31 mai 2006 3 31 /05 /mai /2006 15:09

Quand j'étais enfant je ne connaissais le mot gitan que pour l'avoir lu ou entendu prononcé à l'école par notre instituteur, Monsieur V. . Que ce soit à la maison, avec les enfants de mon âge ou les gens du village, pour parler entre nous, nous utilisions le nom de caraque. Cela n'était pas péjoratif ni vulgaire, c'était ainsi. Ce nom correpondait à une réalité, la nôtre, à la vie de tous les jours limitée par notre horizon, notre culture locale. Pour nous qui étions enfants c'était simple : à la ville ou dans les livres on disait les gitans, au Nord, en paralant avec l'accent pointu, les tsiganes ou les bohémiens, et chez nous c'était tout simplement les caraques. On n'aurait pas eu l'idée de dire alors comme aujourd'hui " les gens du voyage" car les seules caravanes qui passaient étaient celles des petits cirques ambulants. Les gitans qui venaient au village arrivaient soit à pied, soit en jardinière ( petite charrette) soit je ne sais par quel moyen de locomotion, mais je ne me souviens pas d'avoir vu un seul campement à l'entrée du village. Je me rappelle plutôt me semble t'il d'un panneau indiquant à l'entrée de nos bourgs que le stationnement était interdit aux nomades.

Environ trois à qutre fois par an passait "la caraque blonde", une femme énergique, aux traits durs, avec un visage sur lequel on lisait une détresse cachée et le malheur d'une existence qu'elle supportait avec dignité et fierté. Elle avait des cheveux blonds, mal coiffés, une jupe noire longue. Elle ne faisait pas la mendicité, elle vendait des dentelles, fils, aiguilles à coudre présentés dans un panier qui cachait sous ces articles de mercerie des fioles de concentré d'anis qu'elle proposait à voix basse, leur vente étant interdite. Nous ne connaissions alors du pastis que celui fabriqué illicitement à la maison avec l'alcool de vin qui lui donnait un goût particulier. Ma grand'mère qui passait une bonne partie de son temps libre à coudre lui achetait toujours quelque chose sans oublier la fiole interdite qu'elle conservait précieusement dans l'attente d'une utilisation future. La bouteille de pastis maison ne sortait pas souvent du placard. Elle servait surtout à aromatiser légèrement l'eau en été. Quand noçs parents offraient l'apéritif à des amis de passage, ils sortaient du buffet la bouteille de vin blanc d'orange faite selon une recette familiale avec les peaux précieusement conservées dans la cave ou l'arrière cuisine.

La caraque blonde avait un fils, il s'appelait Paupaul. Il ne parlait presque pas, son regard était fuyant. Il me semble qu'il récupérait les peaux de lapins, tout au moins celles que l'on avait réussi à faire sécher convenablement. Parfois, tard dans la nuit il traversait le village en jardinière attelée au cheval lançé au grand galop. Les fenêtres de ma chambre donnaient sur la place. En été le bruit de son attelage me réveillait. J'allais vite à la fenêtre et je le voyais s'éloigner. Difficile de me rendormir après, car mon imaginaire d'enfant le soupçonnait alors des pires intentions. Cette vision nocturne me terrorisait car elle ressemblait à celles racontées dans les histoires de vampires. Fallait-il qu'il ait commis je ne sais quelle horreur pour fuir ainsi à toute vitesse. En fait de fuite il donnait libre cours à la fougue de sa jeunesse, à son désir de liberté. Malgré ce j'aimais bien la caraque blonde même si je craignais son regard. En parlant avec ma grand'mère, elle avait toujours un mot gentil pour les enfants, s'inquiétait de notre santé, de celle de toute la famille. Elle allait ainsi de maison en maison et si ma grand'mère lui faisait don de je ne sais plus quel objet ou vêtement elle ne manquait pas en partant pour la remercier de marmoner quelque formule que je croyais magique mais qui en fait invoquait Dieu pour qu'il bénisse toute la maisonnée. Je me disais alors que cette bénédiction ne pouvait être le fait que d'une personne foncièrement bonne, car à part le curé le dimanche à la messe, personne d'autre au village n'aurait osé nous bénir.

le campement des gitans d'Escoffier, salon international des santonniers Arles 2005

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Arles : 2ème Foire aux santons et 57ème Salon des Santonniers

Après le succès de la première foire aux santons d'Arles la 2ème va venir confirmer le rôle majeur d'Arles dans la vie santonnière. En effet elle est organisée les 15 et 16 novembre en tandem avec le 57ème Salon des santonniers qui ouvre ses portes également le 15 novembre. Si le Salon a une vocation avant tout artistique et se présente comme une exposition avec chaque année des thèmes différents, la foire a un caractère plus commercial en offrant directement à la vente les réalisations des santonniers. Face au succès d'affluence enregistré par les foires, désormais Arles propose aux santonniers un espace de vente venant compléter leur présence dans les vitrines du salon où l'exposition du 15 novembre au 11 janvier s'adresse à un public plus vaste et permet de faire découvrir le santon de Provence à de nombreux touristes, notamment étrangers, visitant Arles à cette époque de l'année. La foire a lieu dans l'Espace Van Gogh, un lieu chargé d'histoire, en plein centre d'Arles, pas loin du cloître St Trophime où est installé le Salon. 42 exposants.

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