lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Puis dans l'église, c'est le choc de découvrir tour à tour le sublime rétable du choeur et puis plus loin, comme sortie d'un mirage, la crèche blanche majestueuse devant les colonnes et le portique du temple. Un réel sentiment religieux se dégage de ce tableau d'inspiration biblique.
Que l'on soit croyant ou pas, la beauté du lieu, la richesse de sa décoration, des peintures, des boiseries, du maître-autel inspirent un sentiment profond d'admiration, d'émerveillement et donnent encore plus d'éclat aux visages lumineux des santons. Ils ont l'air sereins, emplis de joie, d'assurance. Nous voilà avec eux hors du temps, emportés dans un rêve, une infinie tendresse, dans un monde apaisé et heureux. Plonger notre regard dans le leur, s'y perdre, se laisser emporter rien que pour un moment. Nous regardons leur visage, mais on dirait que c'est eux qui nous regardent. Ils ne disent rien mais on dirait qu'ils nous parlent tout en étant figés dans leur geste présent qui n'en finit pas de durer. Ils nous enseignent l'éternité. On a alors l'impression que tout s'arrête, que l'on est à l'abri du temps, hors d'atteinte. Le passé est tellement présent dans ses murs. Les boiseries, les tableaux et les sculptures de la nef racontent une histoire que nous parcourons trop vite pour en tirer tout le profit moral qu'il faudrait. L'étrangeté du lieu nous envahit, ignorants que nous sommes des événements innombrables qui ont jalonné sa si longue histoire. Etonnement heureux de découvrir qu'ici dans cette église, mais on ne sait sous quelle dalle précisément, repose Nicolas Saboly l'auteur de tous "les noëls provençaux" qui ont inspiré les premiers santonniers.
Puis nous voilà dehors, à nouveau dans le quotidien des choses. Dehors il fait froid, le vent s'est levé. Mais nous repartons apaisés par cette rencontre joyeuse, comme si nous avions trouvé un secret ineffable, emporté dans nos coeurs avec sa part de mystère.







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