Cette gitane aux cheveux longs,avec un singe sur son épaule et une chèvre dans la corbeille que porte l'âne forme une scène insolite. Elle a une main posée sur le
cou de l'âne qui vient appuyer sa tête contre son corps. Elle donne l'impression d'aimer ses animaux, d' y être attachée. Elle n'est ni jeune ni belle, elle est habillée simplement mais d'une
robe de couleur vive. En général les santonniers réservent l'âne et son bât au seul usage du berger. Isoline Fontanille aime cette bête familière qu'elle met volontiers au service d'autres
personnages. Cette gitane n'a rien d'une bergère mais comme les bergers elle vit au contact de la nature, proche des animaux, à l'écart de la société.
On comprend mieux encore sa préférence pour les animaux si on considère qu'aujourd'hui encore les préjugés ont la vie dure à l'encontre de cette
communauté pudiquement rebaptisée sous le vocable de "gens du voyage" par signe de respect à son égard. En fait on peut se demander s'il ne s'agit pas d'un cache misère plus convenable qui
permet de boter en touche, comme si les mots simples et vrais faisaient peur ou suffisaient à changer à eux seuls la réalité des choses. Les mots mentent aussi.
Si j'étais né gitan, je serai fier de porter cette identité, d'autant que beaucoup sont devenus sédentaires, parqués dans des terrains sommaires ou des
quartiers mal famés, ils ne voyagent plus. Les gitans, comme dans la chanson, ne sont plus "assis près de la flamme claire". Mais cette flamme claire brille de tous ses feux dans le regard de la
gitane d'Isoline.