Le Salon International d'Arles inauguré par la Reine et le Président

Publié le 22 Novembre 2008

Non il ne s'agit pas de la reine d'Angleterre ni du Président des Etats Unis, ni du nôtre, ni de sa célèbre épouse, oui il s'agit bien de notre Reine à nous, celle qui du haut de la colline arlésienne surplombant le Rhône, veille sur les destinées d'un Pays dont les sujets ont pour identité l'attachement aux valeurs de la tradition présentes dans  la langue, le costume, les fêtes et cérémonies traditionnelles où les taureaux et chevaux sont rois. Les amoureux des santons ne peuvent que se réjouir de la présence de sa Majesté aux côtés du Président du salon International des Santonniers, Philippe Brochier, pour inaugurer avec lui et les autres personnalités, civiles et religieuses, cette 51ème édition. Deux Pères, des religieux de Haïti, hôte d'honneur du salon, ont fait le déplacement pour présenter les crèches des artistes de leur pays, mais aussi pour attirer l'attention sur le soutien dont a besoin leur population. M. le Maire d'Arles était là, M. le Sous-Préfet aussi, qui très en verve, avec son allure d'ange Boufareou, s'est étonné de ne pas avoir encore été santonifié, même si son physique, sans vouloir être impertinent à l'égard du représentant de l'Etat, ferait de lui un beau modèle d'ange Boufareou !

Mais s'il n'y a pas de santon Sous-Préfet, il y a, exposée dans l'atelier de Robert Canut à Tulette la belle scène du "sous-préfet aux champs" d'après l'oeuvre de Daudet.

Pour revenir aux choses plus sérieuses, dans son discours, le Président du Salon était heureux de constater qu'encore une fois et plus que jamais  l'art du santon et de la crèche passionnaient toujours autant adeptes et grand public. Il rappelait non sans fierté légitime que cette exposition à caractère artistique était l'une des plus importantes existant de par le monde. 

Il est bon aussi de rappeler que l'activité santonnière traditionnelle de type artisanal a évolué vers des modes de production de type industriel. Ici c'est une étude de marché qui est lancée pour savoir quel modèle de santon convient le mieux à la demande de la clientèle. Là c'est une entreprise à santons - une usine?- qui a un débit de production et un réseau de distribution dans des enseignes de grandes surfaces. Nous sommes bien loin de 1957 quand, il y a donc 51 ans, un certain Marcel Carbonel motivait ses collègues santonniers pour créer cette manifestation dans ce cadre historique, ce bijou d'architecture romane qu'est le cloître St Trophime. Arles, capitale de la Camargue est une des rares villes de France à posséder à presque chaque coin de rue monuments et édifices qui nous racontent par leur présence ou leurs vestiges l'histoire de notre civilisation d'avant la chrétienté jusqu'à nos jours. Cela explique aussi l'attachement de ses habitants aux traditions et à la culture provençale. Mais  la médaille a son revers. A l'heure du tout économique, de la mondialisation, la tradition sur les bords du Rhône est aussi devenue un objet de consomation comme les autres pour touristes avides d'exotisme régional. La tradition revue et corrigée par les règles et le règne tout-puissant de cette autre majesté qu'est le Roi Marketing risque de perdre son âme et se noyer dans le monde des affaires. Arles, la Camargue et tous cellles et ceux pour qui la culture n'est pas qu'une marchandise ont bien besoin d'une Reine pour résister à la sauvegarde de leur identité. Alors oui les santonniers amateurs, les créchistes non professionnels et les santonniers artisans, Dieu merci il y en a encore et de grand talent, ont leur place dans ce salon, dans cette ville, dans ce pays d'Arles où un poignée de gens, des bénévoles, s'emploient à valoriser et défendre le santon en ne le traitant pas comme une marchandise ordinaire mais avant tout comme un précieux objet d'art et de culture, qui certes a un prix et s'inscrit dans un cadre économique, mais qui n'en finit pas aussi de réveiller notre regard d'enfant, de faire briller dans nos yeux cette lumière d'admiration, cette flamme chaleureuse qui vient réchauffer la tristesse hivernale de la dureté des temps actuels.  Pour tout cela, merci Majesté, merci M. le Président.


Voici pour commencer les photos de l'inauguration du salon

( cliquer sur l'image pour lancer le diaporama). Fichier hébergé par Archive-Host.com

A suivre...

 

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Rédigé par Daniel

Publié dans #Arles: Salon International des Santonniers

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Knoum 25/11/2008 20:21

Je crois que les informations ne filtrent pas vers le grand public par "précaution commerciale". Le milieu santonnier, lui, est bien informé et très au courant de ces pratiques.

Daniel 02/12/2008 11:08


Oui, je pense à cet atelier de santonnier aux dimensions plus que modestes mais à la production intense, que l'on peut visiter comme un musée mais dont on se demande comment tant de
santons peuvent sortir de ce seul atelier !


Knoum 23/11/2008 20:44

Un double merci à toi Daniel. Merci d'abord d'évoquer la beauté des santons magnifiée en Arles chaque année.Merci aussi de dénoncer les dérives mercantiles. Le client est peut-être content qu'on se demande quel santon lui plairait, mais s'il savait que la pièce qu'on lui vend comme artisanale et 100% Provence, est en fait moulée de l'autre côté de la Méditerranée et peinte par des sous-traitants qu'on paye au lance-pierre, il se poserait peut-être des questions. Ainsi je crois que le santon, comme toute oeuvre artisanale, a un coût, et que la recherche du meilleur prix ou de la promotion n'est pas pour faire honneur au santon.

Daniel 24/11/2008 21:44


oui Knoum, mais on manque d'informations précises sur la question, on ne sait pas exactement comment les choses se passent. Ce qui est sûr c'est que pour certains fabriquants, le santon est plus
devenu avant tout une marchandise commerciale.