lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Après la femme allaitant un enfant dans ses bras, voici encore un santon qui a un lien direct avec la maternité, c'est la femme portant un berceau sur sa tête et du linge sous un bras. C'est bel et bien d'une sage-femme qu'il s'agit. Elle arrive un peu tard mais comme je l'ai déjà dit, elle va aider la jeune maman de la crèche.
Réalisé par René Pesante, ce santon est fragile car il est en argile crue selon la tradition la plus ancienne.
On trouve dans les crèches d'église les plus anciennes la présence de deux à trois sages-femmes auprès de Marie. J'ai découvert cela aujourd'hui dans le livre d'André François (dans son livre Santouns). Elles ont pour nom d'après lui Martone, Pascolo ou Martouno. Et un auteur comme C. Seignolle estime qu'il doit y avoir au moins deux femmes au berceau dans toute crèche provençale. Il signale d'autres noms : Garcineto et Dido. Parfois elles ont à la ceinture une paire de ciseaux.
J'ai déjà présenté la femme au berceau de Marcel Carbonel qui figure dans ma crèche, comme la femme portant une corbeille de linge de Paul Fouque, une sage-femme, qui elle est au premier plan, près de la Vierge comme il se doit. J'ai donc au moins trois accoucheuses dans ma crèche et je respecte donc sans le savoir une vieille tradition.
A droite de la crèche, la sage-femme, une corbeille de linge à ses pieds, portant un drap dans sa main. Tous les santons sont de Paul Fouque, taille 20 cm.
P.S.Désolé pour la pub si vous cliquez sur l'image, car j'ai changé d'hébergeur d'image pour cet article, le site d'image host étant en maintenance aujourd'hui je ne pouvais pas uploder.
Voici de René Pesante la femme nourrissant son enfant présentée à la place qu'elle occupe habituellement dans une crèche qui est exposée à l'année chez moi dans une niche. Il s'agit d'un ancien "fenestrou" qui a été fermé, c'est pourquoi on voit encore au fond la barre en métal de protection derrière la jeune mère. Je l'ai installée en bonne place, bien au centre. D'un peu plus, c'est elle qui serait en vedette. Elle regarde la Vierge avec admiration et respect, mais considère vraisemblablement sans le dire pour autant, que son nouveau-né est aussi beau si ce n'est davantage que celui auquel elle vient rendre visite. Toutes les mères pensent ainsi. C'est toujours leur enfant qui est le plus beau de tous.
Tous les autres santons, sauf les animaux et au fond le couple au parapluie, sont de Sylviane Gerbeau-Delchamp dont on peut admirer les oeuvres à la foire aux santons de Marseille. J'ai beaucoup aimé ses santons quand je les ai découverts il y a déjà pas mal de temps. Chacun de ces personnages a une attitude, un mouvement, un geste qui donne une impression de vie très forte. on dirait presque qu'ils vont se mettre à marcher ou à faire vraiment le geste dans lequel ils sont figés.
A y regarder de plus près, on se rend compte que les manteaux, capes, tuniques ne sont pas moulés avec le santon, ce sont de minces plaques d'argile disposées sur lui pour l'habiller en épousant la forme du corps et de ses mouvements. C'est la technique du santon d'argile habillé utilisée pour faire des pièces uniques.
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Il manque à ce santon la quenouille qu'elle tient d'une main et file de l'autre. Cette activité ancestrale a disparu depuis longtemps. Il est fini le temps où Ronsard dans ses sonnets pour Hélène écrivait ses vers :
"Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise aupres du feu, devidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous esmerveillant :
Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle."
Pourtant la fileuse est un personnage qui a gardé une place importante dans la crèche. A cause de ce qu'elle représente. Son activité est indispensable à ce qui sera ensuite le tissage, la fabrication du linge, de tout le linge de la maison, y compris les langes qui serviront à emmailloter le nouveau-né qu'apporte dans sa corbeille l'accoucheuse.
Thérèse Neveu, (1866-1946) est la santonnière la plus célèbre de Provence car elle a su apporter un renouveau à la tradition sans la trahir. Elle a eu l'idée de faire cuire ses santons dans le four de son frère potier, Louis Sicard ( l'inventeur de la cigale en céramique). Plus solides, plus faciles à peindre, les santons ont connu alors une diffusion plus large. Contrairement à d'autres, elle n'a pas utilisé d'anciens moules et a créé ses propres personnage en s'inspirant des gens de son entourage ou de célébrités comme Frédéric Mistral qui a servi de modèle à son chasseur. Ses santons sont pleins d'humanité et de tendresse. Ils sont les dignes représentants de toute une population qui s'identifie à eux. On peut en voir quelques uns dans son atelier, situé en haut d'Aubagne, près de l'église, devenu un lieu d'exposition en 1995. Ses enfants ont poursuivi son activité jusqu'en 1972.



