La crèche et les 17 santons classés de l'église de Lurs
Pas loin de Forcalquier, Lurs, un village de Haute Provence, perché au-dessus de la vallée de la Durance, n'est
pas facile d'accès et paraît bien loin de tout.... Il faut vraiment y aller exprès.
Typiquement provençal, pittoresque à souhait, il a
défrayé la chronique judiciaire dans les années 50 avec l'affaire Dominici qui lui a valu une célébrité à l'opposé de la fierté légitime que Lurs puise dans son passé historique.
L'histoire du village se perd dans la nuit des temps. Des traces de vie remontent au néolithique. Fondé dit-on
par Charlemagne, il a séduit les évêques de Sisteron qui venaient ici en villégiature.
Lurs nous séduit encore avec son beffroi, son château, ses ruelles et façades de l'époque médiévale mais aussi du
XVIIème, ses champs d'olivier et son moulin à huile, réputé pour être le plus vieux encore en activité. Les olives y sont encore écrasées de façon traditionnelle, par des meules en pierre. Un
authentique pressage à froid y est pratiqué.
Lurs offre une vue impressionnante sur la vallée de la Durance et un beau panorama sur les montagnes alentours.
A l'entrée du village la chapelle St Michel
Mais ce qui nous intéresse en cette journée hivernale de fin décembre 2010, c'est de découvrir la crèche de
l'église avec ses 17 santons classés.
De 30 à 40 cm de hauteur, les santons (datant de 1845 ou 1856 selon les sources) ont été classés objets de
monument historique en 1986.
La crèche est toute simple mais accueillante, à l'image de la personne qui nous accueille et qui veille sur les
lieux.
Assise près du poêle, elle nous invite à nous rapprocher pour nous réchauffer. Juste à côté, au pied de la crèche sont
déposées les offrandes.
On croirait presque qu'elles nous sont destinées.
Elles sont composées des produits du terroir, fruits, lavande, huile d'olive, miel, mais aussi, comme le veut la
tradition, le sel, le pain, les oeufs, l'allumette.
La nature est aussi en fête, très présente dans le décor, essentiellement végétal, verdoyant, fleuri, disposé
simplement sans recherche d'effet particulier.
Cette simplicité nous touche, car elle est vraie, émouvante, à l'image de cette dame âgée qui s'efforce de faire la
crèche au mieux malgré son âge avancé.
Gardienne de la tradition, un peu comme la marraine provençale, elle incarne la sagesse des anciens et, telle une
Parque romaine, son sourire entendu semble contenir à lui seul la mémoire et la destinée de tout un pays.
Les santons sont à l'image de la crèche. Cet écrin leur
va à merveille, ils se présentent tels qu'ils sont, marqués par les ans, un peu cabossés, fatigués comme leurs habits usés, mais pourtant sereins, l'air joyeux, heureux d'aller voir le
nouveau-né.
Ils nous rappellent s'il le fallait que la vie des paysans jadis n'était pas facile, que la tâche était rude.
La sage femme portant un berceau dans une main et du linge dans l'autre..
Une orante (femme priant) à genoux
La nourrice ou la femme portant un enfant dans ses bras.
Un paysan.
Un orant à genoux.
La nourrice.
Paysan de dos.Détail sur son costume.
Le tambourinaïre.
L'enfant à lanterne. Il est à l'image du nouveau-né qui apporte la lumière au monde.
Près de la crèche sur un autel les rois mages en route se préparent.
Ils forment un ensemble de belle harmonie. Richement
habillés mais sans ostentation, à l'image des autres santons.
Et pour finir, retour sur Marie, Joseph et la Nativité.
Joseph
La Nativité et la joie de la nature en fleurs. C'est l'enchantement de Noël...
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En 2010, la crèche pouvait se visiter tous les jours du 26 au 31 décembre, de 14h à 17h. Et le dimanche du 2
janvier au 2 février de 14h. à 17h.
Contact : 04 92 78 75 06
Autres regards sur Lurs
Quand la réalité dépasse la fiction :
par un éffroyable orage, la foudre s'abat sur l'église tuant net le curé !
Le 17 août 1770 à 6 heures et trente minutes du matin, une grande partie des paroissiens de Lurs assistait à la messe
en l'église paroissiale quand commença un éffroyable orage. Des trombes d'eau s'abattaient sur la commune, de violents éclairs zébraient le ciel; certains paroissiens sentaient monter de
terribles appréhensions.
L'orage s'approchait, le fracas du tonnerre vrillait les oreilles des paroissiens apeurés; le coeur de l'orage passait
au dessus de l'église.
Soudain, alors que le curé allumait un cierge, la foudre s'abattit sur l'église et tua le curé tout net. Elle renversa
aussi six autres personnes proches, semant un vent de panique chez les paroissiens; l'église paraissaît de feu.
Un autre coup de tonnerre, plus violent que le précédent, bouscula et renversa 80 personnes alors que le bedeau, qui
sonnait la cloche et avait laissé son chapeau à dix pas, retrouva son galurin entre ses bras. Un autre se vit enlever les souliers de ses pieds qu'il avait fort large, comme le sont les pieds des
paysans. Il retrouva ses chaussures à quelque distance, sans qu'elles ne fussent brûlées ni abîmées et même les boucles métalliques ne subirent aucun outrage de la foudre. Un rideau, couvrant un
retable, fût enlevé de sa tringle que l'on retrouva à l'identique dans ses pitons. Il faut qu'elle fût soulevée par le tonnerre qui, dans le même instant, fit glisser les anneaux et reposa la
tringle à sa place d'origine avec la force et la rapidité que tout le monde connaît à ces météores.
Récit extrait du site Tchinnggiz : http://www.tchinggiz.org/lurs.html
Pour en savoir plus :
Les historiens s'accordent à attribuer à Charlemagne la fondation de Lurs. Au début du IXème siècle, l'empereur plaça
les lieux sous la tutelle des évêques de Sisteron, lesquels y construisirent leurs résidences d'été. Ce bâtiment rectangulaire, massif, résulte de plusieurs campagnes de construction. Sur sa
gauche, des pans de murs en moellons de calcaire et la base d'une tour datent du Moyen-Âge. De là, part la promenade des évêques, allée bordée de quinze oratoires, qui mène à la chapelle
Notre-Dame de Vie.
D'autres bâtiments à vocation religieuse subsistent aujourd'hui dont le Séminaire et le Prieuré Saint Charles Boromée.
L'église, attestée dès le IXème siècle, a été maintes fois remise au goût du jour et agrandie pour s'adapter à l'évolution démographique. Son portail monumental est assorti d'une porte ouvragée
et son clocher à peigne accueille 3 cloches. La tour de l'horloge, couronnée d'un campanile en fer forgé, enjambe la ruelle qui commande l'accès au vieux village. Des linteaux de portes et des
encorbellements monolithiques, des fenêtres à meneaux sont autant d'éléments d'architecture ancienne à découvrir.
Dans les années 1 960, un théâtre de plein air a été construit sur des ruines pour accueillir des manifestations
culturelles comme les « Rencontres de Lure » devenues le « Chemin des écritures ».
Le patrimoine bâti domestique, sauvé des ruines depuis quelques décennies, dénote une restauration de bon goût qui a
valu au village d'être inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques.
Une petite route rejoint le plateau de Ganagobie, enjambant un pont romain, vestige de la Voie Domitienne qui reliait
Briançon à Arles en longeant la Durance. Au sud, la chapelle de Notre Dame des Anges se dresse sur les ruines d'Alaunium, station romaine bordant cette même voie, et jouxte les restes d'un
aqueduc. Ces ouvrages demeurent des témoins tangibles de l'impact de la romanisation qui a fortement marqué ces hautes terres de Provence.
Site provenceweb : http://www.provenceweb.fr/f/alaupro/lurs/lurs.htm.
Site officiel de la commune : http://www.lurs.fr/