lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Dimanche, c'était le 7 mai. La feria de Palavas accueillait aux arènes une course camarguaise, une course comptant pour le Trophée des As où concourrent les meilleurs raseteurs qui se retrouvent aussi face aux meilleurs taureaux cocardiers. Après Voltigeur à St Geniès le 1er mai, c'est un autre taureau de la manade Vitou qui a été sélectionné par les organisateurs pour participer à la course : Oradour. Dommage, j'avais trop de choses à faire, je n'étais pas là, mais j'ai manqué un grand spectacle. Oradour a eu droit par 8 fois aux premières notes de l'ouverture de Carmen qui salue une action d'éclat de l'animal face aux sollicitations des raseteurs. Il est rentré au toril avec une ficelle toujours en place autour autour d'une corne malgré le travail des blancs. Les blancs, c'est ainsi que l'on désigne les raseteurs à cause de la couleur de leur tenue. Par opposition, les taureaux sont appelés les noirs. La ficelle est le dernier attribut que le raseteur doit couper et enlever avec son crochet. Elle est fixée autour des cornes et supportent la cocarde et les glands que les raseteurs essaient de décrocher en premier. Tout cela est très bien expliqué ici sur une page du Midi Libre.
Le lendemain, lundi, le chroniqueur taurin du même Midi libre relate ainsi la course d'Oradour à Palavas :
" Oradour (Vitou).- Huit "Carmen" plus retour. Même si son placement le trahit en début de course, Oradour conclut à travers une dizaine d'actions spectaculaires avec Jockin, Ouffe, Bini, Allouani, Matray. Ainsi le jeunot crée la surprise, rentre une ficelle sous l'ovation du public." Et encore ce commentaire le mardi : "Le jeune Oradour de Vitou (6 ans), après avoir flotté au début, s'est repris par la suite et avec beaucoup de jus, de vaillance et de méchanceté a donné des engagements sévères ponctués de coups de barrières".
Voilà qui promet pour ses prochaines sorties. Mais au village la nouvelle ne fait pas grand bruit, à part le boulanger qui soutient Voltigeur et un ou deux habitants croisés aux arène l'autre jour en plus de la famille Vitou venue encourager son héros, pas grand monde,dommage, mais voilà, c'est souvent ainsi et " nul n'est prophète en son pays", c'est vrai même pour les taureaux.
En attendant une photo d'Oradour, voici son gardian, enfin pas tout à fait, c'est celui de Robert Canut, un santon bien sûr, trouvé cet hiver sur la toile (internet si vous préférez) au hasard de mes recherches. Déjà ancien, car réalisé il y a une vingtaine d'années il s'est patiné, ce qui renforce encore plus son pouvoir d'expression. Il évoque à lui seul toute la Camargue et ses taureaux . Chez moi les histoires, même belles et vraies, se terminent toujours par des santons...




