Les gitans, sainte Sarah, les saintes Maries de la Mer

Publié le 25 Mai 2006

Le 25 mai, les gitans comme chaque année viennent aux Saintes Maries de la Mer fêter Sainte Sarah et les saintes Marie Jacobé et Salomé. Après Lunel, quand je prends tous les jours pour aller au bureau la route de la mer, il n'est pas rare que je croise des caravanes qui vont vers les Saintes en empruntant l'itinéraire qui longe Aigues Mortes, passe par Sylvereal, traverse le petit Rhône, pour rejoindre en Camargue l'axe principal venant d'Arles. Ce qui fait que cette terre perdue au bout du monde entre la mer et le Vaccarés, entourée de digues, malgré son étrangeté est en fait proche de nous, je veux dire, de notre horizon.

Longtemps j'ai vu, abandonnée sur la cuve de la remise une grande gravure encadrée de noir représentant les scènes du débarquement des Saintes sur la côte. Ma grand'mère me racontait l'histoire du pélerinage des gitans qui portaient en procession Sarah, leur Sainte patronne noire, de l'église jusqu'à la mer en n'hésitant pas à se mouiller pieds, jambes, chaussures et vêtements pour accompagner  le plus loin possible en mer les porteurs tenant sur leurs épaules le brancard de la statue vénérée. J'ai assisté il y de cela très longtemps au début des années 70 à la cérémonie de descente de la châsse contenant les cendres des saintes, j'ai vu se tendre les mains des gitans assemblés en foule tout autour pour essayer de toucher les reliques ou avoir l'honneur de les porter en procession. Les gitans font partie de la culture camarguaise et de nombreuses familles sillonnent la région ou campent dans des caravanes à l'entrée des villes dans des conditions souvent difficiles car rares sont les municipalités qui aménagent des aires équipées pour leur accueil.

les gitans sont présents dans la crèche, en couple, l'homme un poignard à la main, un foulard rouge autour du cou avec une grande cape, la femme avec un bébé dans les bras ou sur son dos avec un tambourin dans la main, parfois accompagnés d'un singe ou d'un ours. Parfois le campement est représenté avec au centre le feu surmonté d'une marmite où cuit la soupe. Tout autour, la roulotte, le cheval, le rampailleur de chaises, le joueur de guitare, un couple dansant le flamenco. Paul Fouque a réalisé une très belle scène de personnages autour de la roulotte en marche.

Dans la pastorale le gitan a mauvaise réputation, considéré comme voleur de poule, soupçonné d'enlever les enfants, toujours prêt à se servir de son poignard pour faire quelque mauvais coup. Pourtant comme tous les autres santons, il va vers la crèche apporter son offrande au nouveau né. Moi j'aime bien les gitans, leur fierté, leur attachement ancestral à la liberté, à leurs traditions, à leur culture. J'aurai l'occasion d'y revenir et de vous raconter pourquoi je me sens proche d'eux.

couple de gitans de Paul Fouque ( santons de 13 cm)

Rédigé par Daniel

Publié dans #crèches et santons

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