La route de la Petite Camargue, de Lunel à la mer.

Publié le 13 Juin 2007

Chaque jour de la semaine, pour aller au bureau, je  passe par la route qui va de Sommières à Lunel.  Ca me permet de traverser  le pays des pescalunes sans avoir à emprunter les rues du centre ville. Ainsi je débouche directement sur la route de la mer, dite de la Petite Camargue, qui longe Marsillargues d'un côyé puis le canal de Lunel de l'autre, avec les marais, les vastes terres cultivées ou réservées au paturage des taureaux. Si on n'est pas officiellement en Camargue on en n'est pas bien loin et ceux des passants qui connaissent mal la géographie locale ne font aucune différence. Certes oui, ce paysage n'a plus rien à voir avec celui de nos garrigues familières. Pourtant, en fond de décor, la ligne d'horizon se ferme encore sur le Pic St Loup, notre toit du monde à nous qui resurgit toujours au moment où on y pense le moins. Tant qu'on ne le perd pas de vue on peut dire qu'on est encore au pays de chez nous. Je ne résiste pas au plaisir de prendre en photo notre montagne vue du canal et des marais par cette belle matinée de juin à la lumière généreuse qui donne des couleurs comme on ne peut les voir qu'en cette saison. Ici, la vie des choses et des gens s'organise qu'on le veuille ou non autour du Pic St Loup car il est le témoin du moindre de nos gestes et même quand on croit se promener en solitaire, il nous observe et semble deviner nos pensées cachées, savoir tout de notre désir brûlant pour cette terre. Je prends aussi en photo les taureaux. Ils sont assez loin dans le prè, mais quand ils aperçoivent ma silhouette, ils s'approchent vers moi au petit trot. Non pas pour me faire fuir;je crois plutôt qu'ils attendent de moi que je leur apporte de quoi manger. D'ailleurs quand ils se rendent compte que j'ai les mains vides, ils font aussitôt demi-tour. Je reste planté là un bon moment à les regarder. J'en oublie presque le bruit incessant des voitures qui à intervalles irréguliers foncent sur la route dans les deux sens. Je contemple encore longuement le Pic St Loup, tout étonné de le voir semblable à lui-même, inchangé depuis mon enfance. Cet état de permanence des choses qui ne changent pas force mon respect et mon admiration. C'est comme si je le voyais pour la première fois, ou plutôt, si vous préférez, c'est comme sur une scène immense de théâtre : les acteurs et les faits qui se déroulent dessus changent avec le temps, mais le décor au fond reste le même. Il est ce grand témoin silencieux qui voit défiler nos vies à ses pieds.

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Le Pic St loup d'un côté, les taureaux de l'autre.

  

Rédigé par Daniel

Publié dans #lou santonejaire

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L
C'est un plaisir de te lire ami Daniel,  on sent là une grande force d'amour de son pays, de sa terre, et des gens qui y vivent depuis des lustres... . Oui, la richesse de la blogsphère , tient à tous ces témoignages du vécu et du ressenti des humains qui vivent dans des lieux très différents de ce vaste monde. Richesse des traditions qui résultent des qualités spécifiques à ces lieux de vies,si variés et si attrayants .Amitiés Farfadet
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