Publié le 6 Novembre 2006
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Il manque à ce santon la quenouille qu'elle tient d'une main et file de l'autre. Cette activité ancestrale a disparu depuis longtemps. Il est fini le temps où Ronsard dans ses sonnets pour Hélène écrivait ses vers :
"Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise aupres du feu, devidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous esmerveillant :
Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle."
Pourtant la fileuse est un personnage qui a gardé une place importante dans la crèche. A cause de ce qu'elle représente. Son activité est indispensable à ce qui sera ensuite le tissage, la fabrication du linge, de tout le linge de la maison, y compris les langes qui serviront à emmailloter le nouveau-né qu'apporte dans sa corbeille l'accoucheuse.
Thérèse Neveu, (1866-1946) est la santonnière la plus célèbre de Provence car elle a su apporter un renouveau à la tradition sans la trahir. Elle a eu l'idée de faire cuire ses santons dans le four de son frère potier, Louis Sicard ( l'inventeur de la cigale en céramique). Plus solides, plus faciles à peindre, les santons ont connu alors une diffusion plus large. Contrairement à d'autres, elle n'a pas utilisé d'anciens moules et a créé ses propres personnage en s'inspirant des gens de son entourage ou de célébrités comme Frédéric Mistral qui a servi de modèle à son chasseur. Ses santons sont pleins d'humanité et de tendresse. Ils sont les dignes représentants de toute une population qui s'identifie à eux. On peut en voir quelques uns dans son atelier, situé en haut d'Aubagne, près de l'église, devenu un lieu d'exposition en 1995. Ses enfants ont poursuivi son activité jusqu'en 1972.