Publié le 31 Mars 2007

Au fait savez-vous quand les santons musiciens ont fait leur apparition dans la crèche provençale? Françoise Delesty dans son très beau livre "Mémoires de santons de Provence"( éditions Equinoxe) note que ces sont les anges et les bergers qui sont les premiers santons musiciens. Elle précise très justement que ces personnages ont une double fonction : ange et musicien, berger et musicien. Il est vrai que l'ange est  avant tout un ange. Pareil pour le berger. Il garde les moutons et le son de sa flûte vient enchanter le monde qui l'entoure. Sa musique crée un climat paisible, harmonieux, romantique à souhait. Difficile d'imaginer une scène pastorale sans la présence de cette douce mélodie. Mais dans les crèches anciennes les bergers musiciens jouent surtout de la cornemuse ou musette.

Les santons proprement musiciens qui doivent leur nom à l'instrument qu'ils utilisent, les artistes en quelque sorte, sont d'abord la joueuse de vielle et le tambourinaire. Même si cette activité n'est pas celle dont ils vivent, ce n'est pas leur métier qui est mis en valeur mais leur art, leur pratique d'un instrument.

Françoise Delesty mentionne que le santon à l'effigie de la joueuse de vielle a été créée par Léon Simon en 1899 mais qu'il est difficile de dater avec précision l'apparition exacte d'un nouveau type de santon. Selon elle, l'homme joueur de vielle est plus ancien, de 1820. Dans les faits, la pratique de la vielle serait plutôt féminine et celle de la cornemuse masculine. Jouer de ces instruments différents l'un de l'autre mais complémentaires serait alors lié à une démarche de séduction:

"Le duo vielle à roue/musette peut être considéré comme une pratique musicale exprimant ou "mimant" un dialogue de séduction."

mais le plus célèbre des santons musiciens demeure je pense l'ange Boufareou qui joue de la trompette pour annoncer la naissance de l'enfant Jésus.

J'ai trouvé ici cette définition :

"Boufareou est bien un ange . Mais c'est un ange provençal . Celà s'écrit Boufareo ,puisque le o à la fin d'un mot en langue d'oc se lit ou .
Celà vient du verbe boufa qui signifie souffler. Cet ange imaginaire ,est un des personnage de la pastorale (pièce chantée en provençal ) qui retrace la naissance du petit jésus . C'est lui qui est chargé par Dieu d'annoncer la Naissance .
On le retrouve dans la crèche sous la forme d'un ange que l'on accroche au dessus de l'étable .Il souffle dans une trompette dorée et ses joues sont énormes !!!!!
D'ou l'expression provençale pour désigner une personne trés joufflue :on dirait l'ange boufareo."

la joueuse de vielle de Paul Fouque( v13 cm)

 

Fichier hébergé par Archive-Host.com

 

Patrick Volpès a créé toute une série de santons musiciens. Il a bien sûr modelé le joueur de vielle mais aussi le "danso mounino". Je le cite
"Ce personnage était une espèce de troubadour qui chantait dans la rue des vers en provençal, en les accompagnant de son instrument (vielle). Et, tout en jouant il faisait danser des poupées de chiffons avec son pied."
(voir ici la page des musiciens sur le site de Patrick Volpès)
 
 
le joueur de vielle de Patrick Volpès :

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #Variations sur un thème de santon

Repost0

Publié le 30 Mars 2007

Il est temps de présenter les tambourinaïres qui chaque année viennent dans ma crèche faire revivre le temps des fêtes et traditions provençales. Les mariés provençaux sortent de l'église. Demoiselles d'honneur, arlésiennes, musiciens, voisins et curieux composent cette scène où l'on voit trois beaux tambourinaïres de Paul Fouque dont 2 représentent des personnages réels qui ont fait l'objet d'un tirage réduit. Deux autres tambourinaïres ont pris place juste à côté des mariés sur leur gauche, pour leur faire l'aubade. Voir la très belle arlésienne de Christiane Devouassoux et la joueuse de vièle de Paul Fouque à côté d'un tambourinaïre. Derrière le couple de danseurs un violoniste. Mais depuis 2005 ma collection de santons musiciens a un peu augmenté.

 

Fichier hébergé par Archive-Host.com

 

  Un des trois tambourinaïres de Paul Fouque dans ma crèche 2006

Fichier hébergé par Archive-Host.com

 

 En 2006 la scène des mariés provençaux s'est enrichie d' un homme orchestre. Un santon plein de vie réalisé par Patrick Volpès et qui fait partie de toute une série de santons musiciens sur laquelle je reviendrai bien sûr.

Fichier hébergé par Archive-Host.com

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #Variations sur un thème de santon

Repost0

Publié le 28 Mars 2007

Aujourd'hui, j'inaugure une rubrique nouvelle: "Variations sur un thème de santons". En fait il s'agit d'une nouvelle catégorie mettant en valeur un santon spécifique, qu'il s'agisse d'un métier, d'une activité ou d'un personnage de la pastorale. Chaque santonnier réalise à sa façon et crée une oeuvre selon sa vision personnelle. Il est intéressant de voir comment chaque type de santon est traité par les santonniers. Cela fait quelque temps que je pensais à proposer ici cette approche et j'avoue que ce sont les suggestions récentes des participants au forum de discussion du site MCP (Ma crèche Provençale) qui m'ont conduit à passer à l'acte. Il s'agit donc, un peu comme en musique, de variations sur un même thème. Voici donc les premières variations sur le thème des santons musiciens. Ca tombe bien, la musique, j'y suis en plein  dedans en ce moment. Mais c'est une toute autre histoire sans aucun lien avec les santons.

Le tambourinaïre et son galoubet, voilà certainement le santon musicien le plus typique de la crèche. Il est avec l'arlésienne en habit de fête, indispensable dans tout crèche provençale digne de ce nom. Il est le type même du santon provençal par excellence. Pour inaugurer dignement cette rubrique, à tout seigneur tout honneur, voici donc le couple de tambourinaïres de la maison Fouque exposés à la foir de garons en novembre dernier : Fichier hébergé par Archive-Host.com

 

 

 Et voici celui d'Isoline Fontanille avec à gauche le joueur de flutte. Photo prise lors ded'une visite à son atelier. Ce sont des grands santons de 225 à 30 cm si je me souviens bien.

Fichier hébergé par Archive-Host.com

Toujours à garons en 2006, la belle sculpture de Jean Etienne Gaumé, Alès.

 

Fichier hébergé par Archive-Host.com

cliquer sur les images pour les aggrandir, reproduction interdite sans autorisation.

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #Santons musiciens

Repost0

Publié le 22 Mars 2007

Bien c'est le printemps. Enfin c'était hier. Comme on dit à Nîmes, il marsèje, c'est à dire qu'il fait un temps qui correspond bien à celui du mois de mars. Dimanche dernier la saison taurine des courses camarguaises a redémarré. Le temps des traditions revient, chevaux de Camargue et arlésiennes en costume sont à nouveau de saison. Pendant ce temps les santons s'endorment un peu plus, sauf chez les santonniers qui se sont remis au travail. D'abord renouveler le stock, peupler les étagères de tout ce petit monde. Ensuite sortir des modèles nouveaux, faire des créations. L'imagination vient ici à la rescousse de la tradition. Nous en reparlerons dès que les premières nouveautés seront connues.

Voici à quoi ressemblait le décor de ma crèche il y a encore quinze jours. Les santons avaient déserté le village, les champs, la campagne et les collines. Au printemps, les santons hivernent. En été aussi. Restait encore le décor, vide, abandonné, endormi lui aussi. Il n'a pas résisté à la venue du printemps. Depuis, tout est démonté. Les planches, cartons, souches d'olivier, autres morceaux de bois flottés, pierres, cailloux, terre, sable, tout est rangé à la cave dans des cageots. Il était temps !

Pour fêter le printemps et ne pas rester sur cette triste impression, voici cette scène de fête avec jeunes mariés provençaux (Paul Fouque), musiciens, arlésiennes en costume, danseurs et badauds.

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #crèches et santons

Repost0

Publié le 20 Mars 2007

Gérard, passionné comme l'ami Claude par l'aéromodélisme, a équipé un avion, modèle réduit, d'un appareil photos. Il a survolé le village un peu comme un avion espion. En fait d'espionnage, il a fait de très belles images du village comme seuls peuvent le voir les oiseaux du ciel. L'espace d'un moment virevoltez, tournoyez, planez, prenez-vous pour un martinet, un pinson, une mésangege ou un rouge-gorge, ou qui sais-je encore. Regardez. Bon voyage dans le ciel de Beaulieu. Au centre de la photo : l'église, la mairie, reconnaissables par leur clocher respectif. Mais il n'y a qu'une horloge. Heureusement car elle fait un bruit d'enfer en sonnant les heures. Dieu merci, ou plus exactement, merci la mairie,  on ne l'entend plus entre 11 heures du soir et 7 heures du matin.

Fichier hébergé par Archive-Host.com

photo: Gérard. Reproduction interdite sans autorisation.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #le village au fil des jours

Repost0

Publié le 13 Mars 2007

En ce moment il n'y a guère que les santonniers et quelques amateurs qui se préoccupent de crèches et de santons. Le printemps qui est déjà là. Il a une bonne longueur d'avance. Ce qui ne manque pas de nous inquiéter car si la nature avec ses fleurs et ses tendres couleurs nous invite à contempler sa beauté et à sortir de nos maisons, il n'en reste pas moins vrai que tout cela nous inspire l'idée qu'il y a du dérèglement dans l'air du temps, que les choses devraient aller autrement. Et nous voilà repartis dans nos bons vieux radotages sur les choses qui allaient mieux avant. Le progrès est en marche et rien ne semble pouvoir l'arrêter. Pas même les dégâts qu'il ne manque pas de produire. Mais si le progrès fait des dégâts, peut-on alors encore parler de progrès ? En tout cas l'heure est aux promesses de lendemains qui à défaut d'être meilleurs seraient moins pires que nos jours d'aujourd'hui.

Le monde des santons ne croit guère au progrès. Ou alors si progrès il y a, il s'est arrêté à l'aube du XIXème siècle, au moment justement où commençait la révolution l'industrielle. Il n'y a pas d'usine dans les crèches, il n'y a que des fermes, des bergeries, des étables, des masures en ruine. Il y a la nature comme elle était quand les paysans et aussi les citadins vivaient sans polluer la planète. Derrière les cerisiers en fleur les apprentis-sorciers que nous sommes devenus ne peuvent pas inverser l'ordre de choses. Le progrès vaincra peut-être en s'accomodant de la perte des richesses naturelles. Mais à quel prix? Les enfants de nos petits-enfants verront-ils fleurir les cerisiers au printemps ?

Dans le monde des santons les cerisiers sont toujours en fleur. Comme les mimosas du santonnier Didier...

 

Fichier hébergé par Archive-Host.com

 

 

Fichier hébergé par Archive-Host.com

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #lou santonejaire

Repost0

Publié le 8 Mars 2007

Journée de la femme ? Allons bon, qu'à cela ne tienne! Il ne manque pas de santons pour célébrer dignement l'événement! J'ai choisi de faire un gros plan sur cette femme portant avec élégance le costume d'arlésienne. Souriante, elle porte une cruche d'eau ou une sorte de gourde avec un goulot au centre pour boire au jet. D'où cette expression de chez nous, boire à la gourdelette. Etant enfants, nous avions transformé cela en boire à la gourgoulette ou à la gargalette.

Voilà une image très traditionnelle de la femme accomplissant la corvée domestique de l'eau. Les féministes n'apprécieront pas. J'avoue enfin que j'aurai du mal à trouver un santon de femme présentant une forme de féminitude répondant aux exigences de notre temps.

Le monde des santons qui est celui de la vie rurale de jadis n'a pas grand chose à voir avec le nôtre aujourd'hui, même si de nos jpurs c'est encore parfois ou souvent la femme qui cuisine pendant que le mari regarde la télé. Et la parité en politique comme dans les entreprises a du mal à s'imposer. A travail égal c'est encore trop souvent salaire inégal pour les femmes.

Une personalité politique très en vue dans l'actualité qui s'est faite remarquer pour son invention d'un mot en "ude" a remis hier dans un discours le mot féminitude à la mode. C'est oublier que c'est Simone de Beauvoir qui la première a utilisé le terme de féminitude par analogie avec celui de négritude, pour désigner la difficulté à faire valoir la spécificité féminine dans un univers de pouvoir masculin. Simone de Beauvoir qui a formulé cette phrase toujours d'actualité: "on ne naît pas femme, on le devient".

Une oeuvre de Roger Jouve (18 cm) santonnier à Luynes.

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #lou santonejaire

Repost0

Publié le 7 Mars 2007

Yves et Frédérique habitent dans notre village. Ils sont eux aussi très attachés aux traditions. Ils possèdent une belle collection de santons. Yves réalise maisons et villages en s'inspirant des lieux de sa Provence natale. Il a modelé cette année des moutons, qu'il a mis dans sa crèche sans les cuire ni les peindre, ce qui leur confère cun accent de vérité encore plus fort. Comme si cela les rendait encore plus réels comme vous pouvez le voir sur la photo juste en-dessous.

Yves est aussi un excellent photographe. Je l'ai déjà dit. Il met volontiers ses photos à ma disposition. Grâce à lui j'ai pu dès le départ alimenter le blog quand je ne disposais pas d'appareil numérique.

Voici avec pas mal de retard la crèche d'Yves et de Frédérique. Ceci étant, maintenant que Noël est loin derrière nous avec son atmosphère mercantile à la limite du supportable, nous pouvons finalement regarder la crèche et les santons d'un autre oeil. Nous voilà plus disponibles et donc plus attentifs. Ce qui permet d'accéder directement à une forme plus naturelle de leur beauté, en toute simplicité, sans aucun tralala, dans le calme des jours ordinaires.

 

Fichier hébergé par Archive-Host.com

 

 

Fichier hébergé par Archive-Host.com

P.S. Pas le temps aujourd'hui, mais je mettrai d'autres photos ici. Je ne sais plus de qui est la scène d ela nativité. A gauche bien sûr, la Renaude de Paul Fouque, version féminine du coup de mistral.

J'aime beaucoup cette scène des santons musiciens. Je ne sais plus de qui ils sont. Ils me rappellent les ceux de Patrick Volpès. Voir ici.

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #crèches et santons

Repost0

Publié le 3 Mars 2007

Aristote pensait que les étoiles étaient éternelles. L'astronomie nous enseigne désormais le contraire : les étoiles ont une vie, elles naissent, vivent et puis meurent, comme nous.

"En observant la Voie lactée, on voit des nébuleuses, grands nuages de gaz qui s’effondrent sous leur propre poids et font naître les étoiles. Tout au long de sa vie, l’étoile transforme des éléments légers (hydrogène) en éléments plus lourds (hélium) et procède à des changements. En vieillissant, elle change de couleur et devient tellement chaude qu’elle s’effondre sur elle-même, explose et dégage dans l’espace les atomes qu’elle a formés tout au long de sa vie. Les atomes retournent ainsi au milieu interstellaire et c’est pour cela que nous avons sur terre des atomes de carbone et hydrogène, ce qui fait dire à Hubert Reeves que nous sommes des poussières d’étoiles."(voir ici)

Poussières d'étoiles... Voilà une expression bien plus poétique que celle de simple poussière représentée par les cendres le lendemain de Mardi gras. Poussières d'étoiles nous renvoie à notre filiation originelle, tout au moins à celle que la science nous permet de penser, donc d'imaginer un peu. Nous avons quelque part l'âge du big-bang, puisque c'est là que l'aventure de la matière a commencé. L'homme avec son esprit n'est arrivé que bien plus tard certes, mais là est notre origine connue, celle qu'enseigne la science. Personne ne nous empêche de penser au de-là des limites de la science, d'imaginer la totalité des choses, des univers possibles, penser le Tout, la Nature infinie, les espaces infinis peut-être en expansion constante comme notre univers.

Pascal revient alors à nos mémoires avec ses Pensées :
 "Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraye."
Voir ici un très beau poème de Gabriel Marc sur Pascal.

Et voici l'étoile de Bethléem qui brille sur la crèche et que les rois Mages, ces savants des temps anciens, ont vu naître en observant le ciel. Une belle histoire qui situe la naissance de Jésus au coeur de la grande nature, dans la grande histoire de tous les temps, sous les cieux connus ou inconnus.

 

Fichier hébergé par Archive-Host.com

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #lou santonejaire

Repost0