lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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En allant à Sommières cet après-midi pour rendre visite à des personnes que je voulais voir avant Noël, je vois une affiche annonçant pour ce jour un défilé pastoral dans la vieille ville à la tombée de la nuit à 18 heures. Il s'agit de scènes extraites de la pastorale Maurel jouées en différents endroits de la ville. Malgré le froid quelques personnes ont gravi les marches et parcouru le chemin raide et tortueux qui mène tout en haut aux ruines du château où débute la pastorale. Des bergers couchés autour de deux braseros dorment entourés de quelques moutons quand l'ange, là-haut sur la tour leur annonce la bonne nouvelle... Le cortège se met en route sur un Noël de Saboly joué par les tambourins et les fifres, chanté par la joyeuse troupe des santons vivants tenant en main des torches pour éclairer la scène. Tout le monde suit et un peu plus bas nous rencontrons le rémouleur, puis le brigand, l'aveugle et son fils. Plus loin le meunier et son âne, puis Pistachié, puis toute la troupe qui arrive en ville sur une place et s'agite à grand bruit en frappant aux portes pour réveiller Roustido, Jourdan et Margarido. Pistachié entre temps a vendu son ombre au brigand, et avec ses compères ils ont un peu trop bu, il tombe dans un puits. Il faut le sortir de là avec une corde. Tout le monde rit. Sur la place du marché les métiers d'autrefois sont présentés et les gens de la mairie offrent du vin chaud délicieux à tout les spectateurs présents. Pincez-moi, je rêve. Du vrai bonheur, tout simple, ordinaire, sans prétention, mais du vrai bonheur comme on n'en trouve plus. La place du marché sans qu'on s'en rende compte devient celle de Bethléen. Le joyeux cortège reprend, acteurs et spectateurs confondus, et s'achève devant le parvis de l'église illuminée où les rois mages sont déjà arrivés. Chacun vient déposer son offrande à la crèche et l'aveugle retrouve la vue. L'enfant-Jésus, un bébé de six mois né à Sommières n'arrête pas de sourire comme émerveillé. J'ai jamais vu un bébé aussi heureux. Ses parents assistent à la scène bien sûr et retiennent des larmes de joie. Tout le monde applaudit. Il fait froid mais on a chaud au coeur. Merveilleuse soirée en prélude à la plus belle des nuits. Dommage je n'avais pas mon appareil. Donc pas de photos. Alors voici d'autres photos de ma crèche.
Une vue du village situé en bas à gauche.
La place du village avec la forge et le maréchal ferrant.
Gros plan sur la forge et le maréchal ferrant.
Le lavoir et au-dessus, l'école.
L'homme qui trait sa chèvre devant sa ferme sur la place où passent des femmes. Deux hommes, des vieux du village, sont assis sur un banc comme cela se faisait jadis. Ils regardent le maréchal ferrant travailler.
A droite, en haut, un autre village, de taille plus grande. A la sortie de l'église les mariés provençaux et le cortège des arlésiennes, des musiciens, tambourinaïres, badauds.
Cliquer sur les images pour les agrandir.
C'est une période merveilleuse qui s'achève bientôt, pas celle de la préparation de la fête de Noël avec les cadeaux, les repas, les invitations à prévoir, non celle des foires aux santons qui ferment leurs dernières portes le 24 décembre et celle de la réalisation des crèches. A un détail près, la mienne est finie. Enfin. Celle de l'église aussi. Dès le 25 décembre va commencer le temps de la visite des crèches, celles des amis, celles des églises, mais à condition de ne pas trouver porte close comme c'est le cas trop souvent en dehors des heures d'offices.
En attendant voici une vue centrale de ma crèche avec le départ du troupeau tout en haut et la scène de l'apparition de l'ange aux bergers au centre.
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En bas, au centre, la grotte et la crèche avec, pour la photo uniquement, la Vierge tenant déjà l'enfant dans ses bras. Sur la gauche, en haut le troupeau descend vers le village situé en bas à gauche. Il y a un autre village à droite de l'autre côté de la cascade. J'y reviendrai.
Il est tard, j'ai sommeil. Dure journée.J'ai rangé le matériel et tous les éléments non utilisés. Le chantier de ma crèche a débuté à la mi-novembre, cela suppose pas mal de temps mais aussi de nombreuses manipulations de matériaux les plus divers, la plupart trouvés dans la nature au hasard de mes promenades. Ce temps de réalisation met une partie de la maison en révolution. Après avoir fini la crèche il faut donc faire place nette pour accueillir amis et visiteurs, donc beaucoup de ménage et du rangement, et je n'ai pas fini.
Leurs maisons, leurs crèches me font rêver chaque fois que je les revois à Tarascon et cette année à Aubagne. Des maisons qui n'ont rien à voir avec celles que l'ont voit trop souvent chez certains santonniers qui à vouloir imiter la pierre dans le moindre détail finissent par faire trop joli pour être vrai. Les crèches et les villages de Cathy et Daniel Aubenas ne sont pas des imititations mais des créations, des oeuvres d'art qui idéalisent à merveille la beauté disparue des villages d'antan.
Je poursuis ma visite et vais de surprise en surprise. Décidément j'ai bien fait de venir. D'un stand à l'autre c'est un pur ravissement. Le flambeau de la tradition des crèches et santons en faïence est brillamment porté par Pascale Mestre qui réalise ses figurines en faïence blanche ou colorée. J'avoue ne pas avoir eu jusqu'à ce jour guère d'attirance pour les santons en faïence. Mais là, en découvrant en pleine lumière la pureté des lignes et des figures, je reste admiratif devant tant de beauté. Je suis sous le charme. C'est du grand art.












