lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Journée de la femme ? Allons bon, qu'à cela ne tienne! Il ne manque pas de santons pour célébrer dignement l'événement! J'ai choisi de faire un gros plan sur cette femme portant avec élégance le costume d'arlésienne. Souriante, elle porte une cruche d'eau ou une sorte de gourde avec un goulot au centre pour boire au jet. D'où cette expression de chez nous, boire à la gourdelette. Etant enfants, nous avions transformé cela en boire à la gourgoulette ou à la gargalette.
Voilà une image très traditionnelle de la femme accomplissant la corvée domestique de l'eau. Les féministes n'apprécieront pas. J'avoue enfin que j'aurai du mal à trouver un santon de femme présentant une forme de féminitude répondant aux exigences de notre temps.
Le monde des santons qui est celui de la vie rurale de jadis n'a pas grand chose à voir avec le nôtre aujourd'hui, même si de nos jpurs c'est encore parfois ou souvent la femme qui cuisine pendant que le mari regarde la télé. Et la parité en politique comme dans les entreprises a du mal à s'imposer. A travail égal c'est encore trop souvent salaire inégal pour les femmes. Une personalité politique très en vue dans l'actualité qui s'est faite remarquer pour son invention d'un mot en "ude" a remis hier dans un discours le mot féminitude à la mode. C'est oublier que c'est Simone de Beauvoir qui la première a utilisé le terme de féminitude par analogie avec celui de négritude, pour désigner la difficulté à faire valoir la spécificité féminine dans un univers de pouvoir masculin. Simone de Beauvoir qui a formulé cette phrase toujours d'actualité: "on ne naît pas femme, on le devient". Une oeuvre de Roger Jouve (18 cm) santonnier à Luynes. 
Yves et Frédérique habitent dans notre village. Ils sont eux aussi très attachés aux traditions. Ils possèdent une belle collection de santons. Yves réalise maisons et villages en s'inspirant des lieux de sa Provence natale. Il a modelé cette année des moutons, qu'il a mis dans sa crèche sans les cuire ni les peindre, ce qui leur confère cun accent de vérité encore plus fort. Comme si cela les rendait encore plus réels comme vous pouvez le voir sur la photo juste en-dessous.
Yves est aussi un excellent photographe. Je l'ai déjà dit. Il met volontiers ses photos à ma disposition. Grâce à lui j'ai pu dès le départ alimenter le blog quand je ne disposais pas d'appareil numérique.
Voici avec pas mal de retard la crèche d'Yves et de Frédérique. Ceci étant, maintenant que Noël est loin derrière nous avec son atmosphère mercantile à la limite du supportable, nous pouvons finalement regarder la crèche et les santons d'un autre oeil. Nous voilà plus disponibles et donc plus attentifs. Ce qui permet d'accéder directement à une forme plus naturelle de leur beauté, en toute simplicité, sans aucun tralala, dans le calme des jours ordinaires.
P.S. Pas le temps aujourd'hui, mais je mettrai d'autres photos ici. Je ne sais plus de qui est la scène d ela nativité. A gauche bien sûr, la Renaude de Paul Fouque, version féminine du coup de mistral.
J'aime beaucoup cette scène des santons musiciens. Je ne sais plus de qui ils sont. Ils me rappellent les ceux de Patrick Volpès. Voir ici.
Aristote pensait que les étoiles étaient éternelles. L'astronomie nous enseigne désormais le contraire : les étoiles ont une vie, elles naissent, vivent et puis meurent, comme nous.
"En observant la Voie lactée, on voit des nébuleuses, grands nuages de gaz qui s’effondrent sous leur propre poids et font naître les étoiles. Tout au long de sa vie, l’étoile transforme des éléments légers (hydrogène) en éléments plus lourds (hélium) et procède à des changements. En vieillissant, elle change de couleur et devient tellement chaude qu’elle s’effondre sur elle-même, explose et dégage dans l’espace les atomes qu’elle a formés tout au long de sa vie. Les atomes retournent ainsi au milieu interstellaire et c’est pour cela que nous avons sur terre des atomes de carbone et hydrogène, ce qui fait dire à Hubert Reeves que nous sommes des poussières d’étoiles."(voir ici)
Poussières d'étoiles... Voilà une expression bien plus poétique que celle de simple poussière représentée par les cendres le lendemain de Mardi gras. Poussières d'étoiles nous renvoie à notre filiation originelle, tout au moins à celle que la science nous permet de penser, donc d'imaginer un peu. Nous avons quelque part l'âge du big-bang, puisque c'est là que l'aventure de la matière a commencé. L'homme avec son esprit n'est arrivé que bien plus tard certes, mais là est notre origine connue, celle qu'enseigne la science. Personne ne nous empêche de penser au de-là des limites de la science, d'imaginer la totalité des choses, des univers possibles, penser le Tout, la Nature infinie, les espaces infinis peut-être en expansion constante comme notre univers.
Pascal revient alors à nos mémoires avec ses Pensées :
"Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraye."
Voir ici un très beau poème de Gabriel Marc sur Pascal.
Et voici l'étoile de Bethléem qui brille sur la crèche et que les rois Mages, ces savants des temps anciens, ont vu naître en observant le ciel. Une belle histoire qui situe la naissance de Jésus au coeur de la grande nature, dans la grande histoire de tous les temps, sous les cieux connus ou inconnus.





