Des taureaux aux santons.

Publié le 29 Octobre 2007

Je  voudrais continuer de raconter, à ma façon bien sûr, la suite de la finale du Trophée des As en Arles, dire l'accueil triomphal réservé par le public au biou d'or 2007 Camarina, sacré nouveau prince de Provence. Puis évoquer Ruy Blas et enfin et surtout l'enfant terrible de la course camarguaise, le seigneur et maître Mathis, cocardier redoutable. D'autres l'ont déjà fait bien mieux que moi sur des sites ou blogs spécialisés (voir en particulier le site de la FFCC ,le blog de Martine Aliaga et celui de l'écho de la bouvine sur les courses camarguaises sans oublier le taurographe ni bien sûr les forums : info-Camargue et la Bronca et aussi les nombreux sites de photos). Mais si je me suis attardé ces derniers temps, non sans un réel plaisir, sur les taureaux et les courses camarguaises je n'en suis pas moins resté fidèle aux traditions du pays et ce faisant je ne me suis guère éloigné des santons. Si les taureaux et les raseteurs n'ont accédé que depuis peu au pays des figurines d'argile, leur présence est désormais acquise même s'ils ne font pas partie des personnages emblématiques de la crèche qui sont pour la plupart part des villageois provençaux exerçant divers métiers venus adorer l'Enfant-Dieu, à commencer bien sûr par les bergers. Les arlésiennes, tambourinaires, farandoleurs, gardians à pied ou à cheval sont devenus des santons incontournables depuis longtemps. 

Il est vrai que taureaux et courses camarguaises font l'honneur  et la gloire d'une culture authentique à la fois populaire et noble. La fé di biou s'inscrit dans la grande tradition du félibrige. Elle est célébrée par les poètes, écrivains, musiciens du terroir. Elle est au coeur d'un mode de vie, de coutumes ancestrales. La coupo santo l'accompagne  et vient conclure souvent une course de trophée. Il n'est pour s'en convaincre qu'à évoquer la grande figure historique des manadiers, le Marquis Folco de Baroncelli à qui Mistral en personne a dit : "je te confie la Camargue".

Alors même si la course camarguaise ne fait pas partie à l'origine des scènes d'une crèche provençale, elle y a sa place car elle est au coeur de la tradition, la vraie. 

Rien à voir avec d'autres scènes comme la partie de cartes et celle de pétanque qui se trouvent hélas de plus en plus en bonne place sur les étals santonniers et rencontrent aussi un franc succès auprès du public. Cela me désole, car ces évocations, loin de représenter l'image de la Provence, ne sont prétexte qu'à une pagnolade de façade, à une évocation superficielle de la Provence qui masque en fait la réalité de la vraie culture provençale. Ras le bol d'une Provence réduite aux herbes, à la lavande, au savon de Marseille et à l'huile d'olive. Les santonniers traditionnels refusent de céder à cette mode. Certains cèdent à la facilité pour des raisons avant tout économiques. "Les gens nous le demandent, vous comprenez" disent-ils pour se justifier. Dommage.

Retour aux santons, qu'ils soient taureaux, chevaux, raseteurs et gardians.



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Taureaux et gardian à cheval de Smiglio.

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 Taureaux et gardian, Isoline Fontanille.


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 Isoline Fontanille, taureaux. Au fond, en flou, le Marquis de Baroncelli à cheval.


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 Atelier Rampal,taureau et raseteur.

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 Pièce unique: La gase, Sylvie de Marans.



Rédigé par Daniel

Publié dans #crèches et santons

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Francois 07/11/2007 15:58

Merci à Daniel pour son explication sur l'origine du mot "Gase". Je me suis permis d'en faire profiter les lecteurs du site http://www.aiguesvives.fr.Voir l'article: http://www.aiguesvives.fr/La-gase-d-Aigues-Mortes-2007-vue-d.htmlBonne continuation.

reynier 31/10/2007 18:11

que veut dire le terme la gaze? merci.

Daniel 01/11/2007 08:51

Bonjour Ardéchois,Le mot vient du provençal : le verbe gasa qui veut dire passer à gué. La gaso désigne le gué. Le mot a été francisé : la gase. Il désigne désormais le spectacle des taureaux traversant une roubine, une rivière ou un canal. La gase est devenue une manifestation importante lors d'une fête votive. Comme dans un abrivado les taureaux sont encadrés par les gardians à cheval qui traversent aussi le gué sous le regard et les cris des spectateurs installés sur des embarcations de fortune qui essaient d'arrêter les taureaux par les cornes. La gase fait partie des traditions taurines camarguaises. Près de chez nous celles d'Aigues Mortes ou du Grau du Roi attirent beaucoup de monde.