lou santonejaire

Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog raconte: des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du
village,  et autres radotages sur le passé et  la vie d'aujourd'hui.
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Samedi 30 septembre 2006

 

 

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Chaque santonnier digne de ce nom a sa Margarido. Celle d'Isoline est conforme à la tradition mais avec son propre style et sa façon à elle de voir ce personnage de la pastorale, incontournable, qui doit figurer en bonne place dans toute crèche provençale. Lire la suite...

Bien installée sur son âne elle va son chemin. Elle ne porte pas un chapeau mais un foulard retient ses cheveux. Son panier est généreusement garni de provisions que l'on aperçoit car elles débordent du panier. Elle n'a pas mis un torchon dessus pour les cacher. Elle a l'air d'une paysanne active et décidée. Elle n'est plus très jeune mais pas encore une vieille. Sa tenue est simple et la joie se lit sur son visage.  

 

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Jeudi 28 septembre 2006

Fichier hébergé par Archive-Host.com J'aimais les vendanges. C'était la dernière période d'intense activité qui marquait la fin des vacances. La rentrée des classes se faisait alors le 1er octobre. L'été était long, les grandes vacances portaient bien leur nom. Si grandes qu'on finissait par languir l'école. Lire la suite...

Les vendanges c'était comme une grande fête. Les vendangeurs, espagnols ou aveyronnais aimaient rire et chanter le soir après souper. Ils donnaient au village un air nouveau. Ils créaient une atmosphère joyeuse et chaleureuse. Ils parlaient fort, s'apostrophaient, chantaient. Toutes ces choses débordaient de la réserve habituelle des villageois. Chaque famille d'exploitant agricole avait sa "colle", ses vendangeurs payés à la journée ou au forfait. Chevaux, tracteurs avec pastières ou tomberaux envahissaient les rues où flottait dans l'air un parfum de raisin foulé que dégageaient les convois transportant  les grappes qui commençaient à se noyer dans leur jus avant même d'être pressées. Une grande agitation régnait alors dans les maisons et gagnait tout le village. C'était les vendanges, la raison d'être du travail fourni toute l'année pour obtenir la meilleure récolte possible. Elle se comptait en nombre de kilos déposés à la cave et son poids réel était celui des degrés alcoolique que donnait le mustimètre. Instrument magique que manipulait avec précaution le caviste en le  trempant dans une éprouvette de verre pleine du mou prélevé dans la "posée" qui venait d'être foulée par des rouleaux au-dessus de la  bène basculante. Il se penchait, se concentrait pour bien voir le niveau et puis en se relevant, il se retournait et annonçait à voix forte le résultat qu'il inscrivait aussitôt sur un bordereau, un modeste bout de papier à deux chiffres, celui du taux d'alcool et celui de la quantité de raison de la cuvée. Ces deux chiffres suffisaient à mesurer tous les espoirs et toutes les déceptions des aléas de la vendange. Le soir à la maison, notre père commentait les résultats en rangeant soigneusement les bordereaux dans une vieille boîte en métal cabossée qui tenait lieu de cassette au trésor. Enfant, je comprenais la gravité de cette scène où se jouait l'avenir et le sort de nos familles quand le gérant de la cave prononçait sa sentence avec l'autorité de celui qui avait en main l'avenir du village. L'inquiétude laissait place au plaisir quand il actionnait la bène basculante qui envoyait le mou vers le cuvier central d'où une pompe le dirigeait vers une cuve. Tout cela se passait dans les années 50, à la cave coopérative qui faisait alors la fierté du village. Tout cela n'est plus. La cave est fermée, elle va devenir salle des fêtes. Le pire encore a été évité, elle a bien failli être démolie.
 
P.S. Juste à côté d'ici, au village de St Genies, de l'autre côté de la nationale 113, l'activité viticole est importante, la cave est en plein activité et produit du bon vin de qualité. voir ici des photos  de vendanges et de la cave.

 

 

 

 

 

Jeudi 28 septembre 2006

Les santons habillés d'Elisabeth Fontanille expriment quelque chose de plus qui les différencie des autres. Lire la suite...

Cela ne tient pas forcément au fait qu'ils soient ou non plus fidèles que d'autres à mieux reproduire les gestes et attitudes des personnages dans les détails les plus infimes. Non ils ne sont pas forcément comme on dit parfois criant de vérité. Ou alors la vérité qu'ils crient est autre. C'est la vérité de l'artiste, ou plutôt de son monde qu'ils nous révèlent. Son monde est fait de tendresse, d'amour, de simplicité, de sérénité,  de calme, de plénitude. Bref rien à voir avec  l'agitation, la violence, les rapports de force qui secouent le monde et rythment notre quotidien d'aujourd'hui. Pourtant ses créations ne sont pas celles d'un paradis perdu ni d'un univers de rêve. Elles sont bien réelles, montrent une autre voie, une autre vie possible pour les choses et les gens si on veut bien changer notre regard. Ses santons sont finalement optimistes, ils laissent à croire que tout n'est pas perdu, que la violence du nouveau siècle ne tue pas forcément une autre forme d'humanité. En fait elle ne fait que redire à sa façon le message biblique de paix et d'amour qui est celui de la crèche. On est au coeur de la vraie tradition santonnière. On est dans le vrai, pas dans les clichés. On peut en dire autant, dans un genre différent, des santons de sa fille Isoline et de quelques autres comme Robert Canut. On est à mille lieues de la Provence à deux euros avec ses lavandes et ses savonnettes au miel...

 

 

 

 

 

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