lou santonejaire

Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog raconte: des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du
village,  et autres radotages sur le passé et  la vie d'aujourd'hui.
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Mercredi 3 octobre 2007
Allouani fait exploser l'applaudimètre avec Michou.

Il faisait beau ce dimanche 23 septembre et c'était la fête partout en ville, sur les quais, sur le canal où se croisaient les barques des jouteurs et bien sûr dans les arènes. Sabri Allouani a fait exploser le compteur de la course en raflant 43 points pour le trophée des As. Mais il a fait aussi exploser l'applaudimètre
 pour sa bravoure quand Michou après une course poursuite aux planches s'est dressé contre la barrière et lui a déchiré le pantalon d'un coup de corne vengeur. On n'était plus au pays des merveilles mais à celui de tous les dangers. 

Du courage et un immense talent mais des bricolages à la Dubout en coulisse.

La course dans son ensemble a été réussie. Elle paraissait bien quand même un peu cousue main pour assurer le triomphe de Sabri Allouani. Palavas est son fief et ici, en coulisse,  les bricolages à la Dubout ne sont  jamais bien loin. Dommage, car ces arrangements n'entament en rien son mérite. Il a encore une fois fait la démonstration éclatante de tout son immense talent et de son courage. Et Dieu sait qu'il en faut pour aller chercher les attributs accrochés entre les cornes des taureaux.  

Des spectateurs tout droit sortis d'un dessin de Dubout.

Mais voilà, j'ai eu bien du mal à suivre ses exploits. Les spectateurs qui se trouvaient pas loin de moi à force de ressembler à des personnages à la Dubout ont fini par me gacher tout le plaisir de la course. Notamment ces deux grandes dames portant ostensiblement pantalon et chemise blanches avec logo d'une manade connue qui n'arrêtaient pas de fumer. Qui plus est, placé là où j'étais, j'avais la vue sur les arènes bouchée par leurs chapeaux de paille en forme de soucoupe volante. En plus elles affichaient cette mine crispée de ces gens entendus qui semblent être au courant de tout. Elles attendaient la sortie de leur taureau fétiche pour l'ovationner comme des midinettes à un concert de je ne sais quel artiste à la mode. Cette frénésie m'agaçait d'autant plus que les charmes de la jeunesse avaient déserté leur visage depuis belle lurette. Et les couches de crème et autres coups de crayon ou de rouge qui venaient renforcer le contour de leurs traits ne faisaient qu'amplifier le désastre. A leurs côtés un sexagénaire débraillé à la bedaine généreuse,  les joues flasques et le poil mal taillé fumait cigarillo sur cigarillo. A trois places de là une autre sexagénaire visiblement éméchée semblait sortie tout droit d'un film de Fellini. Elle ricanait pour un oui ou un non, la clope collée aux lèvres, prononçant des sortes de borborigmes que seuls ses voisins et amis semblaient comprendre en opinant du chef à coups de rigolades. 

Les temps sont durs pour Mickael Matray qui affronte l'adversité seul contre tous, il mérite bien un hommage.

Alors quand Michou est sorti, malgré sa prestance et sa vaillance, malgré tout le remarquable travail réalisé par Allouani j'ai eu beaucoup de mal à me concenter sur ses prouesses. J'en suis finalement resté à celles de Mickael Matray dont certains disent pourtant qu'il manque d'élégance dans ses rasets. Il est vrai que dimanche les taureaux mais surtout ses concurrents, qu'ils soient raseteurs ou tourneurs ne lui ont laissé guère le temps ni l'occasion de s'appliquer à faire de beaux rasets. Il cherchait lui aussi à engranger des points. Mais lui était vraiment seul contre tous et il est encore plus seul aujourd'hui face à son destin de raseteur. Les temps sont durs pour lui, il affronte l'adversité avec courage. Il mérite bien un hommage. Salut l'artiste, et à bientôt j'espère.



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Mickael Matray rasetant Grillon de la manade Lautier avec beaucoup d'élégance non?

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Mickael Matray allant avec assurance et détermination vers Grillon de la manade Lautier.

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La concurrence est rude au sein des raseteurs.



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Mickael Matray face à Grillon de la manade Lautier.


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Voici Vidourlen de la manade Mermoux.
Les photos qui suivent le font voir raseté par Mickael Matray

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Après Vidourlen, voici, ci-dessous, Michou de la manade des Baumelles;

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Michou et Mickael Matray.

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Et pour finir, des photos de Pluton de la manade Nicollin et Mickael Matray.


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Pluton de la manade Nicollin qui semble avoir l'oeil attendri par la main de
Mickael Matray posée sur son frontal.

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Ce qui n'empêche pas Pluton de poursuivre Mickael Matray en passant son mourre sur les planches.
Salut l'artiste, j'espère, et je ne pense pas être le seul à te le souhaiter, qu'on te reverra bientôt dans les arènes !



 

Ruy Blas et Pesquié au trophée de la mer
Vidéo envoyée par espace_jeunes

Palavas, finale du trophée de la mer.

Mardi 2 octobre 2007
Albert Dubout.

Le petit train de Palavas doit une bonne part de sa célébrité à la vision qu'en avait Albert Dubout. Ses dessins sont devenus des pièces de musée exposées dans une Redoute, une tour fortifiée, construite au XVIIIème pour observer la navigation et prévenir de l'abordage sur nos côtes de navires ennemis. Dubout aimait les taureaux, les corridas et il adorait dessiner le public assis sur les gradins, en réalisant de quelques coups de crayon précis le portrait de chaque personnage présent dans la foule. Mais en ce dimanche 23 septembre le musée n'a pa dû voir défiler beaucoup de monde. Les gens se pressaient de partout pour aller voir les joutes sur le canal et ensuite la course dans arènes.  Difficile de trouver une place disponible dans les parkings pourtant nombreux situés à l'entrée de la ville.  En voyant la dégaine de tel ou tel spectateur prenant place dans les arènes, je croyais me trouver dans un dessin de Dubout en vrai, grandeur nature, tant le public, tout au moins en partie, était ressemblant à celui de ses caricatures. Des dames élégantes, grandes et plutôt minces cotoyaient des matrones sorties tout droit d'un de ses dessins. Pareil pour certains bonshommes à la bedaine généreuse, dont la tenue vestimentaire laissait un tantinet à désirer, assis à côté de petits maigrichons portant un strict costume avec cravate.

Languedociens et Provençaux.

J'exagère un peu certes, mais j'ai la nette impression que dans les arènes de Palavas le public était bien plus expressif et coloré que celui croisé le dimanche d'avant aux arènes de Mouriès. C'est peut-être ce qui fait la différence entre afeciounas languedociens et provençaux. Il me semble quand même que sous l'apparente réserve de ces derniers se cache un attachement plus fort aux courses camarguaises. Cela fait tellement partie de leur art de vivre qu'ils n'ont pas besoin de manifester démesurément leur amour des taureaux. Les languedociens, plus démonstratifs sont aussi me semble-t'il plus superficiels. Ils en font un peu trop, en rajoutent tant qu'ils finissent par se rendre parfois antipathiques, comme ce monsieur qui  invectivait les raseteurs ou contestaient la coupe d'une ficelle avec pas mal de mauvaise foi. Bref, dimanche il y avait de l'ambiance à Palavas pour cette finale du trophée Dubout où le raseteur Sabri Allouani, dans des arènes gagnées à sa cause, a tout fait pour engranger un maximum de points pour tenter de retrouver sa première place au classement du Trophée des As. Un peu plus loin à St Rémy de Provence, Loïc Auzolle, faisait la même chose pour conserver son rang de premier à quelques jours de la grande finale le 14 octobre aux arènes d'Arles.

Sabri Allouani et Mickael Matray.

A Palavas, encore une fois Sabri Allouani s'est imposé par son savoir faire et ses puissantes capacités. Donc, chapeau bas pour lui. Ce n'est pas pour rien qu'il a gagné consécutivement en 7 ans le Trophée des As. Il met tout son talent dans la bataille pour décrocher une nouvelle victoire. Mais grâce à sa double casquette de raseteur et d'organisateur de la course, il a pu engager autour de lui une équipe de raseteurs et tourneurs dévoués à sa cause. Quand le combat pour les premières places est serré, les arrangements entre raseteurs vont bon train. Les commentaires et les ragots aussi. Cela peut se comprendre car les enjeux sont importants à tous les niveaux et cela donne du piment à la compétition. Du coup les arènes sont pleines. Mais il ne faut pas perdre de vue que les raseteurs jouent leur carrière chaque dimanche de la saison, parfois même, faut-il le rappeler, au prix de leur vie ou de graves blessures. Mais il y a aussi - qui s'en plaindra? - des raseteurs qui préfèrent jouer cavalier seul et se battent jusqu'au bout pour améliorer leur propre score. Surtout lorsqu'ils sont dans l'adversité, comme c'est le cas en ce moment pour Mickael Matray. Dimanche il est venu participer à la course spontanément, sans avoir été invité, donc sans engagement rémunéré. Il s'est défendu tout seul face aux autres tenues blanches comme un diable, par passion, mais aussi pour sauver l'honneur, et je tiens par ces photos prises dans le vif de l'action, à lui rendre l'hommage qu'il mérite, à mes yeux du simple amateur et observateur de course camarguaise que je suis, en espérant le revoir bientôt dans les arènes.  


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Avant la capelado, les arlésiennes du groupe de Lunel dansent la farandole.

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La haie d'honneur pour la capelado.


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Avant le début de la course, Mickael Matray dans la contrepiste.


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Premier raset de la course. Mickael Matray et Grillon de la manade Lautier.

Les photos de Mickael Matray qui suivent ci-dessous sont prises sur des rasets avec Grillon.



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à suivre.
Samedi 29 septembre 2007
Mouriès au coeur de la tradition provençale. 


C'est un village un peu à l'écart des grands axes routiers qui traversent la Provence.  Il faut y aller exprès.  Avant d'y arriver, on découvre de part et d'autre de la route de somptueuses propriétés avec grilles en fer forgé,  parc,  hautes murailles et belles bâtisses. La réussite sociale aime venir s'afficher en terre de Provence. Peut-être ces provençaux des vacances pensent pouvoir s'offrir ainsi une légitimité, l'authenticité d'un art de vivre. Comme si l'argent suffisait pour s'approprier la culture d'un pays, ses traditions. Pourtant ces valeurs ne s'achètent pas comme des maisons et du terrain, elles se trouvent dans l'art de vivre des gens d'ici.
Et justement, les gens d'ici, ainsi que d'autres, languedociens, comme nous, attirés par l'envie de voir courir les taureaux et les raseteurs, se retrouvaient en ce dimanche aux arènes pour applaudir avant la course les groupes venus de toute part, chacun avec leur costume typique, propre à leur pays, leur histoire, avec leur musique, leurs instruments, leurs façons bien à eux de danser, de chanter, de faire la fête. Certes il s'agit d'un spectacle, mais ce qui est donné à voir n'est pas l'évocation simple de choses du passé.
En faisant revivre le passé, ces acteurs d'un autre temps nous font découvrir et aimer nos racines. Ils nous racontent notre histoire en dansant et en jouant. Ils la font surgir dans le présent. Nous trouvons alors dans cette représentation du passé l'image vivante de ce qui aujhourd'hui fait notre identité, nos valeurs, notre culture. Nous nous reconnaissons bien là dans ce public. Nous partageons tous ensemble en de tels moments les mêmes émotions, le même sentiment d'appartenance à cette terre, ce pays. Voilà des choses qui se vivent, s'éprouvent, mais qui ne peuvent pas s'acheter. Ni avec le billet d'entrée aux arènes pas plus qu'avec de somptueuses propriétés. L'authenticité d'un art de vivre n'est pas à vendre. Merci à tous ces groupes de nous faire vivre et revivre le pays.

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Voic la capelado. Les arlésiennes font la haie d'honneur aux raseteurs de la course qui viennent saluer la présidence et se présenter au public avant de raseter les taureaux cocardiers. Ces derniers sont toujours dangereux pour l'homme, car il ne faut pas oublier dans cette ambiance de fête que ce sont des animaux sauvages et qu'il faut  aussi beaucoup de courage et de vaillance pour les affronter.



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