lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village et autres radotages sur le passé ou la vie d'aujourd'hui.
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Je viens de relire ce roman où Giono raconte sa vision de la grande guerre, cette boucherie de 14-18 où gicle de partout le sang de la viande humaine comme celui du troupeau de bêtes qui forme une immense transhumance de sang et de mort, qui fuit l'alpage à l'annonce de la guerre, en laissant sur les bas-côtés de la route quantité de brebis et de moutons épuisés par une marche forcée qui les tue.
Un bélier ensanglanté réveillera la pitié du berger. Il le confie aux soins du papé d'une ferme et viendra le chercher à la fin de la guerre au moment où renaît la vie et l'espérance dans cette famille avec la naissance d'un enfant que bénit le berger en le présentant au bélier.
Je résume très mal, bien sûr. Difficile de résumer du Giono. Un roman hors normes, fait d'allusions, de choses suggérées, jamais racontées vraiment. Ce qui les rend encore plus vraies. Vous trouverez ici un extrait du début du livre, quand l'immense troupeau commence sa longue traversée du village.
Du coup, je n'ose pas aujourd'hui parler de mes santons qui pourtant, comme le bélier guéri, comme le nouveau-né sont porteurs de l'espérance, malgré l'horreur. Et puis, ce nouveau-né, ce petit niston, il fait penser à un autre, celui de la crèche. Le récit de St Luc rapporte les paroles de l'ange annonçant lors de cet évènement la "paix sur terre pour les hommes de bonne volonté". Préchi précha, mais de la bonne volonté, pas la peine de sortir de l'E.NA. pour se rendre compte qu'on en a un cruel et urgent besoin.
Rien qu'à voir d'un peu près l'état de la planète avec ses problèmes de surpopulation, de pollution, d'épuisement des richesses naturelles, de disparition des espèces, de manque d'eau, sans parler des guerres, des tortures, des massacres d'enfants, y a pas de quoi être fier, mais de quoi s'alarmer sérieusement.
On peut se demander s'il y aura un XXIIème siècle pour l'humanité, comme le prophétisent certains avec de plus en plus d'assurance mais non sans humour parfois (comme Yves Paccalet dans son livre : "l'humanité disparaitra, bon débarras !" - éditions Arthaud-). L'humour, cette politesse du désespoir...
Du coup, pas de photos de santons aujourd'hui, mais des liens intéressants.
Cliquer ici pour voir une belle photo d'un bélier,
etcliquer aussi ici , puis là et encore là pour en savoir plus sur la guerre et le Grand troupeau de Giono.



