lou santonejaire

Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog raconte: des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du
village,  et autres radotages sur le passé et  la vie d'aujourd'hui.
Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là ... 
La page d'acueil présente mes dernières publications par ordre chromologique. Pour voir la suite cliquer sur le numéro de page en bas.

Pour accéder aux sujets qui vous intéressent, choisir dans la colonne de droite, dans la rubrique catégorie. 

Pour laisser un commentaire,  cliquer sur commentaire en bas à droite de l'aricle, dans la fenêtre qui s'ouvre mettre votre commentaire et ne pas oublier de recopier dans la case en bas à droite les lettres que l'on lit plus ou moins déformées sur le dessin en bas à gauche.
Cliquer ici  pour accéder directement au Forum "Santons et crèches de Provence".
Pour dialoguer et échanger des messages entre passionnés de santons et crèches.

Interdiction de copier photos ou textes

Mardi 28 février 2006

De Robert Canut, j'ai déjà présenté quelques uns de ses santons, les trois arlésiennes, la cardeuse, le laboureur. J'en ai d'autres en réserve. Je veux dire par là que ses créations figurent en bonne place un peu partout dans ma crèche. La charrette bleue n'est pas un santon, ou plutôt un santon particulier : il s'agit d'une scène où le cheval est attelé à une charette conduite par un paysan. Scène typique et familière de la vie rurale d'antan. Figure vivante et symbolique d'un monde aujourd'hui disparu.

Robert Canut a son atelier du côté de Tulette au pied du Ventoux, dans cette Drôme provençale où coule le bon vin des côtes du Rhône. Robert Canut ne santonèje pas, il fait mieux, il est déjà un santon à lui tout seul avec ses cheveux embrousaillés par le mistral, son inséparable chapeau, son grand tablier et son brin de romarin aux lèvres. Fidèle à la tradition, il est le dernier représentant de la famille des santonniers dignes de ce nom. Il travaille seul, le santon est sa création totale. Un santon Canut ne ressemble à aucun autre tant son style est unique. Chaque santon est presque une pièce unique. Sa fabrication est en nombre limité et il faut passer commande, être patient, savoir attendre un an et parfois plus pour avoir la pièce convoitée, aperçue dans la vitrine ou déjà mise de côté pour un autre heureux acquéreur. Ses santons il faut les mériter. Bien sûr, ils sont bien faits, ils sont réalistes à souhait, mais n'ont rien à voir cependant avec les jolies figurines de certains de ses collègues qui, trop bien faites, ont quelque chose de saint-sulcipien. Les santons de Robert Canut ont quelque chose de plus qui fait qu'ils sont bien vivants, ils sont du pays, on les voit marcher, on les entend parler, vivre au rythme de leur temps, de leur métier. Ses santons bien sûr lui ressemblent, ils sont figés dans une attitude familière où, comme lui dans son travail, ils donnent le meilleur d'eux-mêmes. Là est son secret, le secret de leur beauté. Bien sûr il y a aussi ses couleurs, ses poudres de couleurs qu'il broye lui même. Son bleu notamment est unique et il n'y a guère que chez Carbonel où on retrouve un usage de la couleur aussi abouti. Le bleu traditionnel des charrettes prend chez Canut une dimension quasi-religieuse. Je vous laiise à sa contemplation.

Lundi 27 février 2006

Dans les années 1950 au village, les matelas étaient en laine, recouverts de la fameuse toile à grosse rayure. Les mousses synthétiques n'existaient pas alors. Mais, au fil des ans la laine des matelas s'affaissait, perdait son moelleux, sa souplesse. Le pipi au lit des tous petits n'arrangeait pas les choses. Régulièrement au printemps la matelassière venait de la petite ville voisine de Sommières et passait dans les maisons pour carder la laine des matelas et ensuite les refaire à neuf. Avant sa venue, il fallait préparer son travail : découdre la toile des matelas pour libérer la laine et la laver. La cardeuse pouvait alors s'installer dans la cour avec son étrange machine à carder la laine. Il s'agissait d'une sorte de peigne activé par un mouvement de va-et-vient afin de redonner du volume et de la souplesse à la laine. Puis après, on installait une planche sur des traiteaux pour reconstituer le matelas en étendant la laine sur la toile et en la recousant pour retrouver la forme du matelas. Opération délicate où s'exprimait tout le savoir faire de la sommièroise assistée pour recoudre la pièce de ma grand'mère et de ma mère. Quelle joie le soir venu de dormir dans un matelas refait à neuf sentant la laine fraiche !

De la cardeuse, Robert Canut en a fait un santon. Et quel santon ! si vrai qu'à le voir c'est toute la scène du matelas refait qui défile sous mes yeux. Ce métier a aujourd'hui disparu et il y a belle lurette que la matelassière de Sommières ne vient plus carder au village. Mais dans ma crèche elle revient chaque année. Je l'installe devant une maison, excatement comme avant au village. Et si je tends un peu l'oreille en m'approchant de la crèche, j'entends les bruits du village d'alors, le chant du coq, le caquètement des poules dans la rue, et surtout ce bruit merveilleux des roues de la charette et des pas du cheval. Ce santon est si vivant qu'il porte avec lui toute la vie des gens d'alors. Un grand merci à Robert Canut, santonnier jusqu'au plus profond de son âme, pour cette mémoire retrouvée.

Dimanche 26 février 2006
On l'appelle l'homme aux cruches, parfois le potier tout simplement, ou encore, de façon bien plus poétique, le porteur d'eau. C'est ce dernier nom que je préfère. Ce santon représente un vieux métier, celui qui consiste à porter de l'eau dans les maisons où il n'ya pas de fontaine ni de puits. dans le monde del la crèche, il fait partie du peuple des offrants, de ces personnages qui viennent offrir ce qu'il savent faire de mieux au nouveau né. 
Il porte de l'eau car il sait que c'est nécessaire pour les besoins de la sainte famille. L'eau, indispensable à la vie, élément devenant un bien de plus en plus précieux aujourd'hui dans un monde de plus en plus pollué.

Marcel Carbonel a fait de ce porteur d'eau ou de ce potier, un de ses plus beaux santons dans la taille des 15 cm. Simplicité du geste, du mouvement, de l'attitude. Et toujours ces couleurs uniques. Le bleu foncé de la veste est d'une perfection qui reste indescriptible. Je le mets toujours bien en vue, en bonne place dans la crèche. pour moi il fait partie des santons qu'il est indispensable de faire figurer dans une crèche provençale traditionnelle. Certes ile est porteur d'eau, mais il est porteur de sens avant tout.

Calendrier

Février 2006
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28          
<< < > >>

crédit photos

Reproduction et publication des photos interdites sans autorisation.

Photos :
Daniel, Yves

Newsletter

Inscription à la newsletter

Visiteurs

Selon les statistiques d'O.B. : 

Depuis le 20 janvier 2006 

77 087 visiteurs uniques ont navigué sur mon blog

Merci à tous et à toutes pour votre visite et vos commentaires.

 

Rechercher

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
blog politique sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus