lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Madame la Maire en personne dirigeait la visite du chantier de rénovation de la cave coopérative du village lors de la journée du patrimoine, dimanche 16 septembre dernier. Non sans éprouver une certaine fierté bien compréhensive. Il y avait de quoi, car, il faut dire au préalable que notre Maire a commencé d'abord par la sauver d'une démolition annoncée. Et il lui a fallu beaucoup de détermination pour convaincre son conseil qui dans un premier temps avait décidé sa suppression pure et simple. Son obstination a permis la sauvegarde de ce qui demeure un des derniers témoignages visible de l'activité viti-vinicole du village.
Ce sauvetage est d'autant plus justifié que, réalisé en 1939, le bâtiment offre une belle illustration du style architectural typique de ces années. La façade est caractéristique de cette époque, mais aussi la charpente intérieure en béton qui soutient tout l'édifice et qui sera habilement conservée dans le cadre du nouvel aménagement conçu pour accueillir une salle polyvalente à vocation culturelle ou conviviale, et aux étages, des locaux adaptés aux diverses activités associatives. Voilà un bel exemple de rénovation qui mérite d'être salué.
Dimanche on pouvait voir encore une dernière fois l'état des lieux du chantier en cours avant les travaux de démolition des cuves qui devaient être entrepris dès le lendemain. Il y avait de la nostalgie dans l'air. Je revoyais le défilé des pastières chargées de raisin, les employés de la cave qui les vidaient dans le fouloir, l'attente des charretiers ou des tractoristes, l'odeur du mou de raisin, le ballet des abeilles attirées par les grappes écrasées. Je revoyais encore une fois avec le paradis perdu de mon enfance, celui des viticulteurs lui aussi disparu. Oui c'était un paradis, malgré la gelée, le mildiou, les milles et un soucis du travail de la vigne et de la terre. La plaine agricole et le village formaient un tout avec un art de vivre harmonieux. On respectait la terre nourricière. C'était le temps où les poubelles n'existaient pas. Rien ne se perdait, tout se recyclait, se récupérait, même les vieux journaux qui servaient à allumer le feu et à plein d'autres choses. Propriétaires ou simples ouvriers, riches ou pauvres, tous vivaient simplement.
La cave coopérative garde en mémoire tout cela même si le vin ne coule plus dans les caniveaux le long des cuves. Les cuves en cours de démolition vont faire place à d'autres activités humaines, qui correspondent aux attentes et aux besoins du village d'aujourd'hui. Les temps ont changé et les gens aussi.
Photos de la visite des lieux.

Madame le Maire dirige la visite.
Les capitelles sont ces abris sommaires, de forme arrondie, faits de pierres assemblées les unes sur les autres. Tout comme le toit en forme de coupole qui fait corps avec la construction. Présentes dans les crèches elles embellissent le paysage en lui conférant une touche pastorale, une dimension humaine, tant elles s'intègrent dans la nature comme si elles avaient toujours existé. Cet habitat de fortune frappe l'imagination et demeure entouré de mystère car on ne sait trop rien de ses origines ni de la façon dont il a pu être utilisé au cours des siècles. Ces cabanes, situées à proximité d'un champ, en cas de pluie, servaient de refuge plus aux paysans qu'aux bergers comme le voudrait la légende. Les masets sont différents. Il s'agit de petites bâtisses d'une seule pièce construites dans la plaine, en bordure des vignes.
Cette capitelle a été restaurée avec plus ou moins de bonheur et n'a pas la finesse ni le charme de celles que le temps a pu épargner.
Au bord du chemin les anciens vestiges des carrières ressemblent à des marches d'escalier taillées dans la roche. Le paysage prend un aspect architectural étrange qui s'intègre pourtant harmonieusement dans cette nature sauvage. Le printemps offre à profusion des fleurs simples comme celles de ces buissons ressemblant à des genets piquants. Plus modestes, celles du thym dégagent des senteurs qui se mélangent à celles de quantité d'autres plantes dont je ne connais pas le nom. Après-midi, quand se lève la brise et que le soleil s'en mêle, il flotte dans l'air de la garrigue comme un parfum de paradis terrestre. Un vrai décor de crèche. Il ne reste plus qu'à disposer les santons.
J'aime fouler ce sol rocailleux, un brin hostile à nos pas, mais généreux, riche en émotions, offrant à profusion éclats de roche, brindilles, lichens, arbustes et autres éléments naturels qui récoltés au hasard des promenades serviront à construire le décor de la crèche.





