lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village et autres radotages sur le passé ou la vie d'aujourd'hui.
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La bugadière, c'est la lavandière ou encore la buandière. C'est une femme qui fait la lessive. Au village les femmes faisaient la lessive une fois par mois. Une journée entière y était consacrée. Les femmes qui n'avaient pas de buanderie à la maison allaient au lavoir communal. La lessive était aussi une bonne occasion pour échanger des nouvelles sinon des ragots.

Dans ma crèche, j'ai mis devant le lavoir 2 lavandières. Celle de droite est de E. Prados. La femme tient sa bassine de linge sous le bras et de l'autre main serre contre elle le battoir. A ses pieds à droite elle a une sorte de caisson sur lequel elle s'agenouille pour lui permettre de laver le linge au bord de la rivière.
Celle de gauche est de Robert Canut. Elle lave dans une bassine disposée devant elle, avec posé à côté un panier où s'empile le linge sale. Une planche prenant appui sur la bassine permet de frotter le linge pour mieux le nettoyer. Tout en lavant, en restant concentrée sur son geste, elle échange avec sa voisine les nouvelles du village. La lavandière de droite semble l'écouter avec beaucoup d'attention tout en restant elle aussi concentrée sur son travail. Ces deux santons semblent faits pour se parler. Les voilà figés pour toujours dans leur vérité la plus naturelle. C'est cela qui les rend authentiques, vrais.
Dans mon village le lavoir était à côté du poids public, il avait une forme circulaire, on aurait dit une tour. Il y avait un réservoir d'eau à l'étage. Depuis il a été vendu et transformé en maison d'habitation. Ce n'est plus un lavoir mais ce n'est pas non plus une maison. Les moqueurs disent que les propriètaires tournent en rond dans leur maison et que leurs meubles ne sont jamais placés droit !
Je revois encore les femmes s'agiter dans de grands mouvements de bras pour rincer à l'eau courante le linge encore tout impreigné de lessive. Encore un vestige du passé récent disparu. Même à la télé l'image rassurante de la mère Denis a disparu des écrans. Tout comme les pub pour les lessives, ce dont personne ne se plaind.



