lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Les arlésiennes de ma crèche, vous en connaissez quelques-unes. Pas toutes, j'en ai encore à vous présenter. Mais ne croyez surtout pas qu'on ne les voit qu'au pays des santons.
Elles sont bien réelles. Je veux dire que la tradition du port du costume est toujours bien vivante et pas seulement réservée aux groupes folkloriques.
Chaque année a lieu en octobre la finale du trophée des As. Une année en Arles, l'autre à Nîmes. Les As ce sont les raseteurs qui courent après les taureaux de Camargue dans les arènes pour essayer d'attraper à l'aide d'un crochet cocarde, glands et ficelles attachés autour des cornes de la bête. Un spectacle magnifique à la gloire du teaureau qui rentre au toril sous un tonnerre d'acclamations avec la musique de Carmen s'il a bien répondu aux assauts des razéteurs en défendant bien ses attributs. La finale couronne les meilleurs raseteurs et les meilleurs taureaux du moment, dont l'un est sacré "biou d'or" de l'année.
Pour en savoir plus sur ce trophée, cliquez ici pour aller sur le site de la Fédération Française de la Course Camarguaise, vous y touverez toutes les explications et aussi une page sur la fête du costume en Arles avec de belles photos, notamment celle de la Reine d'Arles. Et ici un article sur la finale 2003 du trophées des As.
J'ai pris cette photo lors de la finale du trophée des As en Arles il ya 3 ans. En ouverture de la course,avant la capelado (défilé des raseteurs) les arènes servent de cadre à un des plus beaux spectacles de la tradition camarguaise. Gardians à cheval, groupes folkloriques de danseurs, tambourinaïres et arlésiennes en costume font un défilé qui vous donne la chair de poule !
La Reine d'Arles préside la fête. Plus de 300 arlésiennes sont habillées, et je crois qu'il n'y en a pas deux qui portent un costume de couleur identique. Des couleurs uniques.
Ce qui est amusant c'est de voir à côté des jeunes et belles arlésiennes les unes plus élégantes que les autres, d'autres moins jeunes, un peu fortes, parfois de petite taille mais tout aussi séduisantes dans leurs vêtements de fête. Ce costume est tellement beau qu'il embellit et donne de la grâce même aux femmes les plus corpulentes.
Toutes les arlésiennes sont belles!
Encore une scène de Robert Canut.
Derrière Margarido qui traverse fièrement la rue principale du village, sur une place, pas loin de l'école, il y a la forge et devant, dans la rue, le maréchal ferrant et son apprenti fixent un fer sur le sabot du cheval. 
Je me souviens très bien de l'activité importante qui régnait autour de la forge. Quand les fenêtres de l'école étaient ouvertes on entendait les coups rythmés et musicaux du marteau sur l'enclume. Et aussi l'odeur de la corne brûlée qui nous faisait racler la gorge. La forge était obscure et noircie par la fumée. Elle avait quelque chose d'effrayant. Sa cheminée et son grand soufflet faisaient un peu peur aux enfants qui venaient regarder faire le forgeron. En fait tout le monde l'appelait le maréchal et manifestait par là le respect dû à une activité indispensable à la vie agricole. Sa fonction lui conférait une autorité morale comparable à celle du maire, de l'instituteur et du du curé qui incarnaient les différentes facettes du pouvoir. Il criait après nous, voulait qu'on ne tourne pas autour de lui de peur de nous blesser ou nous brûler. Les vieux du village venaient s'asseoir sur un banc devant l'entrée et commentaient les évènements du jour, les travaux agricoles du moment. Robert Canut fait revivre tous ces métiers d'antan avec une tendresse pour tous ces personnages. Le cheval de trait est particulièrement représenté dans ses compositions. Chez nous, mon père avait une mule. On l'appelait la grise. Je la revois encore. Elle faisait partie de la famille. Le jour où il a fallu s'en séparer j'ai pleuré et toute la famille était triste.



