Entre pluie et soleil au Grau pour Mathis et Camarina
Publié le 23 Avril 2009
Les Chauvet et les Lautier au Grau Du Roi
dimanche 19 avril 2009
Le matin , du côté de Lunel, comme annoncé par la météo, le ciel est couvert, d'un gris virant au noir. Puis vers midi le soleil est bien là, ce soleil de printemps qui illumine nos jardins. Alors ni une ni deux, tant pis pour le jardin, les mauvaises herbes attendront, je file vite au Grau où les Chauvet et les Lautier se partagent une royale, un plateau de 8 taureaux, dont Mathis et Camarina, statufié de son vivant, qui commence sa tournée d'adieux, de despedida comme le disent les gens de bouvine, les afeciouna. Sauf que là c'est le début de toute une tournée de despedidas que Maryse Chauvet a décidé d'organiser pour son triple Biou d'Or un peu partout dans les arènes où il a fait carrière, comme à Sommières, Châteaurenard, Vauvert, sauf à Lunel qui sera la seule grande arène, une des plus difficiles, à ne pas l'avoir accueilli pendant sa carrière pour des raisons demeurées obscures ...
Au Grau pour être bien placé il faut arriver une bonne heure avant la course. Dimanche à ce moment-là il tombait sur les gradins un cagnard comme en été. Tout avait bien commencé avec, comme le directeur des arènes du Grau sait si bien le faire, une petite roussataïo en ouverture. Voir chevaux en liberté, juments et poulains faire comme une haie d'honneur aux raseteurs lors de la capelado, voilà qui donne une image toute simple mais bien authentique de nos traditions.
Il faudra cependant attendre le 5ème taureau, Courlis de Chauvet, pour passer aux choses sérieuses. Jusque-là la course se passait certes bien mais l'ensemble manquait d'éclat.
Puis arrive Mathis de Lautier et avec lui tout s'anime encore davantage et le spectacle prend une autre dimension avec de belles poursuites aux planches. Voilà un taureau intelligent qui a le sens du placement et ne refuse pas le raset. Vaillant il résiste et défend ses attributs, il rentrera une ficelle, la première enlevée par Jourdan.
Puis un 7ème encore qui ne déçoit pas même si tout le monde avant la vedette, d'autant plus que le ciel devient de plus en plus menaçant, que des gouttes tombent sur fond d'aclairs au loin. Mais le président le dit avec assurance, non, il ne pleuvra pas. La cérémonie d'hommage à Maryse Chauvet prévue avant la sortie de Camarina est écourtée et le public s'impatiente vraiment à écouter le long palmarès des victoires remportées par la vedette du jour. Enfin Camarina sort et tous les yeux sont braqués sur lui, interrogateurs, va t'il ou non malgré ses 15 ans tenir encore son rang ? La réponse ne tarde pas, le taureau n'a rien perdu de sa fougue ni de son savoir-faire. Les rasets s'enchaînent et le spectacle est sublime même si Poujol ne renouvelle pas son exploit d'octobre dernier à Nîmes, et Allouani un raset aussi célèbre que celui devant Rodin lors de la même finale. Mais il était difficile de faire mieux dans un laps de temps bien plus court. Camarina blessé aux planches saigne. Il rentre et fait ses adieux au Grau sous les ovations. A ce moment précis, le ciel obscurci vire soudain au noir et ce sont des larmes de pluie qui d'un coup dévalent sur les arènes comme un déluge, ultime salut des dieux de la bouvine. J'arriverai chez moi trempe comme une soupe !
Camarina à sa sortie (en 8ème) au Grau:






Camarina, l'adieu aux arènes du Grau.

Carlos de Lautier, sorti 4ème, la mal aimé de la course qui ne répond que si on sait s'y prendre comme il faut pour le raseter en allant sur son terrain :



Mathis de Lautier, prestation très attendue, le voici dans un grand jour, sorti 6ème. La relève semble assurée:

Allouani se prépare pour un raset long depuis un départ aux planches:

Le raset est joli mais le final aux planches ne sera pas spectaculaire

Autre raset plus abouti aux planches




rey s'élance dans un beau raset qui va lui infliger une belle déchirure, mais au pantalon seulement !


Mathis, fier taureau de
camargue, altier et noble,