lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
...
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La gitane à l'enfant de Robert Canut a tant polarisé mon attention que j'en ai oublié de présenter les autres santons acquis avec elle.
Je n'ai pas pu résister en voyant ce berger, l'agneau tétant sa mère. Et cette chèvre vient encore compléter la scène. Bientôt ils iront rejoindre le grand troupeau de ma
crèche.
Je n'avais pas non plus cette bergère luttant contre le mistral qui fait voler sa cape. Cette scène fait penser bien sûr au célèbre coup de mistral de Paul Fouque qui est repris sinon copié par beaucoup de santonniers. Ce n'est pas le cas de Robert Canut qui a réalisé ici une oeuvre très personnelle, en donnant au vêtement du personnage un mouvement évocateur à souhait de la puissance du mistral. Et toujours des couleurs sobres, simples, naturelles. Un santon magnifique.
Un autre santon tout aussi magnifique que ce couple de vieux assis sur un banc. Les vieux ont une place importante dans la crèche. Ils ont la mémoire de tout ce que les ancêtres leur ont transmis et appris. Ils ont ce savoir auquel s'ajoute l'expérience de la vie qui leur confère la sagesse. Aujourd'hui les vieux sont dans des maisons de retraite et pour être considéré il faut soit être soit rester jeune. Le jeunisme est la norme de rigueur pour qui veut rester dans le coup. Les vieux pour durer doivent singer les jeunes. C'est vrai pour les hommes politiques qui s'imaginent nous cacher leur vieillesse. Pour les célébrités, renoncer à rester jeune c'est finir par tomber dans l'oubli. Même les grands patrons sont éclipsés par les jeunes loups, mais eux s'arrangent pour ne pas partir les poches vides. Chez nous on disait " fai michian se faïre vieil" (en phonétique), il fait mauvais se faire vieux. C'est sûr mais cela voulait dire en fait qu'il faut savoir vieillir le mieux possible.
Je termine ma visite chez Robert Canut par ce pécheur au filet, santon de grande taille. On le trouve surtout dans les crèches marseillaises. Celui-ci a un visage particulièrement réussi, surtout son regard qui est très vivant. Avec son bonnet, sa pipe, sa barbe, il a vraiment le physique de l'emploi.
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Le santonnier modelant une Vierge à l'Enfant.
Un hommage de Robert Canut à la Bonne Mère. Il a choisi pour se représenter au travail la scène la plus belle de la crèche, qui est aussi la scène la plus belle scène au monde, celle d'une
mère portant son enfant sur ses genoux...
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Et enfin une vue de l'atelier avec un bel exemple de crèche installée devant des coupures de presse affichées sur le mur.
Merci à Robert Canut pour ses moments de pur bonheur vécus dans son atelier cet après-midi là de septembre, à Tulette, dans la Drôme provençale, pas loin du Ventoux, près de Séguret et des
dentelles de Montmirail, au coeur du célèbre vignoble des Côtes du Rhône, dans ce pays béni des dieux. Ce jour-là, les vendanges avaient déjà commencé, mais avec mes amis ce sont des santons que
nous avons récolté...
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La table de travail du santonnier. Ambiance de ce lieu unique pù s'opère l'alchimie des couleurs dont Robert Canut a le secret.
La charrette bleue est exposée dans la vitrine de l'atelier. Pièce réalisée à la dimension du personnage, en taille 15 cm. Derrière on voit le cheval de la scène du laboureur. Une des plus belles réalisations de R. Canut. Au village aussi les charrettes étaient bleues, d'un bleu plus délavé par l'usure du temps.
Le temps des vieilles charrettes n'est plus, pourtant je les vois encore traverser le village au rythme tranquille du pas du cheval. J'entends encore les bruits de l'attelage, les quelques mots à la cantonade échangés avec les passants. Autant de nouvelles brèves transmises en un rien de temps, celui des charrettes, celui que d'innombrables générations ont connu et vécu, celui dont j'ai connu la fin, celui des derniers témoins dont je fais partie. Me voilà devenu avec les gens de l'ancien village dépositaire de la mémoire d'un temps qui n'en avait pas, car il remontait à la naissance même de l'agriculture. Une civilisation pluriséculaire s'est écroulée sous mes yeux d'enfant sans que je m'en rende compte. Transformés en villageois de la ville, nous sommes désormais un peu comme ces indiens obligés de vivre dans une réserve qui n'a plus rien à voir avec leurs racines. Les maisons du vieux village sont bien là, mais tout comme un vieux décor remis au goût du jour pour un autre usage. Et les rares exploitations agricoles qui ont survécu ressemblent un peu à des musées. Notre avenir reste à inventer.





