lou santonejaire

Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.

Mon blog raconte des histoires de santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village et autres radotages sur le passé ou la vie d'aujourd'hui.

Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là ... 
La page d'acueil présente mes dernières publications par ordre chromologique. Pour voir la suite cliquer sur le numéro de page en bas.

Pour accéder aux sujets qui vous intéressent, choisir dans la colonne de droite, dans la rubrique catégorie.

Pour laisser un commentaire,  cliquer sur commentaire en bas à droite de l'aricle, dans la fenêtre qui s'ouvre mettre votre commentaire et ne pas oublier de recopier dans la case en bas à droite les lettres que l'on lit plus ou moins déformées sur le dessin en bas à gauche.

Cliquer ici  pour accéder au Forum "santons et crèches de Provence" afin de dialoguer et échanger des messages entre passionnés de santons et crèches.

Il est interdit de copier photos et textes.

Mardi 18 avril 2006

Du santonnier Patrick Volpes, j'ai déjà dit combien ses créations respiraient son attachement à la tradition, la vraie, celle qui prend racine comme l'argile des santons dans la terre de Provence. Sur son site, il nous présente quelques pièces uniques, parmi lesquelles cette scène de berger et bergère avec leur troupeau.

Le troupeau semble faire corps avec l'herbe du pâturage. Il appartient, comme les personnages, à cette terre où ils vivent. Il est issu de ce terroir aussi vivant que les animaux et les humains.

Dans l'important troupeau de ma crèche est présent un petit ensemble composé de quelques moutons dont Patrick Volpes a le secret pour nous émouvoir par leur allure aussi vivante que naturelle. C'est la seule composition de lui que j'ai. Je regrette de ne pas l'avoir connu plus tôt que l'hiver dernier. Mais je n'ai pas renoncé à aggrandir ma transhumance à renfort de bergers et animaux de sa production.

Je n'ai pas de santons naïfs dans ma crèche et je le regrette car ils sont l'âme de la Provence. Les beaux santons bien faits,  réalistes à souhait sont parfaits, ce sont de purs chefs-d'oeuvres, mais il leur manque parfois l'essentiel : une âme, la trace personnelle du souffle créateur de celui qui a modelé l'argile. J'aime les santons de Robert Canut car ils respirent, ils vivent à son image, ils ont un style unique. J'aime aussi les santons de Paul Fouque car leur réalisme a gardé quelque chose de naïf dans leur expression, ils sont naturels, un peu gauches même, et tant mieux, ce ne sont pas de parfaites sculptures façon Saint sulpice. Heureusement les grands santonniers, même les plus perfectionnistes savent pour la plupart créer un style qui leur est propre et unique. Mais pour moi, un santon ne saurait se contenter du rôle de simple sculpture d'art, aussi belle soit-elle. Il n'est pas destiné à meubler une vitrine ou l'étagère du salon, ni même composer un élément de décor pour évoquer la vie provençale de jadis,  il est fait avant tout pour vivre dans une crèche. Il doit respirer l'argile, raconter une histoire. C'est cette vie que Patrick Volpes s'ingénie à créer de ses doigts en la faisant sortir de l'argile.

Dimanche 16 avril 2006

Le métier de berger n'est pas un métier comme les autres. Il est perçu dans notre imaginaire comme un personnage particulier, hors du commun, avec sa part de mystère. Il connaît le chemin, la route qui conduit vers les bons paturâges. Il surveille et protège son troupeau, il vit au rythme des saisons, de la nature. Il a le temps de réfléchir, méditer, d'apprendre des choses sur la vie, le bonheur,la mort, toutes choses que les gens pressés par leurs occupations ne sauront jamais. Il serait un peu sorcier que ça n'étonnerait personne. On suppose qu'il peut soigner quantité de maux avec des plantes sauvages aux vertus connues des seuls initiés.

Pourtant il est comme tout un chacun fait de chair et de sang et Jean Giono dans ses romans ne l'épargne pas toujours. Il  lui fait vivre parfois des situations et incarner des personnages qui n'ont rien d'idyllique (comme dans l'iris de suse que je viens de lire). Et quand bien même il serait ce brigand des grands chemins qui a croupi en prison avant de rencontrer sur sa route le troupeau et devenir berger, cela n'empêche pas le charme de jouer. Etre berger, c'est marcher, longtemps, toujours avec la lourde responsabilité de conduire un troupeau. Cela oblige à beaucoup d'attention aux choses, et la moindre erreur ne pardonne pas. C'est vivre à chaque instant l'heure de vérité, celle où le brigand oubliant ce qu'il était, laisse place peu à peu à ce qu'il y a de meilleur en lui-même, car il y a toujours quelque chose de meilleur à révéler dans un individu, même chez la plus sordide des canailles.

J'aime ce berger (de l'atelier Rampal de Marseille) car il a le regard de celui sait ou il va, il marche d'un pas décidé. Sa vie a un sens, il ne se perd pas dans la nature au sein de laquelle il sait trouver sa place au lieu de chercher en vain à la dominer comme la plupart des gens aux quatre coins du monde.

Samedi 15 avril 2006

 

 

Je reviens sur ma récente visite chez Robert Canut à Tulette. En fait de photos, je présente toutes mes excuses, mais je n'en ai fait que deux, à peu près les mêmes. Pour deux raisons. D'abord la pellicule de mon appareil photo (je suis encore à l'ère argentique, mais plus pour longtemps) arrivait au bout de son rouleau, ensuite je n'avais guère fait l'effort de m'en procurer une toute neuve malgré mes déclarations répétées à mes amis.

Ca peut paraître bizarre, mais voilà, quand je vais chez un santonnier, surtout chez Robert Canut, je n'y vais pas en touriste, appareil photo en bandouillère. Je n'aime pas ouer au touriste. Quand je visite des monuments, une ville, un pays, j'ai toujours un peu la honte de venir déranger les gens chez eux. La veille, justement, un car de touristes japonais, envoyé par je ne sais quelle organisation de margoulins, avait fait halte chez lui et avait bombardé à coups de clics de photos tout ce qui pouvait l'être. R. Canut, c'est normal, ça lui a fait plaisir de savoir que des japonais s'intéressent à ses santons. Mais en même temps, j'en suis pas si sûr que ça, je me demande même si ça le gêne pas en quelque part de se voir ainsi réduit à un simple objet de curiosité. Son travail mérite bien une autre forme de reconnaissance, comme en témoigne par ailleurs son titre de meilleur ouvrier de France.

Le long et patient travail accompli depuis des années pour produire tous ces chefs d'oeuvre d'argile peinte, ne peut pas être transmis, compris lors d'une rapide visite coincée dans un programme surchargé de choses d'ici à voir et à découvrir. La photo n'est souvent qu'un simple cliché, un souvenir de vacances pour touristes pressés qui n'ont pas le temps de voir comme il faudrait pour se fabriquer de vrais souvenirs. Ceux-là, les vrais souvenirs, ils n'ont pas besoin de photos, ils nous habitent, on les garde en nous et leur force est celle du temps qu'il a fallu pour qu'on se les fabrique à coups de rencontres, de hasards, d'émotions partagées sur ce qui tisse peu à peu l'essentiel d'une vie.

Alors, pourquoi publier sa photo ici? Parce que, sans prétendre y arriver, j'essaie, à ma façon, avec mes recettes,  mes souvenirs, de proposer une approche du monde de la crèche et des santons qui soit la plus authentique et le plus vraie possible. Cela fait longtemps que je tourne autour du monde des santonniers. Et en publiant cette photo, c'est un hommage sincère que je veux rendre à tous ces génies, travailleurs infatigables de l'argile, de la terre. La terre, c'est vrai, y a pas photo comme on dit, ça colle aux semelles, ça ne ment pas.

Calendrier

Avril 2006
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
             
<< < > >>

crédit photos

Reproduction et publication des photos interdites sans autorisation.

Photos :
Daniel, Yves

Newsletter

Inscription à la newsletter

Visiteurs

Selon les statistiques d'O.B. : 

Depuis le 20 janvier 2006 

77 087 visiteurs uniques ont navigué sur mon blog

Merci à tous et à toutes pour votre visite et vos commentaires.

 

Rechercher

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0
Blog : Enfants sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus