lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
...
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Interdiction de copier photos ou textes
Voilà qui paraît évident. Il semble bien que oui, par tolérance, par respect pour les autres ou simple courtoisie, on se plie bon gré mal gré à la
règle qui veut que des goûts et des couleurs il ne faut pas discuter. Chacun aime ou n'aime pas selon ses propres critères sans pouvoir parfois en rendre compte ni l'expliquer
avec les mots qu'il faut. Il n'est qu'à lire les commentaires des livres d'or ou des forums sur internet pour comprendre ce que redondance banale veut dire. Même quand une oeuvre semble
réaliser l'unanimité au vu du nombre important de commentaires flatteurs. On retrouve toujours plus ou moins les mêmes formules du
genre: "c'est extraordinaire, très beau, superbe, merveilleux, magnifique !"
Faire des commentaires plus pertinents passe par une réflexion plus approfondie qui va au delà
du seul sentiment d'admiration spontanée éprouvé quand on se trouve nez à nez avec une oeuvre. La réflexion ensuite, en y regardant de plus près, va soit atténuer notre enthousiasme soit au
contraire l'augmenter en le nourrissant. Encore faut-il vouloir passer au stade de la réflexion, dépasser l'émotion première. Le beau s'enseigne et s'apprend.
Il n'est pas nécessaire d'étre un spécialiste de l'histoire de l'art et de son évolution à travers les époques. C'est dit-on, une affaire de culture générale. Qui s'intéresse à l'Art, aux
différents modes d'expression des civilisations et de leurs cultures trouve là matière à formuler des jugements esthétiques mieux argumentés qui ont plus de poids et d'autorité que
de simples "ça j'aime ou j'aime pas".
L'art obéit à des critères, des règles qui permettent de se prononcer sur ce qui est beau et ce qui ne l'est pas. Le plaisir que j'éprouve en
m'extasiant devant une oeuvre d'art n'est donc pas un simple plaisir d'ordre physique, sensuel. Au plaisir des sens vient s'ajouter celui de l'intelligence, de l'esprit. Et ce plaisir là doit
s'apprendre. C'est ce qu'on appelle la culture: un plaisir difficile.
Pour illustrer cela j'ai choisi des oeuvres d'une grande artiste, Liliane Guiomar (exposées au salon D'Arles). Ses santons sont de véritables sculptures et il est difficile dès qu'on les voit
de ne pas les aimer.
Il n'en va pas de même avec ses santons anonymes, présentés lors de la journéee des collectionneurs à Montpezat, le 23 décembre dernier. Modelés grossièrement sans souci du détail, ils ont
aussi subi les ouvrages du temps. Bref ils n'ont a priori rien qui mérite qu'on leur porte attention. Pourtant quand on y regarde de plus près derrière la maladresse du geste on découvre des
formes simples, compactes d'où se dégage une force et une réelle sensibilité d''expression. Ces santons nous parlent et nous émeuvent car le santonnier oublié a su transmettre tous ces
sentiments, toute le vie de ses personnages à travers ses formes maladroites et ses couleurs simples. Oui mais il faut y regarder de plus près, chercher leur vérité. Comparés aux oeuvres de
Liliane Guiomar, il n'y a pas photo semble t'il. La comparaison semble impossible sinon déplacée, choquante pour certains. Et pourtant ces créatures frustres sont diablement attachantes !




Il prend pour exemple une émission de Thierry Ardisson sur Canal Plus, lequel, entouré de sa bande de joyeux lurons, tournait ouvertement en dérision la mort du cardinal Lustiger, qualifiée de mort la moins importante de 2007! Dans cet exemple le rire a quelque-chose d'abject, d'autant plus que ce sont des people, des gens connus qui s'amusent de leur goujaterie et l'offrent en spectacle.
C'est tout le contraire de la culture enchaîne alors Finkielkraut, la culture dit-il, c'est la recherche d'un plaisir difficile.
Il en appelle si j'ai bien compris, au risque de déformer sa pensée en tentant de la résumer, à une nouvelle Renaissance fondée sur les acquis de la civilisation.
Un journaliste intervient à son tour et compare la dernière prestation du Chef de l'Etat devant la presse à un numéro de cabaret.
Finkielkraut dénonce ensuite la mainmise du show-biz sur les activités humaines. Il parle de la politique spectacle. Il dénonce ces célébrités qui réclament le droit à l'ignoble.
Tout cela me rend mal à l'aise et a pour effet de m'éloigner de mon temps, de prendre mes distances avec mon mon époque et me conforte dans mon attachement pour ce que j'appelle la tradition, cette nostalgie de l'art de vivre d'autrefois que l'on retrouve aujourd'hui encore à travers nombre d'expressions et de pratiques culturelles qui ont survécu. L'art de la crèche en fait partie. C'est une survivance du passé. Pourtant la crèche et les santons sont eux aussi pris dans la tourmente, la galère du processus de décivilisation. L'art de la crèche et des santons évolue bien sûr. Mais le santon est considéré parfois comme un produit industriel. Il est détourné de sa signification première quand un fabricant distribue sa production dans un réseau de grandes surfaces. Certes il reste encore heureusement une majorité de santonniers artisans qui respectent leur art et travaillent selon des méthodes héritées du passé. Mais le mal est fait, la tradition vendue selon les règles du marketing perd son âme et sa raison d'être, elle se banalise, devient un produit mis en solde une fois passées les fêtes. Des santons en solde comme de simples chemises que l'on jette une fois que la mode est passée.
Là, c'est un santonnier qui fait un étude de marché avant de lancer un nouveau type de santon présenté dans son emballage comme une savonnette ou je ne sais quel nouveau gadget.
Ailleurs, c'est un véritable artisan santonnier qui loin de toute préoccupation commerciale a l'heureuse idée de rendre hommage à un personnage au grand coeur et qui à ce titre mérite bien de figurer en bonne place dans la crèche. Mais non, la générosité de cet honnête santonnier est stopppée net. Il se voit interdit de poursuivre son travail au titre du droit à la protection de l'image de la personne en question. Comme s'il avait voulu voler son image ou la vendre, alors qu'il ne voulait que lui rendre un simple hommage mérité.
De plus en plus on voit des amateurs de crèches et santons recréer dans leurs décors l'ambiance d'un village provençal imaginaire qui n'a pas grand chose à voir avec la vraie richesse du mode de vie traditionnel provençal. La scène de la nativité est banalisée au profit de la pétanque, la partie de cartes, la lavande, les étals de marché qui tiennent lieu désormais de référent culturel et semblent suffire à exprimer ce que la Provence offrirait de meilleur. Comme si la culture provençale se réduisait à ces clichés superficiels, certes spectaculaires mais des plus ordinaires. Finies les valeurs véritables de la vie rurale et pastorale d'autrefois. Oubliés les Mistral, Giono, Mauron et autres auteurs du félibrige, ces mainteneurs de la langue, ces troubadours, poètes, conteurs ou romanciers qui exprimaient la vérité profonde d'un peuple, d'une culture, d'une civilisation.
En 2005 au salon d'Arles les Rois étaient mis en avant. Voici ceux de Lise Berger :
Et ceux de maria louisa Conceicao (Portugal) :
Toujours Arles 2005, les rois d'Evelyne Ricord :

Arles 2005, les 3 Rois de ?




