La crypte de Ste Marthe était décorée de lys, de roses comme un reposoir de la fête Dieu...
Passé le Rhône, nous voilà à Tarascon en terre de Provence. C'est là que commence le pays d'où nous viennent nos traditions.
Mistral et sa Coupo Santo ne sont pas loin. J'ai d'abord aimé cette ville pour la Pentecôte au temps où les fleurs envahissaient les rues, maisons anciennes et monuments. Je me souviens des
années où la crypte de Ste Marthe était décorée de lys, de roses comme un reposoir de la fête Dieu.
Quelques années plus tard, j'ai découvert la foire aux santons qui n'avait pas alors l'importance qu'elle a prise depuis. Je
crois bien que cela fait maintenant près de vingt ans que mon ami et moi venons deux fois l'an à Tarascon. Un peu comme un pélerinage, une fois avant Noël pour les santons, et à Pentecôte pour
les fleurs, même si je crois que désormais, la fête des fleurs ayant perdu toute originalité, nous ne viendrons plus que pour les santons.
Au fond de l'église... trois tableaux de Pierre Parrocel
Mais chaque fois que nous venons nous repartons rarement non sans avoir, comme une sorte de rite, rendu visite à la collégiale
Ste Marthe. A chaque fois j'ai l'impression de la découvrir pour la première fois. Même effet de surprise face à la noblesse et à la pureté de son architecture et à la richesse de sa décoration
faite de tableaux, reliquaires, statues, sculptures, avec au fond le grand orgue avec son imposant buffet du XVIIème siècle. Au fond de l'église, vers le portail d'époque romane, dans une
chapelle latérale vouée à Ste Cécile, trois tableaux de Pierre Parrocel (fin du XVIIème, début du XVIIème) dont une adoration des bergers et une adoration des mages. L'accès à la chapelle est
fermée par une grille, mais on peut quand même voir ces oeuvres de côté.
Une atmosphère sereine et paisible.
Je suis heureux de retrouver à chaque visite ces tableaux de la Nativité qui évoquent l'ambiance de la crèche telle que
les artistes d'alors la voyaient, conformément à l'art de leur époque et à l'enseignement que l'Eglise voulait alors diffuser. Une atmosphère sereine et paisible imprègne ces oeuvres. Les
personnages principaux semblent surgir de la profonde nuit des temps pour annoncer et faire vivre et revivre indéfiniment la nouvelle de la naissance de l'Enfant porteur de la lumière. Nous
sommes loin de ce que nous voyons aujourd'hui dans la crèche et les santons de Provence. Pas si loin que ça cependant.
Cette harmonie, cet équilibre, cette nostalgie...
Ici, dans cette chapelle Ste Cécile, il s'agit de la crèche telle que les artistes la voyaient alors et pour nous maintenant il
s'agit encore de cette même crèche telle que les santonniers la voient et telle que nous la faisons en référence à ce village provençal imaginaire de jadis où hommes, femmes, enfants, vieillards
et animaux vivaient en harmonie avec la nature. Cette harmonie, cet équilibre, cette nostalgie je les retrouve aussi dans ces deux tableaux, mais cela est exprimé différemment, selon les codes et
critères d'une époque. Les temps changent et passent, pas notre désir d'une vie plus sereine, apaisée.
Pierre Parrocel, adoration des bergers dans la chapelle Ste Cécile.
Pierre Parrocel, le tableau de l'adoration des bergers.
Pierre Parrocel, l'adoration des Mages.

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Photos Daniel, reproduction interdite sans autorisation.
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