lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village et autres radotages sur le passé ou la vie d'aujourd'hui.
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Il est interdit de copier photos et textes.
Dimanche, 10 heures, finie la grisaille, retour du beau temps avec une chaleur douce bien plus agréable, tout comme la lumière, moins violente, plus amicale. Dans la cour, les figues gorgées d'eau que la pluie a écrasées sur le gravier dégagent comme un parfum d'automne. La cloche de l'église a le son clair des jours où l'air est léger dans un ciel haut. Au village d'à côté, à St Christol c'est la journée des vendanges à l'ancienne. Une heure de vendange comme avant, puis visite des caves, dégustation, repas, la fête... Peut-être irai-je y faire un tour, pour faire des photos, voler des images du passé reconstitué le temps d'une fête. Voleur d'images malgré moi. J'ai un peu honte des photos que je prends sur le vif. Je prends, je vole l'image du réel, oui, son image, mais pas lui, le réel, ce réel qu'on voudrait figer tel qu'il est. Le réel ne se fixe pas sur papier pas plus que sur des pixels, il glisse, fuit. A peine né, le présent se charge de le chasser au rayon des souvenirs. On parle à tort de la fuite du temps. Le temps ne passe pas, il est toujours au présent, comme nous. C'est le réel qui passe, coule comme le fleuve. Les berges du fleuve et tous les paysages coulent aussi avec lui. Tout coule disait Héraclite. Dire que tout fout le camp c'est se ranger dans le camp des attardés, des rébousiers sinon des radotaïres, ça fait sourire avec condescendance, c'est de la philo de bazar à quatre sous qu'on entend même plus au café du commerce tant ça fait ringard. Et pourtant, alors que tout change et fout le camp nous vivons la plupart du temps comme si tout devait durer éternellement.
De ma visite chez Isoline, voici sur une étagère de son atelier, cette présentation de bergers bruts qui attendent patiemment les couleurs qui leur donneront vie. Ils se juxtaposent comme autant de tranches de vie :




