes, situées à proximité d'un champ, en cas de pluie, servaient de refuge plus aux paysans qu'aux bergers comme le voudrait la légende. Les masets sont différents. Il s'agit de petites bâtisses d'une seule pièce construites dans la plaine, en bordure des vignes.

Cette capitelle a été restaurée avec plus ou moins de bonheur et n'a pas la finesse ni le charme de celles que le temps a pu épargner.

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Au bord du chemin les anciens vestiges des carrières ressemblent à des marches d'escalier taillées dans la roche. Le paysage prend un aspect architectural étrange qui s'intègre pourtant harmonieusement dans cette nature sauvage. Le printemps offre à profusion des fleurs simples comme celles de ces buissons ressemblant à des genets piquants. Plus modestes, celles du thym dégagent des senteurs qui se mélangent à celles de quantité d'autres plantes dont je ne connais pas le nom. Après-midi, quand se lève la brise et que le soleil s'en mêle, il flotte dans l'air de la garrigue comme un parfum de paradis  terrestre. Un vrai décor de crèche. Il ne reste plus qu'à disposer les santons.

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   ici 

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 J'aime fouler ce sol rocailleux, un brin hostile à nos pas, mais généreux, riche en émotions, offrant à profusion éclats de roche, brindilles, lichens, arbustes et autres éléments naturels qui récoltés au hasard des promenades serviront à construire le décor de la crèche.

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Publié le 2 Mai 2007

Se promener dans les anciennes carrières c'est retrouver intactes les traces encore vivantes du passé toujours inscrites dans les ornières creusées par les passages des roues de charrettes. Ce chemin mériterait d'être classé et protégé comme l'est déjà, à juste titre, la proche et bien plus célèbre via Domitia, la voie domitienne. Près de Lunel, sur le site d'Ambrussum de part et d'autre des vestiges du pont romain on peut en effet découvrir cette route qui traversait la Gaule reliant l'Italie d'alors à l'Espagne. Ce chantier justifie à lui seul ce que veut dire l'expression "travail de romain". La voie des carriers est de dimension bien modeste à côté mais elle est le témoin vivant de l'histoire des villageois devenus tailleurs de pierre contre leur gré lorsque le phylloxera a détruit le vignoble vers la fin du XIXème siécle. Les charrettes ne servaient plus à porter les "pastières" de raisin mais les cairons destinés à la constuction des bâtiments publics de Montpellier comme le théâtre ou l'hôpital. Le transport se faisait de nuit. Il arrivait souvent que le charretier épuisé après une dure journée de labeur s'endorme les rênes à la main. Mais les chevaux connaissaient par coeur le chemin et n'avaient pas besoin d'être dirigés. Notre père et nos grands-parents nous ont maintes fois raconté cette histoire que rapportent encore avec fierté les anciens du village.

Comment dire après cela que les pierres du grand chemin n'ont pas de mémoire? Parfois j'imagine que le sol foulé par nos ancêtres a gardé en quelque part leur souvenir fossilisé dans la pierre un peu comme sont gravées les mémoires des choses sur un disque d'ordinateur ou une clé USB ! La nature dont les scientifiques disent qu'elle est écrite en langage mathématique, contient peut-être au plus profond de son être le grand livre de l'univers.

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 ancienne carrière.

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carrière en exploitation.

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Rédigé par Daniel

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Publié le 1 Mai 2007

Au Sud du village s'étale la garrigue trouée ici ou là par d'anciennes carrières qui ont un air de sculptures surgies dans la nature, au milieu des chênes, du thym, des arbustes buissonneux et des pins. Ce paysage est celui que tous les habitants d'ici connaissent par coeur et aiment. C'est celui dont je m'inspire quand je construis ma crèche. C'est aussi celui où je viens chercher, récolter  tous ces éléments naturels que j'assemble  pour mettre mes santons à l'honneur dans ce décor imaginaire. Il ressemble à ce monde qui entoure nos maisons, notre univers à nous, limité par le pic St Lou d'un côté et la basse plaine de l'autre qui descend  jusqu'aux premiers marécages, juste avant la mer. Je vous invite à découvrir ce pays, ce sol caillouteux et rude, cette végétation typique du Midi qui sent bon la sarriette, l'aspic, le romarin sauvage et bien d'autres plantes secrètes que j'ignore.  

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Pourtant en prenant le sentier juste au bord de la route après celui qui va aux carrières en exploitation, on tombe tout de suite sur une sorte de galerie d'art moderne en pleine nature. Des artistes tagueurs ont décoré les stuctures d'une piste aménagée spécialement pour les jeunes pratiquant le sketboard. Drôle de façon de commencer la balade. Un peu surprenante, mais je trouve que cette forme d'art est bien en phase avec le paysage alentour.  

 

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 Ces photos ont été réalisées début avril. Le printemps était déjà bien avancé, trop même. Difficile de bouder son plaisir mais inquiétude quand même de constater de visu ce qu'il faut bien appeler le dérèglement climatique.

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la végétation investit la pierre rocailleuse, érodée par le temps. Voilà presque un paysage de crèche tout fait où il ne reste plus qu'à disposer les santons.

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Photos Daniel, reproduction interdite sans autorisation.
Pour agrandir l'image cliquernt dessus.

Depuis ce jour le blog est régi par la V2, nouvelle version de la plateforme Over-Blog.
Patience si tout ne fonctionne pas aussi bien, il me faut m'adapter
et trouver le pourquoi du comment...

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Rédigé par Daniel

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Publié le 26 Avril 2007

D'autres images du village vu d'un petit avion piloté au sol par Gérard, un aéromodéliste.
Regardez comment les maisons individuelles ont investi des parcelles de garrigue en la morcelant, formant un premier cercle autour du village. Puis après les lotissements où les constructuion sont plus serrées. Plus loin, sur le fond, le village voisin, Restinclières.

Pour commencer, une vue du centre. L'église, la mairie avec aussi son clocher. Bref, un village comme beaucoup d'autres.

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Plus au Nord, le quartier haut, situé comme son nom l'indique sur la hauteur du village, la cave coopérative, désafectée depuis une dizaine d'années a failli être démolie. Seul monument important du village après l'église, le château, la mairie et la chapelle romane perdue dans les bois, elle va bientôt être transformée en centre culturel. La culture de la vigne n'est plus qu'un souvenir que seuls quelques "indiens" pratiquent encore contre vents et marées. Autour de la cave des maisons nouvelles l'encerclent, symbole du village devenu résidentiel, lieu d'hébergement pour des familles ayant leur activité professionelle à Montpellier, éloigné de seulemrnt 20 km.

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Cliquer sur les images pour les agrandir.
Photos Gérard, reproduction interdite sans autorisation
.

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Publié le 20 Mars 2007

Gérard, passionné comme l'ami Claude par l'aéromodélisme, a équipé un avion, modèle réduit, d'un appareil photos. Il a survolé le village un peu comme un avion espion. En fait d'espionnage, il a fait de très belles images du village comme seuls peuvent le voir les oiseaux du ciel. L'espace d'un moment virevoltez, tournoyez, planez, prenez-vous pour un martinet, un pinson, une mésangege ou un rouge-gorge, ou qui sais-je encore. Regardez. Bon voyage dans le ciel de Beaulieu. Au centre de la photo : l'église, la mairie, reconnaissables par leur clocher respectif. Mais il n'y a qu'une horloge. Heureusement car elle fait un bruit d'enfer en sonnant les heures. Dieu merci, ou plus exactement, merci la mairie,  on ne l'entend plus entre 11 heures du soir et 7 heures du matin.

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photo: Gérard. Reproduction interdite sans autorisation.

 

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Publié le 2 Octobre 2006

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Vincent et Mireille, les amoureux
Marius Chave

Dans les années 50, la fête du village c'était vraiment la fête. Il n'y avait pas alors d'abrivado ni d'enciero. Le taureau à la corde sortait deux fois par jour. Il n'y avait pas d'arène non plus, ou plutôt si, il y en avait une, mais très provisoire, improvisée. Les viticulteurs conduisaient leurs charrettes à la cave. Installées en cercle, elles formaient un plan. Elles servaient pour la course de nuit, qu'on appelait alors une charlotade, avec au milieu une piscine faite d'une bâche posée sur des ballots de paille. Lire la suite...

Il n'y avait pas non plus de journée à l'ancienne ni de manifestation particulière dite de tradition. Et pour cause, la fête alors était entièrement traditionnelle avec les pins plantés comme des poteaux auxquels les jeunes accrochaient des guirlandes de buis colorées par des fleurs en papier crépon. Pas de gardians à cheval ni d'arlésiennes, ce n'était pas la tradition d'alors. La tradition d'alors c'était tout simplement  la fête comme on la faisait à ce moment-là. Elle ressemblait aux fêtes d'avant-guerre, et certainement à celles d'autres temps plus anciens encore. La fête était alors patronale et avait lieu début août pour la Saint Pierre aux liens, mais le curé ne risquait pas comme aujourd'hui de dire une messe en provençal avec tout le décorum. Le curé désertait le village, car en ce temps là pour les gens d'église, si Satan ne menait pas le bal il n'en était pas loin et les mères et belles-mères formaient un cercle autour de la place avec leurs chaises où elles s'installaient pour surveiller leur progéniture et les couples de danseurs qui se formaient. Il flottait sur le bal un air qui sentait déjà des noces futures. Les amoureux se fréquentaient avant de se fiancer. Dès qu'un garçon fréquentait une fille, les langues allaient bon train, et les imaginations aussi. D'aucuns pensaient déjà aux arrangements possibles, aux vignes qui se retrouveraient ou non dans la corbeille des mariés selon que l'un ou l'autre était riche ou pauvre.

 En fait, n'en déplaise aux gens d'église, faute de Satan, c'était bel et bien  l'orchestre de Raoul Remolino qui menait le bal. Avec l'entracte avant minuit que précédait la danse d'invitation, celle après laquelle le cavalier offrait à boire à sa cavalière une orangeade ou une limonade au café d'en face tenu par Juliette et Edouard. Puis c'était la dernière danse à 1 heure du matin. Il n'ya avait pas de fête sans la soirée dite de concert. Un soir de la fête, le concert tenait lieu de première partie à la place du bal. Chacun venait avec sa chaise pour entendre des chansons célèbres ou des airs de cabaret joués par les musiciens. Un présentateur racontait entre deux chansons des histoires légères que l'on disait salées et que nos parents ne voulaient pas qu'on écoute. Heureusement pour nous il y avait Tonton Blaise, un marchand de bonbons qui venait exprès pour la fête. On l'attendait comme le Messie. Il y avait aussi un stand de jeu de roulette pour les aventuriers d'un soir qui  frimaient comme s'ils étaient au casino. Je plaignais ceux qui perdaient car je croyais sincèrement qu'ils se ruinaient au jeu. Et quand certains chanceux gagnaient je craignais qu'ils perdent leurs gains en étant tentés de les remettre en jeu. Le spectacle de ce que je ressentais profondément comme de l'immoralité me fascinait sans que je puisse pourtant le formuler.  

 

 

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Rédigé par Daniel

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