lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village et autres radotages sur le passé ou la vie d'aujourd'hui.
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Cette crèche que m'avait offerte ma mère, je l'installais sur le buffet, dans la cuisine de ma grand’mère, à l’étage de la maison familiale. Je vivais en bas, dans une ancienne cave, avec mes parents, mes frères et sœur. Mes frères faisaient une grande crèche, avec peu de santons, perdus dans une montagne de papier-rocher et beaucoup de mousse.
C’était dans les années cinquante. C’était le temps du bonheur de l’enfance insouciante, de la joie de vivre au village, avec les chevaux, les mules et les moutons. Le temps était rythmé par les vacances, la moisson, les vendanges, le carnaval, la fête votive.
Nous vivions de peu, mais nous n’avions besoin de rien d’autre que deux bouts de bois et trois ficelles pour être les plus heureux du monde. La vie du village nous suffisait avec nos promenades dans la garrigue, le patronage du curé le jeudi et celui de la sacristine, ma marraine, le dimanche.
Je lisais « Fripounet et Marisette » auquel le curé avait abonné les enfants du catéchisme, c'est-à-dire tous les enfants, même ceux dont les parents n’étaient pas, comme on le disait alors, des gens d’église. Chaque nouveau numéro était attendu avec la promesse d’aventures nouvelles, mais aussi avec l’inquiétude de savoir comment nos jeunes héros parviendraient à vaincre les pièges que le renard et le loup passaient leur temps à inventer.
Le monde, le nôtre, celui de nos parents, nous appartenait. Je n’avais pas l’idée ni l’envie d’aller voir ailleurs. Nous avions avec mes cousines et les autres enfants de mon âge trop de choses à faire, trop de jeux à inventer pour imaginer une autre vie que celle-là. Pourtant nous avions peu de jouets, trop chers pour la plupart des familles d’entre nous. Nous étions savants de tout ce que nous transmettait avec passion le couple d’instituteurs de l’école laïque. Apprendre exigeait certes des efforts, mais c’était une joie.
Le soir, je faisais mes devoirs dans la cuisine du haut, aidé par ma grand’mère. Je me souviens du jour où sortant de l’école, après avoir vaincu avec succès l’épreuve de la dernière leçon du manuel justement intitulée « je sais lire », j’ai vécu mot à mot le texte de cette lecture dont je n’ai rien oublié, qui disait : « …brandissant son premier livre de lecture il arriva tout fier à la maison en disant fou de joie, maman, ça y est, je sais lire » ! Je m’étais contenté en arrivant ensuite à la maison de vivre le récit de ce texte en ajoutant "mamée" à "maman, ça y est, je sais lire" ! C’était quelques années avant la terrible gelée de février 1956.
J’ai la chance aujourd’hui d’habiter cette maison, l’hiver à l’étage, l’été en bas où les pièces voutées sont plus fraîches. C’est là que début novembre je commence le chantier de la crèche qui monopolise pas mal d’heures de mon temps jusqu’au 20 décembre.
Commentaires
J'aimerai beaucoup (si tu peux) que tu nous donnes le détail de tous tes santons de cette magnfique scène d'école. Par exemple de quelle taille et de quel santonniers sont la maman avec les deux petits? ainsi que tous ces petits enfantsjouant?
Merci d' avance et flicitations pour tes articles qui m'enchantent..
Merci Daniel pour avoir fait ressurgir mes souvenirs !
Je lisais aussi Fripounet et Marisette auquel ma grand mère m'avait abonnée.
Superbe scène.Rien à ajouter.
D'où viennent tous ces santons enfants? Eten quelle taille sont ils?
j'aime bien les enfants santons, ils sont de qui?
c'est vrai que l'on se prend à l'histoire, on y est!!!!!!!!!!!nous aussi!!!!bisous a +
oui, je pense que ces valeurs restent des valeurs d'avenir. Quand je considère comment était le monde quand je suis né, je me demande dans quel état nous le laisserons à nos enfants. Malgré l'importance des réels progrès technologiques et autres, le monde devient de plus en plus difficile à vivre. On a vraiment besoin de se référer à des valeurs qui ont fait leurs preuves !
Je tiens à te féliciter pour ton Blog qui est trés intéressant, original et qui fleure l'authenticité et la poésie.
Cela ressemble au site que j'aurai voulu faire; Il ne fait pas doublon avec celui de Mistral, il lui est en fait complémentaire. De plus tu nous fais connaitre les traditions et vieux métiers de ta région, c'est instructif et agréable.
Si je peux t'aider pour des articles, des photos , n'hésite pas. Je voulais t'envoyer une photo de mon champ d'olives mais je ne sais pas comment m'y prendre techniquement?
Alors voilà continue sur ta lancée je viendrai trés souvent le consulter
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Encore moi
Je viens de me rendre compte que j'ai oublié de te demander l'adresse de l' Atelier Rampal. est ce qu'ils ont un site , et est ce quils vendent par correspondance?
Hé non, ils travaillent en famille à Marseille et vendent uniquement sur les foires ( Tarascon, Chateaurenard entre autres et certainement aussi des foires vers chez toi, il faut leur demander). Ils sont très accueillants, mais n'ont pas de catalogue ni de vente par correspondance. Je peux aussi te les envoyer , mais il faudrait que tu les commandes et je les recupererai à la foire de Tarascon,( je dois le faire pour un fada de MCP qui me l'a demandé) ....
Atelier Rampal
1, rue Labry 13004 marseille
04 91 34 54 48