Les gitans aux Saintes Maries de la Mer
Publié le 27 Mai 2006
Le journal Midi libre évoque dans un article hier le pélerinage des Saintes Maries de la Mer où il y a comme d'habitude dix fois fois plus de touristes que de gitans, malgré une baisse de la fréquentation expliquée en partie par le succès des pasteurs pentecôtistes protestants. Reste que, ce que ne dit pas le journal, les gitans ne sont autorisés à stationner sur le territoire communal que le temps du pélerinage afin de ne pas affoler commerçants et habitants qui redoutent les débordements éventuels de la manifestation. Il est loin le temps où les caravanes s'installaient aux Saintes au moins pour la semaine. Leur présence est plus tolérée qu'autorisée. En fait les tsiganes sont rarement accueillis les bras ouverts et ceux qui ne se sédentarisent pas ont du mal à se sentir chez eux quelque part, et pas plus aux Saintes qu'ailleurs.
Il n'y a guère que dans les crèches où ils sont encore bienvenus comme dans cette scène exposée au dernier salon des santonniers d'Arles où une roulotte et son campement sont installés devant l'église des Saintes. Mais en réalité les tsiganes font partie des minorités que l'on montre du doigt, victimes de préjugés. J'ai bien peur que les honneurs que la crèche leur fait ne suffisent pas à leur accorder la reconnaissance sociale qu'ils méritent, d'autant que même dans les pastorales qui racontent l'histoire de la crèche à la mode provençale, le gitan apparaît souvent avec un poignard à la ceinture, sinon à la main, prêt à se battre ou à faire je ne sais quel mauvais coup. Voilà des préjugés de mauvaise réputation qui ont la vie dure.