lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village et autres radotages sur le passé ou la vie d'aujourd'hui.
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photo du film, publiée sur le site cinemovies, à découvrirr ici, avec une très belle critique de J. Claude loiseau de Télérama.
Je ne vais pas souvent au cinéma. Uniquement pour les grandes occasions. Je n'aime pas ces sortes d'usines que sont devenus les nouveaux complexes de cinémas. Ce que l'on gagne en confort on le perd en convivialité. L'immense hall d'accueil ressemble plus à un supermarché qu'à une salle de spectacle. Chacun galope vers sa salle sans jeter un oeil sur son voisin. Pas question d'espérer le moindre début de dialogue avec qui que ce soit.
Je suis quand même allé voir "Le temps des porte-plumes"! histoire de retrouver, comme dans le village de ma crèche, ce monde rural des années 50 que j'aime temps à travers l'histoire de cet enfant placé chez un couple de paysans. La reconstitution est magnifique, trop même, en particulier les scènes de l'école primaire où l'instituteur est à mes yeux, plus caricatural que vrai. La vie des gens à la ferme finit par perdre sa simplicité naturelle dans une montagne de détails, rien ne manque, des poules aux canard, des pots de fleurs aux vieux meubles, tout est là comme c'était avant, bien présent, tellement que tout ça finit par faire trop, et la crédibilité en prend un coup d'autant que le scénario évoque des situations plus qu'il ne raconte une histoire.
Les personnages parlent peu, ne vont pas au bout de leur pensée, car la caméra s'efforce d'exprimer davantage leurs sentiments, leurs états d'âme que leurs faits et gestes. Le personnage central est cet enfant, Pippo, taciturne, blessé à jamais après avoir été arraché à sa famille. C'est son univers que l'on découvre, sa difficulté à communiquer, à parler, sauf avec une grand'mère qui habite à côté, qui passe pour une sorcière. Rejetée par les autres comme Pippo. Une complicité va se créer entre la vieille et l'enfant qui trouve refuge dans un imaginaire que révèle la scène finale qui nous laisse croire l'espace d'une seconde que le pays heureux où se réalisent les rêves d'enfant existe. Mais non, ce n'est qu'un rêve.
L'évocation à grand renfort de chevaux du labourage d'antan a quelque chose d'irréel, avec ces quatre charrues tirées chacune par un attelage de deux chevaux. Jamais je n'avais vu pareil spectacle dans mon village où les paysans labouraient seuls, avec leurl cheval et leur charrue. La scène de la moisson déborde aussi de vérité par son aspect hyper-réaliste. Comme si l'enfant revivait tout cela en exagérant, en amplifiant le réel. Sauf le passage de la charrette chargée de foin, criant de vérité.
Vous l'avez compris, j'ai aimé surtout ces scènes des travaux des champs, ces attelages puissants, cette moissonneuse batteuse immense, tenant tout l'écran. Mais j'ai aussi aimé et partagé le rêve de cet enfant perdu dans le monde cruel des adultes. Au final, un très beau film, grave et profond.



