Publié le 26 Juin 2006

Voilà, enfin ça y est, après un W.E. passé à faire des changements sur le CSS, la feuille de style du modèle de blog choisi, j'ai enfin réussi après galères et colères à obtenir le look que je voulais pour mon blog. Enfin presque, j'arrive pas à modifier la couleur des titres. Alors vos remarques et suggestions sont les bienvenues.

Pour rester dans l'ambiance de ces derniers jours, voici une photo d'un champ de blé et d'une vigne dans la campagne proche de mon village avant la moisson. Depuis vendredi elle bat son plein, les blés sont fauchés, les champs sont comme vidés et semblent nus. Déjà la lumière de cette fin juin n'a plus tout à fait la même intensité même si la chaleur est plus forte.

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #le village au fil des jours

Repost0

Publié le 25 Juin 2006

Sylvie de Marans crée des moutons, béliers, chèvres magnifiques en s'attachant à reproduire les motifs de décoration accrochés aux cous ou aux cornes des bêtes lors des fêtes de bergers ou de la transhumance. Chaque mouton est traité comme une pièce unique avec un mouvement, une attitude et une couleur qui le différencie. Les socles sont fins et tiennent peu de place ce qui permet de composer comme on veut des troupeaux et des transhumances. En plus en utilisant des couleurs autres que le blanc pur, ses moutons ressemblent effectivement à de vrais moutons.
Quand on voit un vrai troupeau dans la nature, à part les jeunes agneaux, les moutons sont rarement blancs comme neige. Pourtant la plupart des santonniers n'hésitent pas à les faire tout blancs. Paul Fouque faisait de très beaux moutons pour les tailles de 13cm avec des têtes attendrissantes, la laine en relief et les différents tons de couleur. Ceux de Carbonnel, de Canut sont aussi bien travaillés, mais l'immense majorité des autres santonniers fait un peu n'importe quoi.
Voir dans le module adhoc le lien pour visiter son site.

Voici une scène faite uniquement avec des santons de sa fabrication.

Et un gros plan sur son berger portant des agneaux.

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #Bergers et troupeaux

Repost0

Publié le 24 Juin 2006

Nous voilà en été depuis 3 jours. Au moment du solstice les troupeaux sont déjà en transhumance. Jean Giono dans "le serpent d'étoiles" raconte le rendez-vous imaginaire des bergers la nuit de la Saint Jean qui se réunissent pour une grande fête et allument des feux qui viennent illuminer la nuit des hauts plateaux de Provence. C'est la nuit de la St Jean, nuit  où les bergers deviennent poétes pour dire et transmettre les secrets de leur savoir des choses de la terre, du ciel et des étoiles.

Voici un berger lanterne d'Isoline Fontanille, de petite taille, 8 cm je crois, il était dans ma crèche, mais il mérite bien sa place à lui tout seul dans ma galerie de santons préférés.
Avec sa lanterne, il apporte un peu de la lumière du monde, de cette nature dont il connaît le langage secret mieux que quiconque.

J'aime la sobriété des couleurs et la simplicité de la forme qui laisse l'argile comme s'exprimer toute seule. L'artiste laisse courir ses doigts avec la même humilité que certains pianistes devant leur clavier savent donner vie aux grandes pages de la musique sans rien ajouter d'autre que leur immense talent.
Rien d'autre à dire de plus sinon admirer.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #Bergers et troupeaux

Repost0

Publié le 24 Juin 2006

Grrr... Quand on est simple utilisateur d'internet et de l'informatique en général sans formation spécifique, pas évident de progresser dans la jungle technologique.

J'ai voulu changer le look de mon blog, j'ai opté pour un modèle de base proposé par Over Blog. Bien. Facile d'installer une autre forme de présentation en un seul clic. Mais vouloir modifier certaines fonctions du modèle choisi comme installer un fond coloré différent relève d'une incroyable aventure.

Il faut pour cela modifier son CSS, c'est à dire grosso modo le descriptif des manettes qui pilotent le devenir de l'aspect du modèle de blog. Des bloggeurs confirmés nageant dans l'informatique avec plus de savoir faire que les poissons dans l'eau ont la gentillesse de proposer leur aide dans des articles de la FAQ (foire aux questions). Mais le pb c'est que pour faire une description pas à pas de la démarche à accomplir il faut préciser tellement de choses que forcément certains détails de procédure ne sont pas précisés ce qui bien sûr se traduit par un échec quand on passe à la prtique. Alors on vous dit mais il fallait faire avant ceci ou cela puis encore cela, tout le monde y va de son conseil et on sait plus comment faire.

Facile me direz-vou de critiquer tous ceux et celles qui se dévouent pour la bonne cause, mais bon je comprends pas qu'on puisse pas finir par dénicher des descriptions simples et détaillées des marches à suivre. Les bénévoles qui proposent leur aide ont du mal à se mettre à la place de quelqu'un qui débute et qui a besoin d'explications trés détaillées présentées en langage simple. Savoir c'est bien, faire savoir c'est bien, mais savoir faire savoir c'est encore mieux !

Tout ceci pour dire que le fond coloré que je voudrais mettre pour mieux valoriser mes photos et articles je ne suis pas près de l'installer. J'ai galéré pendant deux jours, passé mon temps à lire quantité de messages et articles perdus ici et là, rien que pour y accéder c'est déjà galère et en plus, peine perdue, pas possible de trouver la clé aux problèmes encontrés. En fait selon le design choisi parmi les modèles proposés par O.B. je peux mettre le fond coloré là où je le veux mais patatras ça colore aussi le fond du module de la rubrique rechercher et abonnement à la newsetter qui deviennent inutilisables, et allez zou nouvelle galère...

Alors si quelqu'un connaît un site ou un blog ou autre expliquant en détail et de façon compréhensible comment modifier le CSS d'Over Blog il est le ou la bienvenu(e). Merci d'avance !

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #la vie du blog vue de ma lorgnette

Repost0

Publié le 23 Juin 2006

En fait la vraie Margarido est en principe représentée juchée sur son âne qui trotine comme je l'ai déjà montrée. C'est celle que je mets dans ma crèche qui est de Carbonnel.

C'est dans la pastorale de maurel qu 'elle est ainsi définie : "elle va sur son âne, habillée confortablement d'un jupon de drap,d'un grand châle de laine; elle porte une pompe à l'huile et un panier dans lequel, sous un torchon blanc, elle a déposé ses oreillettes, qu'elle cache par avarice..." Dès lors tous les personnages féminins vêtus de la sorte portant paniers et pompes sont appelés Margarido. Il n'ya pas vraiment de règle et chaque santonnier donne à ses santonsle nom qui lui plait.

Alors voici une de ces braves femmes qui évoquent plus ou moins Margarido et aussi la Virginie de Garlaban de Thérèse Neveu. Pour moi ce sont ses cousines. Braves, généreuses, avec la langue bien pendue, ce sont en général d'excellentes cuisinières. Elles emportent dans leur panier des nourritures dont elles ont sinon le secret du moins l'art de les réussir parfaitement. Rien qu'à voir ce santon de Marius Chave mais non signé, on sent ces odeurs de cuisine qui réveillent notre faim.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #crèches et santons

Repost0

Publié le 20 Juin 2006

Elle aussi  porte un panier sous un bras et tient une pompe dans son autre main. Elle n'a pas de chapeau sur sa coiffe, elle pourrait s'appeler Margarido, mais une Margarido jeune, son visage n'est pas celui d'une vieille même s'il s'agit d'un vieux santon, très vieux même, non signé, comme c'était le cas avant les années 1920. Il est léger car très mince, bien creux à l'intérieur, avec à peine une couche fine d'argile. Le moule qui a servi à le faire était usé, les traits du visage sont comme flous, ils se sont estompés peu à peu. Les couleurs sont patinés à souhait, leur matière est lisse, les doigts glissent dessus comme une caresse. Dessous l'argile est restée vivante. Femme de la campagne, elle fait partie des santons qui vont offrir ce qu'on appelle aujourd'hui les produits de la ferme ou du terroir. En bonne maîtresse de maison, avant de partir pour la crèche elle a rempli son panier en puisant dans les provisions qui garnissent les placards de l'arrière cuisine. Charcuterie, confitures, fromages, oeufs, figues sèches et pâte de coing. Difficile de savoir, ici un torchon étalé sur le panier protège les victuailles.

 A la campagne il y a toujours à manger à la maison sans aller courir à l'épicerie. Au village notre mère n'était jamais prise au dépourvu, elle avait un malin plaisir à improviser tout un repas de fête pour des visiteurs de passage qu'on n'attendait pas mais qu'on gardait à table pour le repas. Les paysans se privaient de tout sauf de bien boire et bien manger. A la maison il y avait  toujours quelque chose de prêt à l'avance pour le cas où, comme cette pompe, un genre de fougasse d'Aigues-Mortes comme on l'appelle chez nous.

 Nombreux sont les santons qui comme Margarido s'en vont d'un pas joyeux vers la crèche en emportant de la nourriture pleins les bras. On les appelle des offrants, sauf André François qui dans son livre "Santouns" préfère le vocable gentiment désuet de donatrice ou donateur. Normalement dans un crèche à part les figures de la sainte famille, les personnages bibliques, tous les autres sont soit des offrants, soit des orants qui prient à genoux ou s'émerveillent debout les bras en l'air comme le ravi. Par extension on suppose que les autres santons qui ont un métier et sont représentés occupés à leurs affaires ou à leur travail comme le forgeron, le laboureur ou le vannier iront plus tard offrir quelque chose qu'ils ont fait eux même.

 Dans une crèche il faut faire en sorte que chaque santon, chaque scène ait un lien, un rapport avec l'évènement qui est sa raison d'être : la naissance de l'enfant Jésus. Ce n'est pas forcément avant tout une histoire de religion, on peut croire ou pas, mais la crèche c'est la crèche, c'est une très vieille histoire que l'on met en scène en respectant ses origines et les traditions qui l'entourent. Une crèche c'est bien autre chose qu'une scène de nativité posée au fond d'un village provençal avec ses figures et ses métiers. Une crèche doit avoir un sens, celui que l’évènement de la nativité vient apporter à ce village provençal qu’elle investit. Comme les santons la crèche que l’on fait chez soi est un peu comme une œuvre d’art, et j’en connais de très belles qui ont leur place dans les musées. Mais pas ces soi-disant villages provençaux, ces évocations d’une Provence à paillettes, véritables usines à touristes pressés, installées dans des hangars avec grand parking devant. J’arrête là car j’angoisse, on se croirait dans des supermarchés du santon.

 santon ancien, non signé.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #crèches et santons

Repost0

Publié le 19 Juin 2006

Cela faisait longtemps que je rêvais d'avoir un santon signé Thérèse Neveu, la célèbre santonnière d'Aubagne. Il y a maintenant deux ans de cela en fouillant sur l'internet j'ai fini par en trouver un, assez grand, de 25 cm représentant un de ces personnages familiers d'Aubagne qui ont fait la gloire de la santonnière. Marchant d'un bon pas avec son large chapeau noir à bords plats, sa coiffe, son panier et sa canne, c'est Margarido ou Virginie de Garlaban dont parle dans leurs livres Arnaud d'Agnel, Marie Mauron et tous les autres auteurs d'histoire des santons. Le visage de mon aubaganaise est fin avec des traits doux, pas de rides. Rien à voir avec le visage buriné que Paul Fouque a réservé à son modèle présenté ici hier. Pourtant, à les regarder de près ils ont un peu la même allure. Tous les deux sont en marche même si le mouvement est plus visible chez Fouque, davantage suggéré chez Neveu. Et même si le tablier est chez Neveu dans les tons de jaune, il n'est pas criard et les motifs des vêtements ne sont pas fleuris comme des reposoirs. Les couleurs restent discrètes et plutôt sombres comme celles des habits d'avant.

J'aime ces santons simples mais bien faits sans excès de détails qui évoquent avec réalisme un épisode concret de leur vie. Quand ils sont trop jolis avec des finitions au moindre détail près ce ne sont plus que des magnifiques sculptures à exposer en vitrines. Une beauté avec quelque chose d'irréel, coupé du concret de la vie ordinaire des jours banals. La beauté du santon c'est la vérité du personnage dans sa simplicité.  C'est dans le décor de la crèche qu'il a sa palce naturelle, que son mouvement, son allure prennent un sens et qu'il devient beau car il raconte une histoire. Voilà, un santon est beau quand il livre un peu de son histoire, quand rien qu'à le voir il raconte un peu sa vie.

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #crèches et santons

Repost0

Publié le 18 Juin 2006

Vous avez dû vous en rendre compte, depuis que je fais des photos avec un appareil reflex numérique, leur qualité sans être géniale s'est franchement améliorée. En utilisant la position réglage automatique, il faudrait être plus que nul pour louper ses clichés. Sur une table du jardin ou de la terrasse je me suis bricolé un studio mobile de plein air. Deux vieilles tuiles romaines envahies par les mousses et le lichen et deux parefeuilles sentant bon la terre cuite servent de décor quand ce n'est pas une nappe blanche usagée. J'ai ajouté depuis peu sur le côté un miroir cassé incliné pour renvoyer de la lumière et enlever l'ombre sur le visage, surtout celle des chapeaux. Je fais défiler mes santons sur cet assemblage et hop les voilà qui posent pour une série de photos. Mes santons deviennent de vrais stars en attendant l'hiver et la crèche.

Les voir en gros plan, souvent bien plus grands que nature, ça les rend plus attachants, j'ai l'impression de les redécouvrir, d'entrer un peu dans leur intimité, je les sens qui me parlent presque, je les sens vivre comme s'ils venaient juste de sortir des mains du santonnier. C'est en voyant les photos de ma crèche faites par Yves que j'ai compris que je pouvais par de telles images pénétrer un peu plus dans leur monde secret et m'initier peu à peu à ce qui les rend si vivants et si vrais, comprendre l'importance de tout ce qui se cache sous cette couche d'argile peinte

A tout seigneur, tout honneur, voici la star du jour, ma dernière acquisition dénichée grâce à l'internet, signée Paul Fouque, un santon de 20 cm représentant une femme de la campagne allant d'un pas décidé offrir à la nouvelle accouchée une poule vivante. En général la poule est portée pendue par les pattes serrées dans une main, ce qui laisse supposer que la bête a été tuée avant et servira pour faire du bouillon destiné à remettre d'applomb la jeune mère. Ici la poule est bien vivante dans un panier passé autour de son bras. Dans son autre main elle tient un parapluie rouge. Elle est habillée d'une coiffe mais ne porte pas de chapeau comme le santon de Thérèse Neveu, Marie de Garlaban, à laquelle elle ressemble. A noter les couleurs sobres des vêtements conformes au goût de l'époque. On est à mille lieues de certains santons d'aujourd'hui barbouillés de couleurs pétardes comme des quatorze juillet et plus fleuris qu'un jardin entier ne saurait en contenir, bref des santons qui n'ont pour moi de provençaux que le nom.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #crèches et santons

Repost0

Publié le 17 Juin 2006

Gros plan sur ce santon de Jouve particulèrement évocateur. Elle est belle cette olivarelle, souriante, toute affairée à son travail avec ses paniers pleins d'olives à ras bord. Son visage est fin, son port élégant dans ses habits simples qu'elle porte bien . Visiblement ce n'est pas une femme des champs. C'est une femme de maison, plus habituée à travailler chez elle qu'aux champs. Elle est venue donner la main. Au village les femmes ne participaient qu'à la vendange pour aider à rentrer la récolte au plus vite avant les pluies. Le reste du temps seuls les hommes allaient aux champs. Un jour, le maire d'alors, voyant notre mère dans les vignes lui dit ce proverbe en patois de chez nous : "quand les femmes du capélan vont aux champs, méchante année".

Voici une autre scène de ramassage des olives telle qu'elle figurait je crois pour Noël dernier dans la crèche d'Alysiane et qu'elle a bien voulu m'envoyer. Les branches de thym font des troncs d'oliviers bien charnus et marqués par les rides des ans. les olives noires sont faites si je me souviens biens avec des petites perles fines ovales. Un sens du détail qui donne encore plus de vie aux santons ( d'Escoffier il me semble) absorbés par leur travail.

photo Alysiane.

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #crèches et santons

Repost0

Publié le 16 Juin 2006

Je ne sais pas si on cueille les olives ou si on les récolte. Chez nous on les ramassait, tout comme pour les cerises et la vendange. On ne connaissait pas le verbe oliver qui s'utilise pas loin d'ici, ni les mots oliveurs, oliveuses, comme expliqué ici sur ce site.

La table de la cuisine servait à tout. Pour cuisiner d'abord, pour manger ensuite. Sauf qu'on ne mangeait pas, on passait à table. Elle servait tout aussi bien de bureau que de planche à repasser ou de plan à couture sur lequel venaient s'étaler les patrons découpés dans le "Mode et Tricots" d'alors pour servir de modèle aux robes que la couturière du village surchargée de travail n'avait pas le temps de faire. En fait c'était la solution la plus économe et notre grand'mère s'installait tous les après-midis devant sa machine à coudre.

La table de la cuisine était à elle seule toute une institution. Tellement sollicitée qu'elle ne pouvait pas servir à tout. Difficile de trouver un espace libre le soir pour étaler livres et cahiers sans courir le risque des taches de graisse et de la punitiion inévitable qui s'en suivrait le lendemain quand l'instituteur exhiberait à la vue de tous les preuves de la salissure infligée au digne défenseur de  l'école laïque. Mes frères et soeur avaient le privilège defaire leurs devoirs d'écoliers sur des petits bureaux rabattables installés à grands frais frâce à la volonté tenace de notre mère contre un mur de la cuisine avec un beau rayonnage dessus pour ranger leurs affaires. Mais il n'y avait que trois planches de travail à partager pour quatre. Nous étions cinq enfants, mais mon frère aîné n'allait plus à l'école. Etant le pequelet,  je dûs renoncer à avoir mon casier. Mes larmes et mon désarroi étaient tels que notre grand'mère qui vivait à l'étage au-dessus m'ouvrit le battant de la table ronde de sa petite cuisine pour venir y faire mes devoirs. C'était un privilège car sa table servait plus à la couture et au repassage qu'à la cuisine. Elle avait un vieux fer électrique qui fonctionnait par miracle en faisant courir de grands risques à l'installation électrique au combien sommaire de la maison. Avec ce petit fer  à la poignée de bois elle faisait par contre de vrais miracles. Sous ses doigts de fée le linge perdait le moindre des ses plis. Elle amidonnait les chemises blanches et preuve suprême de son art, ma marraine, sacristine en chef de l'église lui confiait la veille des grandes fêtes les plus belles nappes de l'église pour leur rendre tout leur éclat. Enfant de choeur, je pouvais admirer avec fierté le trésultat de ses soins le dimanche à la messe. Elle tricotait des pulls pour toute la maison y compris ces grosses chaussettes de laine qui grattaient la peau et boudinaient sur les chevilles. Mais elle avait un secret. Un soir d'hiver, après m'avoir fait réciter je ne sais plus quelle leçon elle me confia non sans regret ni nostalgie dans sa voix que Mademoiselle Cusset, son institutrice aurait voulu la pousser à faire des études pour devenir comme elle. Notre grand'mère avait envie d'étudier puis d'enseigner, mais pour ses parents la question ne se posait même pas. Impensable pour une femme de travailler hors du foyer. Ce soir là j'ai lu de la peine dans ses yeux qui ne pleuraient jamais. Alors elle se rattrappait un peu en mettant tout son coeur à m'aider pour faire mes devoirs et à apprendre mes leçons, avec chaque soir une nouvelle strophe d'une poésie et non d'un poème, mot qui devait désigner dans notre imaginaire de grandes oeuvres poétiques étrangères à notre monde. C'est à ma grand'mère que je dois l'envie de lire et de savoir qui ne m'a jamais quittée depuis.

La table de la cuisine d'en bas, c'est ainsi qu'on l'appelait, était recouverte d'une toile cirée fatiguée qu'on ne changeait pas souvent car telle un oeuvre d'art, elle était solidement encadrée par des baguettes afin de l'empêcher de bouger quand on passait l'éponge dessus pour la nettoyer. Donc, à l'époque du ramassage des olives, le soir après le repas pris en famille, une fois la table débarrassée, notre père clouait deux planchettes de chaque côté de la table sur sa longueur, par-dessus les baguettes qui retenaient la toile cirée. Il pouvait alors vider sur la table un sac d'olives qui s'étalaient sans tomber, car retenues par les planchettes. Alors le tri pouvait commencer. J'aimais faire glisser ensuite les olives dans le sac disposé en tête de la table. La table prenait alors la dimension d'une véritable machine à trier les olives qui m'émerveillait. Cette table avait des pouvoirs magnifiques que révélait le génie bricoleur de notre père. Du coup j'avais encore plus de respect pour les déchirures et les traces d'usure que de nombreux passages d'olives avaient infligé à la toile cirée.

J'ai fait cette photo de mes ramasseurs d'olive avec au centre les 3 santons de Roger Jouve. Celuis d e la femme aux deux paniers est  particulièrement magnifique.
Celui de droite, à genoux au fond est d'Escoffier.
Celui de derrière la femme est de Richard à Aix, il a un très beau visage.

Voir les commentaires

Rédigé par Daniel

Publié dans #crèches et santons

Repost0