lou santonejaire

Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog raconte: des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du
village,  et autres radotages sur le passé et  la vie d'aujourd'hui.
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Vendredi 8 juin 2007
Pour aller à Tarascon en venant de par chez nous, c'est à dire du côté de Nîmes, il faut traverser le Rhône à la sortie de Baucaire. Même si un pont relie les deux villes que sépare le fleuve, on a l'impresion que c'est la seule chose qu'elles ont en commun car on sent de la rivalité dans l'air. L'une est encore en Languedoc, l'autre, passé le Rhône, frontière véritable, nous accueille en Provence. Tarascon, c'est pour moi avant tout la ville des santons même si leur présence est bien éphémère, limitée au temps de leur grande fête annuelle qui ne dure que deux jours. Naguère, je l'ai déjà présenté ici, j'aimais aussi Tarascon pour son grand marché aux plantes de la Pentecôte qui a hélas perdu beuacoup sinon tout de son éclat. Mais la vraie richesse de Tarascon c'est son histoire qui a rendez-vous avec l'Histoire, la grande,  qui a le privilège d'être encore présente à travers ses murs, ses rues, maisons, se monuments bien sûr, mais aussi sa légende, ses héros, réels ou fictifs. On comprend alors pourquoi la tradition a ici quelque chose de sacré.

Tarascon doit son nom à la tarasque, ce dragon  qui, selon la légende, hantait la ville et le Rhône, vivant dans une caverne au bord du fleuve. Marthe a débarqué en Provence avec les Saintes Marie de la Mer. Chassées de Palestine, livrées au gré des flots, Marthe se sépara de ses compagnes pour venir porter la parole de l'évangile à Tarascon où les habitants acceptèrent de se convertir à sa religion si elle les débarrassait du monstre qui semait la terreur par ses méfaits.  Marthe a une foi si forte qu'elle terrasse la bête immonde et devient ensuite la sante patronne protectrice de la ville. Une première église est construite dans les premiers siècles. La crypte existe toujours avec le tombeau de Marthe au-dessus duquel rayonne ce portrait de la Vierge assise sur un croissant de lune. Au-dessus se dresse la partie romane datant du XIIème siècle, avec son portail qui a perdu ses personnages sculptés à la Révolution. La partie la plus importante de l'église actuelle est gothique (XIVème  et XVème siècles). Elle a le titre de collégiale car elle abritait une communauté  canoniale, c'est à dire un collège de chanoines chargé de diffuser la foi et vraisemblablement le culte de Ste Marthe.

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Dans la crypte, au-dessus de la tombe de Ste Marthe cette Vierge à l'Enfant. A moins qu'il ne s'agisse d'un portrait de Ste Marthe tenant l'Enfant-Jésus dans ses bras. Alors que près des autres tableaux accrochés aux murs des chapelles de la collégiale, une affichette renseigne le visiteur curieux sur l'oeuvre, là, rien. Comme si le secret était réservé aux tarasconais qui eux bien sûr doivent savoir. N'empêche, me revoilà plongé au coeur d'un sujet passionnant : la représentation de la Nativité par les artistes. On n'est pas à la crèche avec ses santons et les santonniers, mais on en n'est pas loin...


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( détail central du tableau qui représente la Vierge _ ou Marthe?_ sur un croissant de lune).

Photo Daniel.
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