Le berger et le brigand.
Publié le 16 Avril 2006
Le métier de berger n'est pas un métier comme les autres. Il est perçu dans notre imaginaire comme un personnage particulier, hors du commun, avec sa part de mystère. Il connaît le chemin, la route qui conduit vers les bons paturâges. Il surveille et protège son troupeau, il vit au rythme des saisons, de la nature. Il a le temps de réfléchir, méditer, d'apprendre des choses sur la vie, le bonheur,la mort, toutes choses que les gens pressés par leurs occupations ne sauront jamais. Il serait un peu sorcier que ça n'étonnerait personne. On suppose qu'il peut soigner quantité de maux avec des plantes sauvages aux vertus connues des seuls initiés.
Pourtant il est comme tout un chacun fait de chair et de sang et Jean Giono dans ses romans ne l'épargne pas toujours. Il lui fait vivre parfois des situations et incarner des personnages qui n'ont rien d'idyllique (comme dans l'iris de suse que je viens de lire). Et quand bien même il serait ce brigand des grands chemins qui a croupi en prison avant de rencontrer sur sa route le troupeau et devenir berger, cela n'empêche pas le charme de jouer. Etre berger, c'est marcher, longtemps, toujours avec la lourde responsabilité de conduire un troupeau. Cela oblige à beaucoup d'attention aux choses, et la moindre erreur ne pardonne pas. C'est vivre à chaque instant l'heure de vérité, celle où le brigand oubliant ce qu'il était, laisse place peu à peu à ce qu'il y a de meilleur en lui-même, car il y a toujours quelque chose de meilleur à révéler dans un individu, même chez la plus sordide des canailles.
J'aime ce berger (de l'atelier Rampal de Marseille) car il a le regard de celui sait ou il va, il marche d'un pas décidé. Sa vie a un sens, il ne se perd pas dans la nature au sein de laquelle il sait trouver sa place au lieu de chercher en vain à la dominer comme la plupart des gens aux quatre coins du monde.
