lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village et autres radotages sur le passé ou la vie d'aujourd'hui.
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Ce berger à genoux devant la crèche vient adorer le nouveau-né. A son côté, debout, un enfant, le sien sans doute, porte un oiseau sur sa poitrine, il s'appuie contre lui et passe son bras sous le sien. A leurs pieds dort un agneau. Cet ensemble est certainement le plus beau de tous les santons de cette crèche. Je l'ai toujours vu. Il a bercé mes rêves d'enfant et mes premières émotions de Noël. Ce sentiment je le partage avec un bon nombre d'anciens du village. Ils sont comme moi heureux de retrouver chaque année intacts un peu de leurs souvenirs. On voit mal la tête de l'oiseau qui a été endommagée, mais cette scène crée une atmosphère sereine et invite au recueillement. Les années ont passé, nos rires et nos pleurs d'enfants ne sont plus. L'âge mûr est là mais rien n'a changé. Le sentiment demeure et revit chaque année. Les santons malgré les épreuves du temps n'ont pas vieilli. La vieillesse semble les épargner, leur regard et leur attitude expriment quelque chose d'éternel.
Marie et Joseph eux aussi sont toujours là, comme le boeuf et l'âne gris. En s'approchant un peu on sent leur souffle qui vient réchauffer l'enfant Jésus de cire qui a pris la place de celui en terre cuite qui est toujours en réserve dans le placard de la sachristie. L'an dernier, un enfant de choeur, trop heureux de fêter sa venue l'a fait tomber par mégarde. La sachristine a miraculeusement recollé les membres cassés. L'enfant se porte bien et rayonne toujours autant de joie.






