lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
...
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Robert Dumas est spécialisé dans les santons de petite taille, 3cm de hauteur. Il fait un travail d'une très grande précision comme on peut le voir avec cette scène du dépiquage où les personnages apparaissent complétement absorbés par leur travail. L'âne tire le rouleau qui dépique, c'est à dire sépare le grain des gerbes de blé ou de céréales étalées sur l'aire. Après le passage du rouleau, les paysans battent ensuite la paille pour la séparer du grain qui s'entasse sur l'aire.
Chez nous, la moisson a déjà commencé, les blés sont blonds comme un pain sortant du four, doré à point. Mais les machines les plus sohistiqués cantonnent désormais le rôle du paysan à celui d'un technicien agricole hautement qualifié. Les aires de dépiquage ont disparu, comme les les meules de blé dans les champs. Les rouleaux à dépiquer se retrouvent relégués à l'entrée des jardins des propriétaires de résidences secondaires qui les exhibent comme un brevet leur conférant un titre d'appartenance privilégié au monde d'une soit-disante culture locale authentique.
Des moissons d'avant ne reste plus que la beauté des champs de blé dans la lumière incomparable des chaudes journées de juin. Alors, même si représenter la récolte du blé dans les crèches à Noël est quelque peu anachronique, l'hommage qui est ainsi rendu à la vie rude et pénible des paysans d'autrefois est lourd de signification et d'attachement à la vraie culture du village rassemblé autour de la crèche pour lui offrir le meilleur de lui-même.




