René Pesante, prince des santonniers est définitivement parti au royaume des santons

Publié le 5 Janvier 2011

 

René Pesante nous a quittés


A quelques jours de la fête des rois, en cette nuit du 4 au 5 janvier, René Pesante aura attendu que passe Noël pour s'endormir paisiblement sans attendre toutefois la fin de la crèche et du temps calendal. L'émotion est forte au sein de la profession, particulièrement en pays d'Aubagne bien sûr et à Pont de l'étoile en particulier où il a sa maison et son atelier. Une pensée émue en ce jour pour ses proches et sa famille.

 

 

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René Pesante chez lui en 2010.

 

 

L'an dernier Aubagne lui a rendu un bel hommage à l'occasion d'une grande et réussie exposition aux ateliers Thérèse Neveu.

A cette occasion dans une édition exceptionelle du Journal des santons avait été publié ce texte sur la naissance de sa vocation de santonnier.

 

Autant qu'il s'en souvienne, c'est la conjonction de petits évènements qui lui a donné le goût irrépressible du santon. Il vit tout d'abord, dit-il, à 3 ans son père chanter à la messe de Noël et de cette atmosphère particulière lui vint une dilectionpour les crèches.

A la même époque, son oncle lui en offrit une, en sujets de bois d'origine allemande, mais achetée à Marseille. L'autre moment clef est un don, intervenu alors qu'il avait 5 ans. René accompagnait ses parents qui chantaient bénévolement pour l'association des commis-employés à Marseille. Le président de ce groupe se trouvait être M. Guinde dont l'épouse Magdeleine était la nièce du santonnier Etienne Vial de Marseille et fabriquait ses propres santons. Pour remercier Paul et Paule Duval, Madame Guinde leur offrit une crèche en santons de 4 cm de hauteur de sa production et à René, une crèche en sujets de 10 cm. Dès lors, pendant que d'autres faisaient se battre des soldats de plomb et organisaient des tournois de cavaliers de bois, René mettait en scène ses « petits saints » dont il se faisait sans cesse offrir de nouveaux exemplaires, constituant sans en avoir une conscience bien nette l'embryon de sa première collection.

Toute la famille participa ensuite de cette tocade lui offrant chaque année des santons achetés à Marseille et René prit l'habitude de faire tous les ans une nouvelle crèche. Ces santons de foire étaient alors fabriqués par Marie Bosco, première santonnière sur le champ de foire, mais aussi Aicardi, Prunet, Marius Chanet, Allamand, Guéder, Martini etc., tous Marseillais. Il ne lui manqua que les créations de Gaubert, lesquelles, malgré leur beauté et leur qualité de fabrication, étaient bien trop coûteuses pour constituer un cadeau destiné à un enfant.

Si les dons apparents du petit René laissaient à penser à sa famille qu'il étai destiné à une carrière artistique, ce dernier disait déjà qu'il voulait être plus tard santonnier, au grand désespoir de certain -surtout de sa tante Eugénie- auxquels ce métier renvoyait l'image déclassée d'une baraque foraine et d'un travail de peu de considération.

Constant dans sa passion naissante, il prit exemple d'abord sur Magdeleine Guinde et c'est elle, affirme-t-il, qui lui transmit ce qu'il nomme lui-même « l'amour de santons ». Il se remémore fort bien tous ces Jeudis, où, après l'école, il s'en allait la regarder travailler, assis sur le rebord de sa fenêtre, avant que le temps passant il ne lui soit permis de bricoler en sa compagnie. L'autre rencontre déterminante est celle de Valentin Junoy. Ce dernier, qui vendit quelques timbres sur le marché philatélique qui se tenait le dimanche place du palais de justice, avait aussi posé sur son modeste étal un très beau santon — un de ses derniers modèles, le moine- qu'il avait amené avec lui, à l'intention d'un autre philatéliste. René, alors âgé de 12 ou 1 ans, et qui s'intéressait aussi au timbre, eut son attention immédiatement attirée et Junoy s'enquit de cet intérêt qui ne fit que croître au fil des rencontres renouvelées, à l'occasion des foires successives.

C'est avec ces deux « maîtres » que René apprit peu à peu à façonner et peindre ses santons.

 


Rédigé par Daniel

Publié dans #santonniers

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liliane guiomar 11/01/2011 08:41



Tous ceux qui ont eu la chance de connaître René Pesante , et j'en fait partie, on peut être quelque fois laissé une ou deux plumes, mais, ont aussi partagé des éclats de rire avec ce
personnage hors du commun, caustique, comédien et surtout inoubliable!  


liliane guiomar  



brarda peuchrain helene 10/01/2011 20:54



Quel bel homage rendu à René samedi il le méritait largement.Pour moi,il fait parti de ces personnes qui ne vieillissent pas comme ses petites figurines Qu'il aimait tant. Très fière de posséder
4 magnifique santons habillés de sa fabrication .


ADESIAS MON PAPILLON


 



Philippe (cintu) 06/01/2011 10:38



Triste nouvelle,ma passion  pour la constrution de crèche,je la dois à Mr Pesante.Au travers de ses oeuvres il m'a communiqué la passion et le désir de faire une crèche.Un regret de ne
posséder un de ses santons.



jacques 05/01/2011 18:49



grande perte que celle de René Pesante c'est un immense santonnier qui disparait qui de plus était la mémoire vivante de toute cette tradition les ATN lui avaient rendu un bel hommage en 2008
repris par le journal des santons de décembre 2008 je me joins à toi pour adresser toute ma sympathie à tous ses proches



Knoum 05/01/2011 16:53



Merci pour cette info Daniel. C'est drôle comment parfois l'écran d'ordi cesse d'être froid et impersonnel.