La terre des bergers.

Publié le 18 Avril 2006

Du santonnier Patrick Volpes, j'ai déjà dit combien ses créations respiraient son attachement à la tradition, la vraie, celle qui prend racine comme l'argile des santons dans la terre de Provence. Sur son site, il nous présente quelques pièces uniques, parmi lesquelles cette scène de berger et bergère avec leur troupeau.

Le troupeau semble faire corps avec l'herbe du pâturage. Il appartient, comme les personnages, à cette terre où ils vivent. Il est issu de ce terroir aussi vivant que les animaux et les humains.

Dans l'important troupeau de ma crèche est présent un petit ensemble composé de quelques moutons dont Patrick Volpes a le secret pour nous émouvoir par leur allure aussi vivante que naturelle. C'est la seule composition de lui que j'ai. Je regrette de ne pas l'avoir connu plus tôt que l'hiver dernier. Mais je n'ai pas renoncé à aggrandir ma transhumance à renfort de bergers et animaux de sa production.

Je n'ai pas de santons naïfs dans ma crèche et je le regrette car ils sont l'âme de la Provence. Les beaux santons bien faits,  réalistes à souhait sont parfaits, ce sont de purs chefs-d'oeuvres, mais il leur manque parfois l'essentiel : une âme, la trace personnelle du souffle créateur de celui qui a modelé l'argile. J'aime les santons de Robert Canut car ils respirent, ils vivent à son image, ils ont un style unique. J'aime aussi les santons de Paul Fouque car leur réalisme a gardé quelque chose de naïf dans leur expression, ils sont naturels, un peu gauches même, et tant mieux, ce ne sont pas de parfaites sculptures façon Saint sulpice. Heureusement les grands santonniers, même les plus perfectionnistes savent pour la plupart créer un style qui leur est propre et unique. Mais pour moi, un santon ne saurait se contenter du rôle de simple sculpture d'art, aussi belle soit-elle. Il n'est pas destiné à meubler une vitrine ou l'étagère du salon, ni même composer un élément de décor pour évoquer la vie provençale de jadis,  il est fait avant tout pour vivre dans une crèche. Il doit respirer l'argile, raconter une histoire. C'est cette vie que Patrick Volpes s'ingénie à créer de ses doigts en la faisant sortir de l'argile.

Rédigé par Daniel

Publié dans #santonniers

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