lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Le tambourinaire fait partie des santons qui apparaissent très tôt dans la crèche provençale. Il figure déjà dans des crèches du XVIII ème siècle.
Dans le grand livre de G. Arnaud et Léopold Dor "Noël en Provence" de 1927, réédité en 1994 aux éditions Jeanne Laffitte à Marseille on peut voir page 85 sur la planche XX des petits santons de bois habillés du XVIIIème siècle parmi lesquels figure un tambourinaire.
A la fin du XVIIIème siècle, joueur de tambour et joueur de galoubet sont également présents dans la collection Louche. La collection Louche, sans vouloir faire un mauvais jeu de mots semble bien porter son nom. La famille Louche, selon ces auteurs, possédait en effet 18 sujets disposés sur un cadre vitré, réalisés en terre cuite sur des socles assez hauts dont un portant le nom de Glorian. G.Arnaud et L. Dor considèrent qu'il s'agit du premier créateur de figurines qui soit identifié. Ils le qualifient même de "premier santonnier connu".
Mais Pierre Ripert - dans "Les Origines de la Crèche Provençale et des Santons Populaires à Marseille"- article écrit en 1955, publié aux éditionsTacussel, reédité en 1984 - a fait des recherches et n'a trouvé aucune trace d'état civil à ce nom et pense plutôt que ce serait un autre Louche, connu comme peintre et sculpteur qui serait l'auteur véritable de cette collection, la signature Glorian n'étant que la partie incomplète d'une petite banderole, placée au pied de la statuette et désignant en fait la célèbre invocation des anges " Gloria in excelsis Deo". Selon Ripert ces musiciens sont déjà réalisés en terre cuite et figuraient déjà dans une crèche avant la naissance officielle des santons.
Dans son étude historique sur les "Crèches et santons de Provence" - publiée sous forme d'un livre d'art avec de nombreuses illustrations aux éditions A. Barthélémy en 1992 - Régis Bertrand, agrégé et docteur en Histoire, maître de conférence à l'Université de Provence, assène un dernier coup fatal à la légende de Glorian -page 62 de l'ouvrage cité. Pour lui, reprenant les explications de Ripert, il ne fait aucun doute que la banderole portant le nom de Glorian n'est qu'un phylactère. Mais Régis Bertrand a poussé son enqête plus loin. Ce n'est pas le sculpteur Louche qui serait le créateur de ces figurines qui en fait auraient appartenu à l'abbé Jules Louche connu comme érudit et possible collectionneur. Exit donc la thèse de la famille Louche et celle du sculpteur portant le même nom. L'abbé Louche n'est pas cependant le créateur de cette fameuse série réalisée pourtant par un modeleur habile mais inconnu, au talent proche de celui de Lagnel sans pour autant pouvoir attribuer à ce dernier la paternité en question. Affaire à suivre donc. Un jour peut-être un historien retrouvera la trace perdue de la signature des figurines faussement attribuées à Glorian...
Je ne dispose pas malheureusement de photos des figurines de Glorian hors-mis celles vues dans les ouvrages cités que je ne peux pas reproduire sans autorisation ! Je lance donc un appel ! Si quelqu'un a par hasard des photos de figurines de la collection Louche, c'est avec grand plaisir que je les publierais ici. La collection, indique Ripert, a été vendue par un antiquaire à un étranger vers 1937. Où est-elle aujourd'hui? La photo dans l'ouvrage de Pierre Ripert ne porte pas de mention. Il faudrait demander à l'éditeur M. Tacussel ou interroger des spécialistes comme Régis Bertrand ou Françoise Delesty. Encore un point obscur à élucider. La recherche des origines santonnières des santons musiciens prend la tournure d'une enquête de police... A suivre?
Au fait savez-vous quand les santons musiciens ont fait leur apparition dans la crèche provençale? Françoise Delesty dans son très beau livre "Mémoires de santons de Provence"( éditions Equinoxe) note que ces sont les anges et les bergers qui sont les premiers santons musiciens. Elle précise très justement que ces personnages ont une double fonction : ange et musicien, berger et musicien. Il est vrai que l'ange est avant tout un ange. Pareil pour le berger. Il garde les moutons et le son de sa flûte vient enchanter le monde qui l'entoure. Sa musique crée un climat paisible, harmonieux, romantique à souhait. Difficile d'imaginer une scène pastorale sans la présence de cette douce mélodie. Mais dans les crèches anciennes les bergers musiciens jouent surtout de la cornemuse ou musette.
Les santons proprement musiciens qui doivent leur nom à l'instrument qu'ils utilisent, les artistes en quelque sorte, sont d'abord la joueuse de vielle et le tambourinaire. Même si cette activité n'est pas celle dont ils vivent, ce n'est pas leur métier qui est mis en valeur mais leur art, leur pratique d'un instrument.
Françoise Delesty mentionne que le santon à l'effigie de la joueuse de vielle a été créée par Léon Simon en 1899 mais qu'il est difficile de dater avec précision l'apparition exacte d'un nouveau type de santon. Selon elle, l'homme joueur de vielle est plus ancien, de 1820. Dans les faits, la pratique de la vielle serait plutôt féminine et celle de la cornemuse masculine. Jouer de ces instruments différents l'un de l'autre mais complémentaires serait alors lié à une démarche de séduction:
"Le duo vielle à roue/musette peut être considéré comme une pratique musicale exprimant ou "mimant" un dialogue de séduction."
mais le plus célèbre des santons musiciens demeure je pense l'ange Boufareou qui joue de la trompette pour annoncer la naissance de l'enfant Jésus.
J'ai trouvé ici cette définition :
"Boufareou est bien un ange . Mais c'est un ange provençal . Celà s'écrit Boufareo ,puisque le o à la fin d'un mot en langue d'oc se lit ou .
Celà vient du verbe boufa qui signifie souffler. Cet ange imaginaire ,est un des personnage de la pastorale (pièce chantée en provençal ) qui retrace la naissance du petit jésus . C'est lui qui est chargé par Dieu d'annoncer la Naissance .
On le retrouve dans la crèche sous la forme d'un ange que l'on accroche au dessus de l'étable .Il souffle dans une trompette dorée et ses joues sont énormes !!!!!
D'ou l'expression provençale pour désigner une personne trés joufflue :on dirait l'ange boufareo."
la joueuse de vielle de Paul Fouque( v13 cm)


Il est temps de présenter les tambourinaïres qui chaque année viennent dans ma crèche faire revivre le temps des fêtes et traditions provençales. Les mariés provençaux sortent de l'église. Demoiselles d'honneur, arlésiennes, musiciens, voisins et curieux composent cette scène où l'on voit trois beaux tambourinaïres de Paul Fouque dont 2 représentent des personnages réels qui ont fait l'objet d'un tirage réduit. Deux autres tambourinaïres ont pris place juste à côté des mariés sur leur gauche, pour leur faire l'aubade. Voir la très belle arlésienne de Christiane Devouassoux et la joueuse de vièle de Paul Fouque à côté d'un tambourinaïre. Derrière le couple de danseurs un violoniste. Mais depuis 2005 ma collection de santons musiciens a un peu augmenté.
Un des trois tambourinaïres de Paul Fouque dans ma crèche 2006
En 2006 la scène des mariés provençaux s'est enrichie d' un homme orchestre. Un santon plein de vie réalisé par Patrick Volpès et qui fait partie de toute une série de santons musiciens sur laquelle je reviendrai bien sûr.






