Publié le 29 Novembre 2009
Santons vivants à St Trophime
Ce vendredi 27 novembre 2009, en cette quasi-veille de l'Avent, la nuit est déjà bien tombée quand un étrange cortège se dirige vers le cloître St Trophime, ce vaste et impressionnant joyau de l'art roman, avec ses sculptures, ses dentelles de marbre et tapisseries d'Aubusson du XVIIème. De loin, ces ombres furtives emmitouflées dans leurs habits d'autrefois pour les uns ou d'aujourd'hui pour les autres, paraissent des santons vivants tout droit sortis d'une crèche mêlant harmonieusement les personnages du passé à ceux du présent. De près, on reconnait la reine d'Arles et ses demoiselles d'honneur, le maire et ses élus, les santonniers, créchistes et gens de tradition portant costume ou non.
Philippe Brochier ardent défenseur de l'art santonnier
Toutes et tous se pressent sous les voûtes médiévales où les accueille Philippe Brochier président du salon des Santonniers. C'est avec le sourire et la satisfaction du travail accompli avec son équipe qu'il a exposé avec des mots tout droit sortis du coeur, pourquoi la crèche et les santons parviennent aujourd'hui encore à rassembler autant de monde et à susciter un intérêt toujours nouveau. Son discours est un ardent plaidoyer en faveur de l'art santonnier et de ses multiples facettes. La sublime musique du plus célèbre des tambourinaires, André Gabriel, et sa collection de santons musiciens illustrent parfaitement ses propos.
Il est vrai que les organisateurs du salon ont fait la part belle aux anciens et aux modernes, aux créateurs les plus renommés, disparus ou en activité, comme aux créchistes les plus confirmés ou les plus humbles. Les chemins qui mènent à la crèche sont aussi divers que ceux qui guident les pas des santonniers et les inspirent.
Arles a donc ainsi ouvert la période calendale.
Arles a donc ainsi ouvert la période calendale. D'ailleurs je crois bien que parmi les invités même M. le curé, l'archiprêtre ou son représentant, était là, apportant ainsi par sa présence une sorte de caution à cette célébration. Arles pour la 52ème fois a sacrifié au rite ancestral de la célèbration des santons. La reine d'Arles et ses demoiselles d'honneur, habillées en costume Napoléon III avaient grande allure. Il flottait autour de ses vieilles pierres une ambiance un tantinet irréelle, comme si, version moderne d'un conte d'Alphonse Daudet, des revenants des temps anciens venaient en habits d'époque hanter ces lieux chargés d'histoire.
"Tout le monde peut s'inviter à la célébration de la nativité"
Je laisse le soin au président Philippe Brochier de conclure: " Tout le monde peut s'inviter à la célébration de la nativité, les taureaux camarguais comme les moutons de la Crau, les santons en terre comme ceux en bois ou en céramiques. Ici c'est ouvert ".
Dans la foule, deux anciennes reines d'Arles.
A suivre bien sûr...

C'était dans le Gard, samedi dernier, à Clarensac où se retrouvaient déjà des santonniers gardois qui seront aussi présents à St Martin :