Santons et variations sur le thème des musiciens (suite 4)

Publié le 1 Avril 2007

Le tambourinaire fait partie des santons qui apparaissent très tôt dans la crèche provençale. Il figure déjà dans des crèches du XVIII ème siècle.

Dans le grand livre de G. Arnaud et Léopold Dor "Noël en Provence" de 1927, réédité en 1994 aux éditions Jeanne Laffitte à Marseille on peut voir page 85 sur la planche XX des petits santons de bois habillés du XVIIIème siècle parmi lesquels figure un tambourinaire.

A la fin du XVIIIème siècle, joueur de tambour et joueur de galoubet sont également présents dans la collection Louche. La collection Louche, sans vouloir faire un mauvais jeu de mots semble bien porter son nom. La famille Louche, selon ces auteurs, possédait en effet 18 sujets disposés sur un cadre vitré, réalisés en terre cuite sur des socles assez hauts dont un portant le nom de Glorian. G.Arnaud et L. Dor considèrent qu'il s'agit du premier créateur de figurines qui soit identifié. Ils le qualifient même de "premier santonnier connu".

Mais Pierre Ripert - dans "Les Origines de la Crèche Provençale et des Santons Populaires à Marseille"- article écrit en 1955, publié aux éditionsTacussel, reédité en 1984 - a fait des recherches et n'a trouvé aucune trace d'état civil à ce nom et pense plutôt que ce serait un autre Louche, connu comme peintre et sculpteur qui serait l'auteur véritable de cette collection, la signature Glorian n'étant que la partie incomplète d'une petite banderole, placée au pied de la statuette et désignant en fait la célèbre invocation des anges " Gloria in excelsis Deo". Selon Ripert ces musiciens sont déjà réalisés en terre cuite et figuraient déjà dans une crèche avant la naissance officielle des santons.

Dans son étude historique sur les "Crèches et santons de Provence" - publiée sous forme d'un livre d'art avec de nombreuses illustrations aux éditions A. Barthélémy en 1992 - Régis Bertrand, agrégé et docteur en Histoire, maître de conférence à l'Université de Provence, assène un dernier coup fatal à la légende de Glorian -page 62 de l'ouvrage cité. Pour lui, reprenant les explications de Ripert, il ne fait aucun doute que la banderole portant le nom de Glorian n'est qu'un phylactère. Mais Régis Bertrand a poussé son enqête plus loin. Ce n'est pas le sculpteur Louche qui serait le créateur de ces figurines qui en fait auraient appartenu à l'abbé Jules Louche connu comme érudit et possible collectionneur. Exit donc la thèse de la famille Louche et celle du sculpteur portant le même nom.  L'abbé Louche n'est pas cependant le créateur de cette fameuse série réalisée pourtant par un modeleur habile mais inconnu, au talent proche de celui de Lagnel sans pour autant pouvoir attribuer à ce dernier la paternité en question. Affaire à suivre donc. Un jour peut-être un historien retrouvera la trace perdue de la signature des figurines faussement attribuées à Glorian...

Je ne dispose pas malheureusement de photos des figurines de Glorian hors-mis celles vues dans les ouvrages cités que je ne peux pas reproduire sans autorisation ! Je lance donc un appel ! Si quelqu'un a par hasard des photos de figurines de la collection Louche, c'est avec grand plaisir que je les publierais ici. La collection, indique Ripert, a été vendue par un antiquaire à un étranger vers 1937. Où est-elle aujourd'hui? La photo dans l'ouvrage de Pierre Ripert ne porte pas de mention. Il faudrait demander à l'éditeur M. Tacussel ou interroger des spécialistes comme Régis Bertrand ou Françoise Delesty. Encore un point obscur à élucider. La recherche  des origines santonnières des santons musiciens prend la tournure d'une enquête de police... A suivre?

Rédigé par Daniel

Publié dans #Variations sur un thème de santon

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LUCQUIAUD 08/04/2007 01:34