lou santonejaire
Lou santonejaire, (prononcez "santonédjaïré") c'est en languedocien celui qui santonèje. Santonéjer c'est se prendre un peu pour un santon, faire le
santon. Vous l'avez compris, tout petit, si je ne suis pas né dans une crèche, j'ai du y tomber dedans.
Mon blog
raconte: des histoires de
santons, de crèches, de traditions, de taureaux, la vie du village, et autres radotages sur le passé et la vie
d'aujourd'hui. Et merci ami(e)s si vous voulez bien ajouter un commentaire ici ou là
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Voilà, Noël est loin. Passés les voeux, passés les rois, les lumières des rues et des maisons s'éteignent un peu plus chaque jour. Derniers jours pour visiter encore les crèches d'église qui normalement restent en place jusqu'au 2 février. Mais c'est vrai que fin janvier on ne regarde plus la crèche de la même façon. C'est comme une belle histoire qui s'achève pour faire place à autre chose de plus actuel. Même si l'hiver est cette année doux et peut-être décalé à février (on annonce l'arrivée du froid), les jours allongent, la lumière se fait plus vive et cela met dans nos têtes pour bientôt des idées de beaux jours revenus et de printemps pas loin. La lumière de la crèche qui éclaire le monde en lui réchauffant le coeur cède la place à celle du soleil qui fait briller les choses en surface, au dehors mais pas forcément au dedans, en nous. Mais curieusement c'est un regard plus libre que l'on porte maintenant sur les crèches. Un regard débarassé des surcharges tant festives que commerciales. Un autre regard, plus durable, moins limité dans le temps qui donne à la crèche et à ses personnages un air d'éternité. Les santons et la crèche se donnent à voir dans leur intimité la plus simple, la plus vraie, sans protocole. Ils prennent un air paisible d'éternité rassurante. Chaque santon est figé dans son plus beau rôle, dans cette attitude, ce geste où il offre le meilleur de lui-même. Comme le Ravi. C'est peut-être en contemplant la crèche quand Noël s'en va que l'on peut se faire une idée concrète de ce à quoi peut ressembler l'éternité.
Enfant-Jésus dans un globe de verre,
exposé à la chapelle Ste Thècle à Séguret lors du dernier salon:
Il y a bien sûr Robert Canut. Séguret n'est pas loin de Tulette. Mais à tout seigneur tout honneur, il faut citer d'abord le santonnier installé à Séguret, Philippe Fournier. Ses personnages ont la particularité de représenter des habitants de Séguret, ce qui leur donne une valeur toute particulière. Voici sa crèche faite comme toutes les autres en éléments naturels, rochers, souches, terre, mousse provenant des environs du village.



C'est toujours un grand moment d'émotion quand je revois les santons de Marius Chave si bien présentés à Séguret. Cette année ils sont dans un meuble qui leur sert d'écrin. J'aime ces santons que je trouve vrais car ils sont faits avec beaucoup de naturel sans excès ni surcharge. Pas de recherche esthétisante, pas d'idéalisation saint-sulpicienne, parfois même une certaine maladresse dans le geste, les bras du ravi par exemple, mais qui sonne vrai comme la vie de ces gens simples qu'ils nous racontent. Son ravi, c'est le premier ravi que j'avais acheté à la foire de Marseille pour ma crèche qui n'en avait pas. C'est un des tous premiers santons que j'ai achetés pour compléter la sainte famille et les bergers, des sujets en platre d'inspiration biblique provenant certainement de la fameuse fabrique de Nantes. Ce ravi reste exposé à l'année dans une vitrine. Avec ses bras bien en l'air il n'arrête pas de s'émerveiller certes mais aussi de donner une sorte de bénédiction. Ce santon porte bien son nom, c'est vraiment un petit saint. On le voit de dos sur la deuxième photo.











