La despedida languedocienne de Michou
de la manade des Baumelles
En ce dimanche 27 septembre 2009 la feria d'automne bat son plein à Palavas. Feria sympathique pour moi car l'après-midi aux arènes pas de corrida mais une course camarguaise, la finale du trophée
Albert Dubout. Un concours de manades sans les stars de la saison, au repos en attendant la grande finale du Trophée taurin à Arles. Ce qui explique je pense une relative désaffection du public.
Une demi-arène seulement. Ce n'était pas la folle ambiance des grands jours. il y a eu pourtant un grand moment d'intense émotion lorsque Jacques Valentin président de course annonce la
despedida languedocienne de Michou (manade des Baumelles), sa dernière sortie palavasienne.
Palmarès impressionnant pour Michou qui du haut de ses 14 ans a encore une fière allure, se tient bien droit, tête haute, il se place et attend des rasets qui viennent mais pas comme on l'aurait
aimé. Malgré ce Michou est brillant et démontre qu'il est resté ce grand cocardier qui a souvent enthousiasmé le public. Quand sonne l'heure de la rentrée au toril Michou a fièrement gardé ses
ficelles, il a droit aux honneurs de Carmen pour saluer sa prestation et toutes celles de sa carrière. A ce moment-là Michou est seul dans l'arène, il fait 2 ou 3 tours d'honneur et puis se pose au
centre, comme pour saluer une dernière fois le public et s'imprégner encore de l'ambiance unique de la piste, sentir le sable sous ses sabots, régner sur son territoire que limite l'ovale rouge des
barrières. Dans son regard qui semble perdu on lit comme un immense chagrin. Un comportement noble, un port sérieux, noble, qui porte à nous faire croire qu'il comprend sinon se doute de ce qui se
passe comme si d'instinct il le savait. Son manadier Joel Ensolas est certainement le plus ému de tous. A l'heure des récompenses, il reçoit un prix bien sûr pour couronner la carrière de
Michou et un autre pour Rodin, cet autre cocardier des Baumelles dont le nom figure parmi les prétendants au titre de bioù d'or.
Carmen pour Michou. Merci aux raseteurs qui l'ont mis à l'honneur: Sabri Allouani (il fêtait son anniversaire la veille !), Julien Ouffe, Lacène Outarka, Frédéric Jockin (il fêtait son anniversaire
ce jour), Martin Cocher, Oleskevich.
Michou des Baumelles,
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La manade des frères Briaux vient de fêter ses dix ans. Elle est née dans le pays gardois, au
coeur de la bouvine, entre Manduel et Bouillargues, après Nîmes quand on va vers la Provence en prenant la route de Beaucaire et de Tarascon tout à côté, sur l'autre rive du Rhône.
Au départ 11 bêtes achetées et aujourd'hui 60, dont 12 cocardiers, parmi lesquels : Nîmois, Languedocien, TGV, Marquis.
Le plus célèbre est à ce jour Gallicianais, 7 ans, taù d'argent en 2007.
Mais Alésien, n°803, 11 ans, s'est fait remarquer aussi. Il a offert une belle prestation l'autre jeudi au Grau du Roi où il ne s'est pas laissé impressionner par les raseteurs qui le
harcelaient dès son entrée en piste. Il s'est montré dangereux et déterminé à défendre vaillamment ses ficelles, ce qui lui a valu une flopée de Carmen venant récompenser notamment ses généreuses
poursuites aux barrières. Un taureau attachant, qui a du caractère. Il n'a pas fini je crois de faire parler de lui. En bien évidemment.
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L'autre jeudi au Grau du Roi, après la course, la bandido.
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Un atrappaïre en
peine action, un beau succèsl !
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Le Grau du Roi jeudi 17 septembre 2009
Jolie course pour certains, d'après la presse en tout cas. Oui de bons moments, surtout en
2ème partie mais ambiance nerveuse, due certainement à la rivalité Allouani Villard. Ce dernier s'est invité sans l'être officiellement comme l'autorise le règlement.
Ceci étant, spectacle toujours aussi désolent de voir les taureaux se faire plumer sans panache cocardes et glands dans même pas les 3 premières minutes de course.
Aux ficelles heureusement c'est une toute autre histoire.
Pas facile de s'approcher d'Alésien, mon préféré de la course, qui rentre ses deux ficelles en musique.
Cliquer sur l'image ( Alésien manade Briaux sur Julien
Ouffe)pour voir le diaporama
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Fête du Grau du Roi :
première course du Trophée de la Mer
dimanche 13 septembre 2009
Enfin je peux retourner aux arènes ! Les courses me manquaient. Celle de ce dimanche sans être exceptionnelle était plutôt réussie. Des gradins bien remplis, du beau temps. Les touristes sont
partis mais le public de la fête est là.
Pour faire bref, quatre As se distinguent en piste. Deux raseteurs et deux taureaux. Ce qui ne veut pas dire que les autres, blancs et noirs ont démérité, non, certains ont été très bons aussi par
moments, mais ces quatre-là se distinguent du lot.
Le 1er, S.Allouani n'a plus rien à prouver. Encore une fois, pour la 9ème fois, placé largement en tête du classement, il va selon toute vraisemblance être couronné champion du trophée des As
lors de la finale d'Arles. En ce dimanche 13 septembre il s'est imposé, décrochant de nombreux attributs, donnant une belle impression de facilité, malgré les séquelles laissées par quantité
de coups et autres blessures accumulées depuis le début de sa longue carrière. On dit qu'il court moins vite, que sa démarche est plus lourde, que ci, que mi. N'empêche les autres, ses
collègues, sont encore loin derrière à galoper souvent en vain après lui. Certes ils vont au charbon, font de beaux rasets, se démènent tant qu'ils peuvent mais les résultats ne sont pas les mêmes,
loin de là, le classement à lui seul est éloquent.
Le 2ème, Julien Ouffe était dans un bon jour. Il a bien travaillé mais aussi récolté des points, ce que n'arrivent pas à faire tous les autres malgré leur assiduité.
Les 2 autres sont les taureaux du jour, les partenaires indispensables et j'aurais dû commencer par eux car ce sont eux qui font la qualité du spectacle. Jeunes, ils ont 7 ans et couraient pour la
1ère fois aux As. Athor ( manade Daumas) n'a pas pu s'exprimer comme on aurait aimé car, quoique sachant bien se placer en bonne position pour être raseté, il a manqué longtemps de travail. Il a
fallu attendre les dernières minutes pour que les raseteurs se décident à le faire briller.
Molière (manade Cuillé) répond bien, ne refuse pas le raset, va aux barrières et déchaine l'enthousiasme du public. Il est le meilleur.
Les autres biou n'ont pas été mauvais, mais peut-être moins inspirés, la tête ailleurs, se déplaçant ou sautant trop, venant au centre. Difficile alors de les entrainer dans la valse des
séries. Ce qui ne veut pas dire qu'ils n'étaient pas bons. Il leur manquait peut-être tout simplement l'envie ou cette étincelle qui fait qu'un taureau entre dans le jeu et devient partenaire de
l'homme. C'est ce qui fait tout le charme de la course camarguaise, ce dialogue incroyable, cette complicité parfois entre les hommes et ces bêtes sauvages aux cornes porteuses de tous les dangers,
comme si rien ne devait ni pouvait empêcher cet échange, ce dialogue avec cette force brute de la nature aussi redoutable.
Molière de Cuillé à sa sortie.
Molière
Molière et Julien Ouffe
Molière poursuivant Julian Ouffe.
Sabri Allouani décrochant la 2ème ficelle.
S. Allouani saute, la ficelle au crochet
Un regard pour s'ssurer qu'il ne reste rien sur les cornes.
Sous les applaudissements et Carmen, Molière repart chez lui.

S.Allouani et Athor (manade Daumas)
S.
Allouani dimanche 13 septembre au Grau.
Pour le
fan-club...
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Aux arènes d'Arles, la 78ème Cocarde d'Or
lundi 6 juillet 2009.
Passées les activités prenantes qui m'ont éloigné des taureaux, je vais pouvoir retrouver le chemin des arènes. En parcourant mes albums photos je tretrouve les images de courses que je n'ai pas eu
le temps de commenter à ma façon, images à l'appui. Difficile pour moi de passer sous silence ce rendez-vous incontournable du début de l'été qu'est la célèbre Cocarde d'Or aux arènes
d'Arles. Le premier lundi de juillet. Cette année, le 6. Une date connue de tous les afeciouna pour un trophée taurin qui a lmieu depuis 78 ans. Epreuve redoutable pour les taureaux qui doivent avoir un moral d'acier pour faire face à quelques 25 raseteurs et une dizaine de tourneurs. Mais voilà, cette 78
ème édition ne fera pas date dans l'histoire de la course camarguaise. Les taureaux n'étaient vraiment pas en bonne forme. Il faut dire qu'avec les contraintes techniques liées au passage du Tour
de France Cycliste quelques heures avant, les bêtes sont restés enfermées plus longtemps que d'habitude dans les camions les transportant.
Déjà, en prélude à la capelado le spectacle d'ouverture ne m'a pas convaincu pleinement. certes il était beau et ne manquait pas de qualités, bien imaginé avec pour toile dond les arlésiennes en
tenue et les danses provençales. Un bel hommage à Mistral. Difficile cependant d'évoquer vraiment Mireille et les principaux personnages du chef-d'oeuvre de Mistral dans un ballet aux dimensions de
l'arène devant un public venu d'abord pour une course de taureaux unique en son genre.
Juste avant cette évocation, le public est un moment désorienté quand la musique annonce comme la sortie du premier taureau. En fait il s'agit d'un effet de surprise pour annoncer la despedida, les
adieux à la piste de Candello de la manade Guillierme. Cela n'était pas prévu au programme. Candello méritait bien cet hommage, lui qui a connu des heures de gloire en sortant plusieurs fois
premier à Arles lors de cocardes d'or antérieures. Grand moment d'émotion, le plus grand peut-être de l'après-midi. On aurait voulu même le voir raseté une dernière fois et il aurait peut-être
sauvé la course du naufrage.
Si j'ai déjà oublié le déroulement précis de la course, j'entends encore les huées du public à la sortie de piste de certains taureaux, à la fin de leur course. Seul
Martegau de la manade Chauvet s'est distingué en remportant le prix final. Côté raseteurs, c'est Sabri Allouani qui s'est le plus
investi et qui a légitimemnt décroché le trophée, vainqueur de l'épreuve pour la 5ème fois. Il m'a fallu chercher dans les comptes-rendus de la presse locale pour savoir la suite. J'avais déjà
oublié que Sébastien Four a fini second, Benjamin Villard troisième et que le souriant Alexandre Gleize a obtenu le prix du meilleur arlésien. Je me souviens quand même d'avoir vu Loïc Auzolle
s'activer, Christophe Clarion faire de son mieux, mais dans l'ensemble, l'envie manquait chez les raseteurs. A l'heure de la remise des prix en piste avec le cérémonial habituel, le public avait
dans sa grande majorité, tout comme moi, déserté les arènes.
Mais l'amphithéâtre romain d'Arles a connu bien d'autres aventures et la prochaine finale du Trophée Taurin organisé par Midi Libre et La Provence nous donnera j'espère d'autres émotions, plus
agréables.
Retour en images quand même sur cette course ratée qui ne rentrera pas dans la légende du trophée arlésien.
photo wikipedia.
Entrée de la Reine
d'Arles suivie de ses demoiselles d'honneur.

Despedida de Candello de Guillerme.
Tu ne reverras
plus le sable des arènes, la foule t'applaudir à tes coups de barrière, le silence t'attend, à toi les grands espaces, la liberté, la nature, la gloire du pays des dieux de la Camargue...

la capelado


Cérès de la manade Chapelle.
Eros
et Clarion
Eros
face à ? Grammatico?
Eros
de la manade Saumade
Quilhous de la manade Guillerme
Quilhous de la manade Guillerme
Tommy de la manade St Antoine
Martegau de Chauvet.
Martegau dans la tourmente blanche...
Martegau de Chauvet et raset de Sébastien Four
Martegau et?
Martegau et Moutet.

Criquet de Lautier et la main d'Allouani au berceau des cornes.
Allouani qui a su garder la rage de vaincre. A ce moment il sait qu'il a encore une fois gagné la Cocarde d'Or.

Severo de Ribaud

Villard qui vient de lever la ficelle de Severo.
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Les meilleures choses ayant une fin, voici regrooupées sous forme de 4 diaporamas les photos des derniers jours de la fête.
pour commencer, la suite dimanche 12 juillet
2009.
Après l'apéro, le repas de la journée à l'ancienne, à l'ombre des chênes, dans ce qui reste du boisement appelé jadis les Ecolières.
Pour voir le diaporama, il suffit de cliquer sur l'image:

Et voici les photos du lundi 13 juillet
(cliquer sur l'image pour voir le diaporama):

Photos du mardi 14 juillet à midi:
(cliquer sur la photo pour voir le diaporama)

Photos du mardi 14 juillet au soir :
(cliquer sur la photo
pour voir le diaporama)

Ainsi s'achève ma présentation de la fête de Beaulieu 2009.
Avant de faire à nouveau place aux courses de taureaux, aux autres fêtes de traditions et bien sûr aux santons, je crois utile de préciser que ces photos de Beaulieu en fête intéressent surtout les
habitants du village et les amateurs de manifestations de taureaux de rue. Je tiens donc à m'excuser auprès des autres habitués de ce blog qui ne se sentent guère concernés par les images ou les
portraits mettant en scène mes compatriotes locaux.
Dans notre pays d'ici, c'est à dire dans nos villages de tradition bouvine, la fête, la voto (fête votive), est l'événement le plus important de l'année. Préparée de longue date par
les jeunes et les élus municipaux elle permet aux habitants de se retrouver, de vivre ensemble des émotions et des moments agréables. La fête du village a lieu chaque année depuis la nuit des
temps. Elle est certainement la manifestation la plus traditionnelle et la plus ancienne. A ce titre elle mérite bien la place de choix qu'elle occupe dans ce blog.
Cette année des trublions sont venus un peu partout apporter le désordre et la violence. Chez nous, j'ai déjà évoqué cette affaire, le bal du dernier soir a été supprimé à cause des bagarres des jours d'avant. L'alcool est de plus en plus présent dans la fête avec ses excès et ses débordements. Tout comme la
drogue, même si sa présence passe davantage inaperçue.
Si rien n'est fait pour canaliser toutes ces dérives, elles risquent à la longue de porter atteinte à l'esprit véritable de la fête qui réunit dans la joie toute une communauté autour de ses
traditions. Le bal, la musique, les taureaux doivent rester les éléments centraux de la fête et ne doivent pas servir de prétextes aux apéros qui ne doivent pas devenir l'élément central
de la fête autour desquels tout s'organise.
Nos traditions enfin doivent aussi être protégées par des mesures de sécurité et de bon sens prises localement afin d'éviter les excès d'une réglementation nationale qui risquerait de les
dénaturer. Nos traditions se trouvent directement confrontées aux problèmes de notre société. Elles subissent de plein fouet le choc des réalités.
La course camarguaise doit aussi faire face au contexte économique et social actuel. Les manadiers, les organisateurs de courses sont de plus en plus confrontés aux questions de rentabilité qui ne
font pas toujours bon ménage avec une conception pure de la tradition camarguaise. L'argent risque de dénaturer la tradition. Cela est vrai aussi pour les santons. Certains santonniers n'hésitent
pas à réaliser des personnages ou des scènes qui n'ont rien à voir avec la tradition du santon. Marcel Pagnol a écrit des romans et des films magnifiques. Mais cela ne confère pas pour autant à sa
vision de la Provence un droit de cité dans nos crèches qui fonctionnent sur d'autres critères.
Certains raseteurs issus de familles émigrées sont encore trop souvent victimes de comportements à caractère raciste. Il s'agit là de violences verbales certes mais qui n'ont pas place dans
nos arènes vouées à la seule fé di biou.
Ainsi toutes nos traditions sont malmenées mais résistent malgré tout. Elles expriment l'attachement profond de tout un peuple à un certain art de vivre. Elles donnent du sens, de la valeur aux
choses de ce pays. Elles peuvent permettre de mieux vivre ensemble malgré les difficultés de l'époque. A chacun de faire au mieux pour garder cet esprit festif qui rassemble, où tout le monde
peut se retrouver sans exclusive.
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