lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village et autres radotages sur le passé ou la vie d'aujourd'hui.
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couple de vieux sur un banc de Roger Jouve.
Les vieux sont présents dans la crèche sous les traits de divers personnages. A l’image des vieux de la vie des villages d’autrefois. Ils occupaient une place importante car ils transmettaient leur ’expérience et leur savoir. On les écoutait car on les respectait même si par derrière on se moquait d’eux, de leurs manies, de leurs défauts. On les affublait souvent d’un surnom. Je me souviens de ce vieux qu’on appelait « la liberté », une voisine « pendola » car sa démarche était saccadée de droite à gauche. Un autre, petit et sec « graoutillou » par allusion à ce petit bout de gras qu’on met dans la fougasse et qui en cuisant se rabougrit. Mon grand’père qui était très économe était affublé du nom de « rastel » et son fils, mon oncle « rastelou ».
Ils allaient faire la belotte au café. Ils se rencontraient chaque jour, qui chez le forgeron, qui chez le bourrelier ou le charron. C'était la meilleure façon de commenter et de colporterles nouvelles du village, de raconter les souvenirs du service militaire, de la guerre et de l'occupation allemande.
Les vieux essayaient d’arranger des mariages, mais pas toujours avec succès. Il n’y avait pas de maison de retraites, ils vivaient en famille avec leurs enfants et petits enfants. Ceux qui n’avaient plus de famille habitaient seuls ; c’était souvent les plus pauvres.
Les vieux mouraient à leur maison, dans leur lit. Après l’angelus du midi ou du soir, quand la cloche de l’église sonnait le glas, tout le monde comprenait que quelqu’un était mort. Le son parvenait au loin dans la campagne où travaillaient les paysans. Les suppositions allaient bon train, d’autant plus que le son du glas était différent selon qu’il s’agissait d’un homme ou d’une femme. Tout le village se sentait concerné et chacun allait comme on disait « faire sa visite ». Voisins ou amis veillaient le mort.
Vivant ou mort, chacun avait sa place au village, il n’y avait pas d’exclus. Comme tout le monde vivait le plus possible en autarcie et sans rien gaspiller, la pauvreté ne se montrait pas du doigt et le solidarité était vécue au quotidien. Les vieux avaient la mémoire des choses, ils étaient l’âme du village.



