lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village et autres radotages sur le passé ou la vie d'aujourd'hui.
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De même cette scène de la Nativité (salon d'Arles 2006) réalisée avec des santons en plâtre de style saint sulpicien, prend une
dimension spirituelle forte dans ce décor de simplicité naturelle où la neige sur le sol a quelque chose qui évoque le ciel, une ambiance éthérée, propice à la méditation.
Cette scène réalisée par Robert Canut ( exposition chapelle Ste Thècle, Séguret 2006) évoque davantage l'aspect humain de la Vierge. Elle
rappelle par sa simplicité la mère telle que nous la rencontrons dans la vie de tous les jours. Certes elle est admirative, mais elle apparaît davantage comme une mère attentive à son nouveau-né.
Elle incarne bien l'image populaire, charnelle, de l'amour maternel. Nous sommes bien sur la terre.
A Aubagne, au "Petit monde de Marcel Pagnol", on peut voir pendant la période calendale une très belle crèche avec cette Vierge de Thérèse Neveu.
Recouverte d'un grand manteau bleu, les mains jointes, en prière, cette Vierge est conforme à l'imagerie populaire de l'époque. Il s'agit bien de la
Sainte Vierge et non d'une figure universelle de la mère. Nous revoilà au ciel !
Christiane Devouassoux, Vierge et Enfant. La robe rehaussée de doré apporte comme un rayonnement lumineux à la scène et forme comme une auréole autour de l'Enfant-Jésus. Le mouvement des bras de la Vierge est certes protecteur, mais il manifeste aussi l'admiration de la Vierge pour son fils qu'elle présente au regard des bergers et du monde. Ici, elle évoque davantage me semble-t'il la figure de la Mère du fils de Dieu rayonnant de gloire. Nous sommes toujours au ciel !
Cliquer sur les images pour les agrandir. Reproduction interdite des photos sans autorisation.
Je profite de ces derniers jours de mai pour présenter divers visages et attitudes de la Vierge telle que la voit les santonniers.
Chacun a sa propre approche et cherche à exprimer les sentiments qu'elle lui inspire. Regardez.
Crèche de Robert Canut, Vierge à l'Enfant, santon de 20cm environ, exposée dans son atelier de Tulette.
Robert Canut, Vierge déposant l'Enfant-Jésus dans la crèche, exposée dans son atelier de Tulette.
Roger Jouve, pièce unique, exposition de crèches et santons Séguret 2006, Vierge déposant l'Enfant-Jésus dans la crèche.Paul Fouque, Vierge à la robe rouge, tenant l'Enfant-Jésus dans ses bras, santon de taille 20cm.
Cliquer sur les images pour les agrandir. Photos Daniel, reproduction interdite.
J'aimais bien "le mois de Marie" avec dans chaque maison ses autels garnis et ses bouquets de rose parfumées, mais je trouvais bien longues ces dizaines de chapelet qui n'en finissaient pas. Un "je vous salue" en appelait sans cesse un autre et le ton monocorde de cette prière répétée indéfiniment prenait un air d'incantation qui me faisait penser à une sorte de formule magique.
Toutes ces pratiques religieuses ont en fait ouvert à l'enfant que j'étais les portes du rêve et de l'imaginaire. Sorti du monde réel, celui de la religion faisait osciller mes sentiments d'alors entre la peur de l'enfer et la félicité du ciel. Je me rassurais en admirant le décor, l'apparat et le spectacle de ces cérémonies et de ces rites qui étaient censés nous faire accéder à la vraie réalité cachée des choses, au mystère divin que l'on percevait à travers les mises en scène propres à chaque événement religieux. Ainsi avec les mois de Marie tout comme avec les crèches à Noël, c'était un peu une façon de faire descendre le ciel sur terre, c'est à dire plus prosaïquement, sur le buffet de la cuisine.
En effet ces petits oratoires à la Vierge de mai font penser aux scènes de la Nativité de Noël installées jadis dans des niches. La démarche est un peu la-même. Il s'agit de mettre en bonne place dans sa maison une scène évoquant une fête ou une célébration religieuse. La Sainte Famille autour de l'Enfant-Jésus à Noël, la Vierge au mois de mai. Dans les deux cas la pratique religieuse déborde du cadre de l'église pour prendre place dans la sphère familiale, apporter au foyer une chaleur supplémentaire, une autre raison de rassembler la famille pour partager le sentiment éprouvé par la célébration d'une fête, d'un culte. Les premières crèches ne comportaient que les personnages bibliques. La crèche provençale viendra plus tard. Elle sacralisera autour de la Vierge et de la Sainte famille les gens de tous les jours sous forme de santons. Certes oui, la crèche aujourd'hui sacralise davantage l'art de vivre autrefois en Provence plutôt que la naissance de Jésus, reléguée bien souvent au fond à gauche. On peut le déplorer, mais pourtant elle sacralise quand même en donnant du sens aux choses du pays, elle instaure un ordre des valeurs qui prend sa source dans le terroir, la terre et la vie des ancêtres. Au mois de mai, on n'est pas si éloigné que ça de la crèche et des santons.
Vierge en plâtre. Figurine biblique de style saint Sulpice, telle que les réalisait la fabrique de Nantes de façon courante. Ce modèle malgré une large diffusion garde tout son pouvoir évocateur. Voile blanc, robe bleue correspondent davantage à l'imagerie populaire de la Vierge.
Sylvie de Marans. Nativité sous un porche qui rappelle les chapelles des crèches du XIXème. La Vierge est vêtue de rouge, couleur de l'esprit, du sang, de la vie.
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Photos Daniel, reproduction interdite















