lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Je reviens à ma crèche. J'ai à peine commencé à la démolir hier. Le plus dur est fait. le plus dur c'est d'enlever les santons. Ils ont retrouvé leur place dans les tiroirs d'une commode qui leur est réservée. La commode aux santons c'est un peu pour moi comme s'il s'agissait d'un trésor de famille contenant des secrets transmis par les générations antérieures.
Retour sur mon village, ou plus exactement, une scène du village de ma crèche, un fragment de vie de jadis.
A gauche il y a les 2 commères ( santons de Canut)qui commentent les nouvelles du jour et propagent les derniers potins. Au fond un couple de vieux. Devant, une fermière marche devant ses canards, une autre (Canut), assise, garde ses oies. Au centre, le tonelier ( Canut) finit son travail en regardant passer les gens. Au fond à droite, une femme porte une cruche sur sa tête, elle vient de chercher de l'eau au puits que l'on aperçoit à droite.
Voilà une scène que je peux contempler de longs moments, car je retrouve toute la vie rurale du village d'autrefois.
Les ruraux ont presque tous disparus, les urbains ont pris leur place en retapant les vieilles pierres du village ou en construisant leur villa dans la garrigue ou dans un lotissement qui défigure le paysage. Il faut bien que les gens puissent habiter quelque part, mais pourquoi diable cette succession de maisons implantées sans aucune recherche, avec ses clotures de terrains qui sont autant de plaies infligées à la campagne. Dans les villages, on devrait commencer par interdire les murs de cloture et surtout par définir des règles d'urbanisme plus respectueuses des paysages.
Patrick Volpes est un vrai santonnier, je veux dire par là qu'il est fidèle à la tradition provençale. Ses santons ne sont pas des statuettes. Le réalisme de ses sujets fait corps avec l'argile. Il fait parler l'argile et on la sent respirer à travers ses créations. Il est authentique. Sa Provence est vraie, rien à voir avec celle des cartes postales, des clichés. Il ne vend pas de la couleur locale aux touristes de passage.
P. Volpes a un site, je l'ai mis dans mes liens , allez y faire un tour. Il m'a envoyé cette photo que je m'empresse de publier.
Il existe un très beau livre publié aux éditions Rustica (1996) où l'on trouve beaucoup de photos de ses santons. L'auteur est Nicole Latour, le titre : "Le monde des santons". Je l'avais acheté il ya quelques années et j'ai eu le plaisir de rencontrer P. Volpes avant Noël à la foire de Castelnau à Montpellier.
pour aller sur son site, cliquer ici
J'ai découvert pour la première fois les santons de Prados au salon de Garons près de Nîmes qui a lieu chaque année autour du 11 novembre. C'était il y a bien 30 ans déjà. Il exposait surtout des maisons mais aussi quelques santons de 13cm dont une arlésienne assise au puits que je considère comme une des plus belles pièces de ma collection. Plus tard j'ai même organisé pour lui une vente de ses santons sur un salon de Noël. Il m'a offert le très beau moulin que je mets tout en haut de la montagne avec des santons de 2 à 4 cm. J'ai aussi une bonne partie de sa collection de santons de 8cm. Ce qui m'a toujours amusé chez lui c'est de constater que ses santons féminins, notamment les figures de paysannes, avaient un air de ressemblance avec l'allure de son épouse. Ce qui est tout compte fait bien normal. Le monde des santonniers est d'abord celui dans lequel ils vivent.
E.Prados, le marchand de marrons (8cm).
Cela fait plusieurs annéees que je n'ai plus de nouvelles de M. Prados. Son téléphone ne répond plus. J'ai questionné des organisateurs de salons, mais personne n'a pu me dire ce qu'il était devenu. Je suis très heureux de lui rendre ici un hommage amplement mérité en faisant connaître ses santons aux internautes amoureux des santons.



