Regards sur ma crèche, regards sur le monde.

Publié le 30 Décembre 2008



Quand je fais ma crèche je ne prépare rien à l'avance, en fait je veux dire que je n'ai pas de plan précis. Je me laisse guider par mon inspiration. Je recrée un paysage avec les matériaux divers que je trouve tout au long de l'année au hasard de mes promenades au bord des étangs, dans la garrigue ou la campagne. J'installe ensuite dans ce décor les maisons du village et je compose des scènes en choisissant sur les étagères les santons qui vont donner vie à l'ensemble. Mon choix pour des raisons obscures va presque toujours vers certains santons plutôt que d'autres qui seront condamnés à faire de la figuration sur les étagères de la pièce d'à côté.
Les bergers et leurs troupeaux prennent tant de place que je j'ai du mal à placer tout le petit peuple des autres santons. Alors je préfère évoquer plutôt que représenter vraiment. Je n'ai pas la prétention de reproduire par exemple une école avec tous ses détails. Je me contente d'installer maîtres et enfants qui s'éparpillent sur la place transformée en cour de récréation. Mais je les place sous le regard vigilant des vieux ou des femmes du village, un peu comme cela se passait autrefois dans mon enfance.

J'ai gardé le souvenir de ces vieux et de ces femmes qui ne manquaient pas de nous faire réflexions et commentaires quand, étant enfants, nos cris, nos jeux et nos amusements les dérangeaient. On les craignait, on se moquait d'eux mais on filait droit. Aujourd'hui personne n'ose plus faire la moindre réflexion. Les jeunes à moto peuvent déranger tout le village à grand coup d'échappement libre, personne ne dit rien,  de peur des réactions à commencer par celles des parents. Et à l'école l'instituteur nous apprenait déjà que la liberté des uns s'arrête là ou commence celle des autres. C'était le temps où les parents, l'instituteur, le curé, le maire, les vieux incarnaient l'autorité qui présidait à la vie de famille et au train train quotidien du village.

Tout cela n'est plus que souvenirs ringards et démodés. Pourtant s'il n'est pas question de pleurnicher sur le bon vieux temps (qui n'était pas si bon que ça en fait) on doit s'inquiéter de la perte des valeurs, des repères sociaux qui formaient un certain savoir-vivre ensemble, comme le repos dominical. Il est vrai qu'au niveau planétaire la barbarie semble gagner du terrain. Je crains fort que ce ne soit pas demain que les chinois, les russes, les africains et autres habitants du monde vont pouvoir élire librement en toute sérénité démocratique leurs dirigeants. Chez nous aussi nos institutions garantes de nos libertés ne sont pas à l'abri des tempêtes, et la chute des grands empires financiers n'annonce rien de bon. Le XXIème siècle décidément a mal commencé. Espérons qu'il finisse mieux!



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Santons de Paul Fouque, Robert Canut, atelier Rampal, Karine Fraisse



Rédigé par Daniel

Publié dans #Mes crèches

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LUCQUIAUD 01/01/2009 03:47