Edmond Prados santonnier à Pertuis
Publié le 21 Janvier 2010
Edmond Prados, vrai santonnier de Provence.
Il y avait longtemps que je voulais retourner à Pertuis.
Ma découverte de Pertuis, cela remonte à il y a bien 30 ans je crois.
J'étais alors allé à Aix, comme d'habitude, à l'atelier de Paul Fouque, voir sur place, sur ses étagères les santons de 13cm exposés à la vente afin de compléter ma collection. En ville, dans la vitrine d'un commerce, j'avais vu une affiche signalant une expo-vente de santons à Pertuis. Deux santonniers à l'affiche: Anaïs et Edmond Prados.
Prados, je connaissais ses santons pour les avoir découvert au salon de Garons au début des années 80. C'était alors la manifestation la plus connue chez nous. C'est là que j'ai acheté mes premiers Prados ainsi que mes premiers Paul Fouque d'ailleurs. Les 13 cm valaient alors 80 f. si me souviens bien. J'aurais dû en acheter bien plus car les prix n'allaient pas tarder à augmenter bien plus vite que le contenu de ma bourse!
Anaïs, quand je l'ai rencontrée, je ne savais pas encore qu'elle était en fait Christiane Devouassoux, la fille de julien. Je découvrais à traver ses créations ce style propre à celui de la dynastie fondée par Rodolphe créateur de la plupart des originaux et donc des moules mères.
C'est donc lors de cette expo que des liens se sont créés avec M. Prados. Mais, après la Noël de 1994 j'ai du en raisons de graves difficultés professionnelles limiter mes visites chez les santonniers et par la même mes achats. J'ai quand même continué à fréquenter foires et salons mais je ne voyais plus les santons Prados nulle part. Sur les stands, personne ne pouvait me donner de ses nouvelles. Disparu dans la nature? Passant par Pertuis l'autre jour, au prétexte d'aller à Grambois voir la fameuse crèche de M. Graille, le hasard m'a conduit dans les rues du vieux Pertuis où une plaque de rue a soudain retenu mon attention : rue d'Astouin. Je me dis c'est là, j'interroge un passant qui me confirme et me conduit jusqu'à la maison de M. Prados où rien n' a changé sauf que l'atelier est fermé, car j'apprends peu après de sa bouche même qu'il a pris sa retraite, cessé son activité et vendu son matériel. Heureusement il a gardé de beaux souvenirs, une crèche dans un moulin, une grande transhumance qui aurait pu lui valoir un titre et divers grands santons particulièrement significatifs de son art.
Il est des jours où le hasard fait bien les choses. Tout à la joie d'avoir retrouvé un santonnier de grand talent, je fais photos sur photos, puis nous allons avec lui à Grambois voir la crèche de M. Graille. Mais suite à un clic malheureux, je perds toutes les photos enregistrées sur la carte mémoire de mon numérique. De retour chez lui et après une autre étape à Astouins chez son ami Daniel Galli, je fais d'autres photos, mais pressé par le temps, la nuit, le froid et le chemin du retour, elles sont moins nombreuses et trop vite faites. Les voici quand même, en hommage à Edmond Prados qui fait partie pour moi des vrais grands santonniers. Je n'ai jamais retrouvé, sauf chez robert canut, des maisons et villages en argile aussi bien faites et décorées dans un pur style provençal. E. Prados réalise toujours des structures de crèches en liège et argile avec le même souci du travail bien fait et à des prix très abordables ce qui ne gache rien.