lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Dans les années 1950 au village, les matelas étaient en laine, recouverts de la fameuse toile à grosse rayure. Les mousses synthétiques n'existaient pas alors. Mais, au fil des ans la laine des matelas s'affaissait, perdait son moelleux, sa souplesse. Le pipi au lit des tous petits n'arrangeait pas les choses. Régulièrement au printemps la matelassière venait de la petite ville voisine de Sommières et passait dans les maisons pour carder la laine des matelas et ensuite les refaire à neuf. Avant sa venue, il fallait préparer son travail : découdre la toile des matelas pour libérer la laine et la laver. La cardeuse pouvait alors s'installer dans la cour avec son étrange machine à carder la laine. Il s'agissait d'une sorte de peigne activé par un mouvement de va-et-vient afin de redonner du volume et de la souplesse à la laine. Puis après, on installait une planche sur des traiteaux pour reconstituer le matelas en étendant la laine sur la toile et en la recousant pour retrouver la forme du matelas. Opération délicate où s'exprimait tout le savoir faire de la sommièroise assistée pour recoudre la pièce de ma grand'mère et de ma mère. Quelle joie le soir venu de dormir dans un matelas refait à neuf sentant la laine fraiche !

De la cardeuse, Robert Canut en a fait un santon. Et quel santon ! si vrai qu'à le voir c'est toute la scène du matelas refait qui défile sous mes yeux. Ce métier a aujourd'hui disparu et il y a belle lurette que la matelassière de Sommières ne vient plus carder au village. Mais dans ma crèche elle revient chaque année. Je l'installe devant une maison, excatement comme avant au village. Et si je tends un peu l'oreille en m'approchant de la crèche, j'entends les bruits du village d'alors, le chant du coq, le caquètement des poules dans la rue, et surtout ce bruit merveilleux des roues de la charette et des pas du cheval. Ce santon est si vivant qu'il porte avec lui toute la vie des gens d'alors. Un grand merci à Robert Canut, santonnier jusqu'au plus profond de son âme, pour cette mémoire retrouvée.
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bisous à toi aussi et à+